mercredi 20 juin 2012

Le feu est immergé dans les choses



177. Et la terre est par rapport au feu ce que le monde est par rapport à Dieu. Par rapport à la terre, en effet, le feu présente beaucoup de similitudes avec Dieu : sa puissance n'a pas de limite, il opère, il pénètre, il éclaire, il distingue et forme toutes choses sur terre par le moyen de l'air et de l'eau, de sorte que de tout ce qui est produit sur terre il n'y a rien qui ne soit, sous une forme ou sous une autre, l'œuvre du feu et que les diverses formes des choses reproduisent l'éclat multiforme du feu. Mais le feu est immergé dans les choses, sans lesquelles ni lui ni les choses de la terre ne sont. Dieu, en revanche, est absolu. Il est donc comme un « feu dévorant[1] » absolu et une clarté absolue. Les Anciens l'appelaient : « lumière en laquelle il n'y a pas de ténèbres[2]. » Toutes les choses qui sont s'efforcent de participer, autant qu'elles peuvent, de ce feu et de sa splendeur, comme nous le voyons dans tous les astres, où se trouve matériellement contractée une telle clarté. En vérité, cette clarté qui distingue et pénètre est contractée immatériellement, pour ainsi dire, chez les vivants qui ont une vie intellectuelle.
Nicolas de Cues, La Docte Ignorance, Hervé Pasqua, Rivages Poche p. 217


[1] DT, 4, 24.
[2] 1 Io, 1, 5.

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