lundi 31 mars 2014

Madame Tussaud au Tibet


Yangsi Dilgo Khyentsé R. II et son prédécesseur en cire

C'est une nouvelle tendance. Des poupées de cire de maîtres tibétains décédés, plus vraies que nature. Il y a celle de Dilgo Khyentsé Rinpoché ci-dessus à Shéchen (Kathmandou). Il y a celle de Tenga Rinpoché de Bhenchen (Kathmandou), ci-dessous.

Feu Tenga Rinpoché à Benchen

 Et une du 16ème Karmapa à Bodhgaya.


Le bouddhisme en a fait du chemin. Cela avait commencé par des propos du Bouddha du type "Celui qui me voit, voit le dhamma ; celui qui voit le dhamma me voit." et "Le Tathāgata ne peut être vu par son corps formel (sct. rūpakāya)", des représentations aniconiques du Bouddha, puis la représentation iconique et emblématique du Bouddha. Comme le Bouddha historique, le Guide, est mort il y a 2500 ans, c'est le maître (gourou) comme un Bouddha vivant, qui prenait la place centrale dans certaines écoles bouddhistes. Un Bouddha vivant symbolique, capable de nous montrer le véritable Bouddha vivant en chacun de nous. C'est sa seule fonction. Un petit tour et puis s'en va.
"576. Le disciple a écouté en silence les suprêmes instructions de son guru et, mû par un sentiment de vénération, Il se prosterne à Ses pieds ; puis, avec sa permission, il poursuit sa route, émancipé de toute sujétion.
577. Et le guru dont le mental a plongé dans l'océan de l'existence et de la Félicité absolues, part, Lui aussi, à l'aventure, en une direction opposée. Il va par le monde comme une torche purificatrice, car toute notion de différence est bannie de Son cœur."[1]
[Le plus beau fleuron de la discrimination (Viveka-cūḍā-maṇi) de Śaṅkara]
Pour certains, cela serait faire trop peu de cas. Ils aiment garder le gourou symbolique près d'eux, même après sa mort. Comme s'ils voulaient maintenir un monde figé. C'est bien beau un Bouddha vivant intérieur, mais si on ne le voit pas ! Un autre gourou, celui du transhumanisme, Ray Kurzweil qui a rejoint Google, pourrait aider les disciples désemparés à garder leur maître aimé près d'eux. C'est un siddha des temps modernes qui cherche à augmenter les capacités (siddhi) physiques, psychiques et, qui sait, spirituels, afin de faire de tout un chacun un vidyadhara immortel.  Le rêve d'Oḍḍiyāna enfin réalisé !

"The Heavenly Creature" dans "Doomsday Book" de Kim Jee-woon and Yim Pil-sung.

MàJ 30042014 Un nouveau recru : Droukchen Rinpoché



La statue de cire du Karmapa XVIème en 2016







MàJ 27/01/2017 Il n'y a que dans la bouddhisme tibétain où l'on peut poser avec sa statue de cire d'une autre vie...

Mahakala Puja 2017

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...