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| Enseignant du chemin graduel, détail (HA15683) |
Le grand maître Kadampa Dgon pa ba (1016-1082) aurait a eu le rare privilège de recevoir les instructions directement du maître indien Atiśa (982–1054), sans passer par l'intermédiation de son principal disciple et traducteur 'Brom ston pa (1004/5-1064)[1]. Atiśa lui aurait notamment transmis des instructions sur le Mahāmudrā (dont la terminologie se retrouvera plus tard dans les quatre yogas de la tradition Kagyüpa), ainsi que la Vue de la Voie médiane conséquentialiste (Prāsaṅgika Madhyamaka)[2].
Bien que la tradition Kadampa soit souvent associée à une stricte discipline monastique, les sources révèlent que Dgon pa ba était un redoutable expert des pratiques tantriques. Il avait reçu d'Atiśa les instructions secrètes sur la divinité Acala (t. Mi skyod pa) et maîtrisait parfaitement les phases de génération et d'achèvement, ainsi que les yogas physiologiques complexes liés aux canaux et aux énergies vitales (Trungram, 2004)
Dgon pa ba fut le maître de Géshé Gya Yöndak (ainsi que d'autres maîtres comme Lcags ri ba et Glang ri thang pa) (Trungram, 2004). C'est en étudiant intensivement pendant trois ans auprès de Gya Yöndak que Gampopa a pu recueillir l'intégralité de la sagesse, des méthodes et du pragmatisme de Dgon pa ba, dont Gampopa citera plus tard les paroles tranchantes, comme la fameuse métaphore du pratiquant superficiel comparé à un hibou, pour illustrer la futilité de ceux qui s'engagent dans le Dharma de manière tiède ou purement verbale.
"Chantonner entre ses dents, quelle part le hibou a-t-il [là-dedans] ?" (Tibétain : glu chung so yi bar nas len / kha 'ug po la ci cha yod /)[3]Gampopa, à l'âge de 28 ans (vers 1106), s'est rendu dans le nord de la région du Ü (dbu ru byang phyogs). C'est là qu'il a étudié auprès de plusieurs maîtres Kadampas illustres : Bya yul ba, Snyug rum pa[4], Lcags ri gong kha ba, et Rgya yon bdag. C'est de ces maîtres (dont Gya Yöndak) que Gampopa a reçu les profonds enseignements de la tradition Kadampa, y compris les sūtras, les tantras et les instructions orales (t. man ngag). Cette éducation rigoureuse a permis à Gampopa de “trancher ses doutes par l'écoute et la réflexion” (t. thos bsam gyi sgro 'dogs bcad) avant même de rencontrer Milarepa[5].
Contrairement à d'autres enseignants, Gya Yöndak vivait dans un endroit reculé et ne s'entourait pas d'une cour nombreuse de disciples. Parmi tous les maîtres Kadampa qu'il a côtoyés durant ses études avancées, Gampopa est celui avec lequel il est resté le plus longtemps, étudiant et pratiquant intensément à ses côtés pendant trois ans. Gya Yöndak lui a transmis les instructions orales d'Atiśa d'une manière si directe et ininterrompue que c'était “comme si elles lui étaient données directement par le Bouddha” (Karmapa XVII, 2024).
Selon Drikung Kyoppa Jikten Sumgön (1143–1217), la tradition Dakpo Kagyü distingue la transmission de la conduite (héritée de Geshe Nyukrumpa) et la transmission de la vue, qui a été donnée à Gampopa par Geshe Gya Yöndak, telle qu'elle remontait à Atiśa. Gya Yöndak lui a spécifiquement enseigné les étapes de la voie (Lam Rim ou Mārgakrama) (Trungram, 2004).
L'environnement isolé du maître a permis à Gampopa d'améliorer considérablement son repos mental (śamatha). Grâce aux instructions de Gya Yöndak, il a pu développer la vision pénétrante (vipaśyanā) et une réalisation authentique de l'impermanence, atteignant un niveau d'accomplissement considéré comme égal ou similaire à celui de son maître. Après avoir reçu des instructions de méditation, il a pu demeurer dans un profond samādhi caractérisé par des "expériences de félicité, de clarté et de non-conceptualité" (t. bde gsal mi rtog pa'i nyams) pendant treize jours et treize nuits sans interruption[6].
En pratiquant les contemplations du Lam Rim sous la direction de Gya Yöndak, les expériences méditatives antérieures de félicité et de clarté que Gampopa avait acquises se mirent à diminuer. À la place, elles furent remplacées par un puissant sentiment de lassitude face au saṃsāra et par un profond désir de renoncement.[7]
[Gya Yöndak] dit, “J’ai les instructions d’Atiśa pour apaiser l'abattement, qui ont aussi été données à Geshe ['Brom] ston-pa. Elles sont comme une vénération de la main du Bouddha[8], je te les enseignerai.” Et il lui donna toutes les instructions. [Gya Yöndak] dit qu'il n'y a rien de bon dans les allers-retours (t. 'gro ldog) des visualisations. Il instruisait [Gampopa] pendant trois ans. Considérant que parmi toutes les instructions, la mise en pratique personnelle seule prévalait, [Gampopa] pensa : "Je dois faire une retraite (s. sgrub pa)." Il fit construire une petite cellule (t. brang khang) adossée au mur du temple appelé Ser kha, bâti par ses ancêtres paternels, et s’étant lui-même chargé du patronage (t. yon bdag), il médita et retrouva l’état de méditation d'auparavant.”Gampopa se mit en retraite solitaire et obtint les expériences, rêves et signes conformément aux étapes du Suvarṇaprabhāsottamasūtra et du Daśabhūmikasūtra[9].
