samedi 16 juillet 2011

Le Dalai-Lama à Washington



Le 9 juillet 2011, dans le Verizon Center, à Washington, et dans le cadre de l’initiation de Kalacakra, le Dalai-Lama avait donné un enseignement sur la deuxième section des Etapes de la méditation (S. Bhāvanākrama T. bsgom pa'i rim pa) de Kamalaśīla.

Le bouddhisme part de la réalité. La donne de celle-ci est que tout est en changement perpétuel et que par conséquent que tout est impermanent. Le changement perpétuel est dû au fait que rien n’existe de façon indépendante, tout se produit à partir de causes et de conditions. Ces deux idées, l’impermanence et la production conditionnée sont à la base du concept bouddhiste de vacuité, qui est la réalité à partir de laquelle le bouddhisme s’est construit.

De manière générale, les êtres éprouvent des plaisirs et des peines, bonheur et souffrance, et poursuivent le bonheur en essayant d’éviter la souffrance. Comme toute autre chose, le bonheur et la souffrance sont en perpétuel changement et dépendent de causes et de conditions. L’objectif du bouddhisme et de mettre fin à la souffrance. Afin d’éviter la souffrance, il faudra connaître sa cause et agir en amont. La cause de la souffrance est la non-connaissance de la réalité (impermanence et production conditionnée). Par conséquent, pour faire cesser la souffrance, il faut s’abstenir de ce qui résultera en souffrance et cultiver les antidotes qui conduiront au bonheur.

Le bouddhisme constate que les contraires ne peuvent pas coexister au même instant. La haine ne peut pas être présente en même temps que l’amour. Quand il y amour, il n’y a pas de haine, et quand il y a la haine il n’y a pas d’amour. Le même raisonnement est suivi pour la non-connaissance (avidyā) et la connaissance (prajña). Là où il y a connaissance, il n’y a pas de place pour la non-connaissance. La non-connaissance se chasse par la connaissance, comme l’obscurité se dissipe par la lumière.

Le dernier élément est la pureté naturelle de l’esprit. L’esprit est pur dans le sens que sa nature est libre de tous les contraires, de toutes les forces opposées. Cette nature n’est évidemment pas différente de la réalité du changement perpétuel et de la production conditionnée. Mais elle est toujours accessible, comme le ciel bleu derrière les nuages. La rejoindre de façon définitive est appelé « libération » (mokṣa). Elle est rejointe en éliminant systématiquement et graduellement la non-connaissance et les affects (kleśa). L'approche est double : remplacer la non-connaissance par la connaissance et les affects par des vertus spirituelles comme les quatre demeures sublimes (brahmavihāra) ou états mentaux sublimes sans limites (S. aparimāṇa T. tshad med bzhi) : la bienveillance et l'amitié (maitrī) à l'égard de tous les êtres, la compassion (karuṇā) à l'égard des personnes en difficulté, la joie sympathique (muditā) pour le succès des autres et l'équanimité (upekṣā) vis-àvis de ses propres expériences, agréables ou désagréables.[1]

Voici un lien pour voir l'enseignement complet du Dalai-Lama (en anglais), dont ce qui précède n’est que le résumé de la première partie.

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[1] Môhan Wijayaratna, Les entretiens du Bouddha, p. 250

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