lundi 28 octobre 2013

L'Un ou le Mystère selon Diel


L’expression « unique » possède deux significations.
L’une : le « Un » dont émane toute multiplicité apparente; l’autre : le « Un » qui dépasse toute comparaison réelle avec l’apparition et sa multiplicité : l’incomparable, l’innommable, l’indéfinissable, dont on ne peut parler que par comparaison symbolique.

Ainsi compris, « unique » est une expression symbolique pour parler de l’essence mystérieuse, du mystère de la vie. Toutefois, l’expression « Mystère » est de beaucoup la plus précise. Le « Un » en tant qu’opposé au multiple semble contenir un début de définition, ce qui est précisément à éviter. C’est cette apparence vague d’une définition possible du mystère absolu, qui a incité la philosophie à vouloir obtenir une définition toujours plus claire, ce qui l’a entraînée à soulever des questions superflues et insensées aboutissant aux spéculations métaphysiques. On ne peut s’expliquer et l’on voudrait pourtant comprendre comment cet « Un » sans borne et sans distinction peut contenir la multiplicité distincte qu’est l’apparition et comment cette multiplicité a pu sortir, émaner de cet « Un », etc. Le mystère perd son évidence claire et devient l’objet de discussions pseudo-profondes, signe du déclin de la foi vivante. L’image « Dieu unique » ainsi mécomprise n’est plus une conception mythique et symbolique : elle est dégradée en concept théorique de la philosophie théologique.

Extrait de La divinité, Payot, p.166

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