Le passage suivant se trouve dans les Entretiens de Dusum Khyenpa (t. Dus gsum mkhyen pa'i zhus lan), où Gampopa rapporte directement à son disciple (le 1er Karmapa) les paroles qu'il avait lui-même reçues de son maître Géshé Gya Yöndak.
“Géshé Gya Yöndak m’a dit :La formule emblématique Bouddha le matin, Bouddha le soir de la tradition de la Grande Perfection est devenue un classique chez les Kagyupa. Tsangnyön Heruka la réutilise dans la rencontre de Milarépa[12] avec son maître Dzogchen :
Au Tibet, il y a beaucoup de pratiquants de traditions aux noms très prometteurs (t. bu kha na mngar ba'i chos pa).
Ainsi, il y a un groupe qui parle de la “Grande Perfection” (Dzogchen). Ils disent : "Si l'on la réalise le matin, on est bouddha le matin ; si l'on la réalise le soir, on est bouddha le soir[10]."
Il y a un groupe qu'on appelle les Dialecticiens (t. mtshan nyid pa). En détruisant [les phénomènes] par l'absence de l'un et du multiple, ils disent : "C'est ainsi que l'on atteint l'éveil."
Il y a un groupe qui parle de la Voie des Perfections (s. Pāramitā). En s'appuyant sur les perfections des (5) vertus et de la lucidité, ils disent : "C'est ainsi que l'on atteint l'éveil."
Il y a un groupe qu'on appelle les Mantrikas (t. sngags pa). En s'appuyant sur les canaux, les énergies et les gouttes (bindu), ainsi que sur les phases de génération et de complétion, ils disent : "C'est ainsi que l'on atteint l'éveil."
Il y a un groupe qu'on appelle les Kadampas. En s'appuyant sur les instructions destinées aux trois types d'individus [inférieur, moyen et supérieur], ils disent : "C'est ainsi que l'on atteint l'éveil."
Mais, dis-moi, s'ils se trompaient tous, que feraient-ils ?
S’ils se trompent, il ne leur reste plus qu’à passer des dix actes non-vertueux aux dix actes vertueux !” répondit-il lui-même.[11]”
“Le lama répondit : "Cet authentique Dharma qui est le mien, la Grande Perfection, est victorieux dans le déploiement de ses racines, victorieux dans l'accomplissement de son feuillage, et victorieux dans le fruit qu'il porte. Méditez le jour et devenez bouddha le jour. Méditez la nuit et devenez bouddha la nuit. Les êtres fortunés dont les actions passées ont créé des circonstances favorables n'ont même pas besoin de méditer, ils sont libérés par la simple audition. Puisque c'est un enseignement de Dharma pour ceux qui ont des facultés supérieures, je vais te le conférer.[13]"Gya Yöndak l'utilise pour souligner le risque de cette promesse fulgurante. Si ces pratiquants se trompent dans leur réalisation instantanée, ils n'ont d'autre choix que de retomber sur l'éthique basique des “dix actes vertueux”, ou la pratique de l’éternel néophyte.
Dans les traditions originelles du Dzogchen (qu'elles soient Nyingma ou Bönpo), et particulièrement dans la compilation des Quatre Essences du cœur (t. Snying thig ya bzhi) par Longchenpa, cette phrase n'est ni un jeu de mots, ni une caricature. Elle relève cependant d’une différence cruciale entre l’approche naturaliste de la Voie médiane et l’approche surnaturaliste des traditions que j’appelle noétique. Supranaturel au sens strict. Non pas surnaturel comme miraculeux, mais au-dessus de la nature, sortant de l'ordre phénoménal sans s'y opposer.
La réalisation de la vacuité reste dans l'ordre de la connaissance de quelque chose, même si cet objet est la nature des phénomènes. Elle opère dans la structure sujet-objet, même subtilement. Elle connaît la vérité conventionnelle comme vérité ultime, et les deux vérités dans leur coalescence, mais encore dans un rapport cognitif. C'est le registre de Madhyamaka, prajñā, discrimination, analyse. Naturel au sens où il reste dans l'ordre du monde, même s'il en voit la nature.
