dimanche 23 mai 2010

Cours : Les vingt versets sur le Mahayana

Les vingt versets sur le grand véhicule (PDF bilingue) (Mahāyāna-vimśika) est un petit oeuvre attribué à Nāgārjuna. Il existe une version en sanscrite éditée par G. Tucci, une version chinoise et deux versions en tibétain. Christian Lindtner a cependant des doutes sur son authenticité[1]. Malgré le titre il y a des différences dans le nombre de versets de chaque version. La version tibétaine utilisée ici a 23 versets si on inclue les vers d'hommage, la version chinoise (toh : 3833 ; 4551) de Shih hu (Danapala, qui avait aussi traduit l'Hymne au Dharmadhātu en chinois) compte 24 versets et il existe une version en sanscrite qui compte même 28 versets[2]. L'ordre des versets aussi peut varier.

Il y a donc deux versions tibétaines. Une traduction (DGTG section mdo volume tsa, n° 3833, PKTG n° 5233) en 23 versets faite par par le pandit cachemirien Candrakumāra et le traducteur tibétain shākya 'od (S. Śākyaprabha) (version 1). Et une autre traduction (DGTG n° 4551 et PKTG n° 5465) en 20 versets traduits par le pandit cachemirien Ananda et le traducteur tibétain Grags 'byor shes rab, qui selon R.C. Jamieson (p. 71) est plus proche du sanscrite (version 2). Pendant le cours nous avons étudié la version 1, mais une traduction française de la version 2 est également disponible en ligne. Une traduction anglaise de la version 2 a été mise en ligne par Keith Dowman qui présente ce texte comme la "vision de la mahamudra de Nagarjuna". Il existe aussi une traduction anglaise publiée par R.C. Jamieson (version 2).

Certaines affirmations dans ces versets vont dans le sens d'une interprétation plus positive que celle du Nāgārjuna des Versets du Milieu. Par exemple : "18. [Les dharmā) ne sont que la conscience (S. cittamātra)" qui fait penser au dogme caractéristique des Cittamatrin. Les derniers versets (n° 22) rappellent le début de l'Hymne au Dharmadhātu. Ils semblent suggérer que l'ignorance métaphysique (S. avidyā) et le tout-connaissant (S. sarva-jñāta) partagent un fondement unique. Ces deux éléments manquent dans la version 2.

Advayavajra a composé un petit texte portant exactement le même titre que le notre (DGTG n° 2252, PKTG n° 3097). C'est la conception d'Advayavajra du chemin du Mahāyāna, réduite à l'essentiel. Il est clairement en dialogue avec celle de Nāgārjuna.

***
DGTG : Traduction des traités indiens (bstan 'gyur) de Dege (sde dge)
PKTG : Traduction des traités indiens (bstan 'gyur) de Pékin
toh : Catalogue des canons tibétains de l'université de Tohoku au Japon.

[1] The Encyclopedia of Indian Philosophies: Buddhist philosophy from 100 to 350 par Karl H. Potter p. 180. Ce texte est attribué à Nāgārjuna dans le Caryamelayana-pradipa, le Tattvasarasamgraha et le Bodhimargadipapanjika d'Atiśa.
[2] Nagarjuna's Verses on the Great Vehicle and the Heart of Dependent Origination IDE581 by R.C. Jamieson Hardcover (Edition: 2001)

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