Rig pa sort de cette structure. Ce n'est plus une connaissance de… , c'est une lucidité qui ne se rapporte à aucun objet, pas même à la vacuité. Elle ne “connaît” pas le Noûs (la Luminosité fondamentale), elle est le Noûs. Dans les termes de Plotin, ce serait l'Intellect qui s'intellige lui-même sans distance, immédiatement. Rang rig exprime cette auto-lucidité, ce n’est pas un sujet séparé se retournant sur lui-même, mais la lucidité comme acte pur, sans référent. Et qui n’est pas de l’ordre naturel, de l’ordre de la coproduction conditionnée, et donc pas non plus de l’ordre de la vacuité. Elle se pose comme le plus haut des véhicules, parce qu’elle se tient au-dessus des véhicules. Au fond, elle n’est pas un véhicule. Si la Luminosité fondamentale se contemple elle-même sans distance, c’est la Luminosité fondamentale, la cime avec toute son étendue (t. klong). Même si elle ne se reconnaît pas, c’est encore Elle… Elle est Elle-même, le jour et la nuit, dans le saṃsāra comme dans le nirvāṇa.
C'est la structure de toute affirmation noétique forte, en Orient comme en Occident. Si on y croit c'est cela, si on n'y croit pas, on n'est pas encore prêt...
Gya Yöndak n’y croyait pas. Mieux vaut rester vertueux dans sa souveraine liberté selon lui.
Chez Longchenpa, la citation Bouddha le matin, Bouddha le soir figure dans son Commentaire sur les Six talismans (t. btags grol phran drug gi ti ka). Talismans à fixer au même du corps d’un défunt[14]. Ce commentaire est en deux parties et commence avec un Disclaimer.
“Si l’on n’a pas obtenu l’initiation à l'Énergie créatrice de la Conscience primordiale, alors même si l’on montre à quelqu’un de nombreux mandalas faits de poudres des cinq sortes de pierres précieuses, même si l’on applique l’ablution par le vase sur son corps, même si on le coiffe de la couronne, même si on le plonge dans le marais des banquets yoguiques (gaṇacakra)… tant qu’on n’a pas obtenu l’initiation à l'Énergie créatrice de la Conscience primordiale, on n’est pas plus proche de l’état de Bouddha que si l’on avait mêlé des cendres à de la nourriture pour cheval.”[15]Ensuite Longchenpa rappelle en quoi consiste au fond l’initiation à l'Énergie créatrice de la Conscience primordiale (t. rig pa’i rtsal dbang).
“Hommage à la divinité qu'est la Conscience primordiale qui s’intellige Elle-même (t. rang rig) !Si vous n’avez pas reçu l’initiation ou ne pas reconnu la Conscience primordiale qui s’intellige Elle-même, ne désespérez pas. Le reste du texte explique en détail la confection d’un talisman à poser à même du corps du défunt. Comment écrire les textes sacrés (six tantras)[17] sur des feuillets, comment les colorer avec des substances précieuses (or, etc.), comment les consacrer et envelopper dans des soieries fines (t. dar zab), et comment les fixer (t. bcangs) au corps du défunt (sommet de la tête, poitrine, ou aisselle).
Ensuite, du moment où l’auto-lucidité (t. rang rig), auto-manifestée (t. rang shar) et auto-libérée (t. rang grol), émerge
On n'a aucun espoir tourné vers un Bouddha, car Elle est auto-éveillée (t. rang sangs rgyas).
On reconnait (t. ngo shes) et détermine (t. thag chod) directement la Réalité de ce qui est présent depuis l'origine (t. ye nas gnas pa'i don).
Il n'y a rien qui ne soit pas pénétrée (t. ma khyab pa med) par Elle, car son Étendue (t. mtha' rgyas) est sans limite.
On n'a plus aucune crainte du samsara, car Elle est naturellement pure (t. rang dag).
Samsara et nirvāṇa sont libérés dans l'Énergie créatrice de la Conscience primordiale (t. rig pa'i rtsal).”
“Tous les amas de pensées, bonnes ou mauvaises, étant purifiés et spontanément libérés dans l'Énergie créatrice de la Conscience primordiale, c'est précisément cela. Si on la réalise le matin, on est Bouddha le matin ; si on la réalise le soir, on est Bouddha le soir. Ainsi, tout ce qui surgit est auto-libéré (t. rang grol) dans l'Espace fondamental de la Conscience primordiale (t. rig pa'i klong) qui est la racine (de tout).[16]”
“Même sans comprendre la Réalité, le simple fait de confectionner/porter ce tantra, par cela, on devient supérieur aux bouddhas…[18]”
“Ceux qui ont commis les cinq actes sans intervalle (s. anantarya), par le contact avec ce tantra, ils seront libérés des mauvaises destinées[19].”
“Même un aveugle, sans méditation, sans moralité, par la simple fixation (t. bcangs pa tsam) du talisman, est libéré[20].”
Il n’y a que l'Énergie créatrice de la Conscience primordiale… Qu’on la reconnaisse ou pas. Peu importe d’ailleurs, car il n’y a que Elle. Les cinq sens du corps défunt continueront à interagir avec l'Énergie créatrice de la Conscience primordiale, y compris par le toucher du talisman.
[1] Gampopa, the Monk and the Yogi : His Life and Teachings, a thesis presented by Trungram Gyaltrul Rinpoche Sherpa, Harvard University, Cambridge, Massachusetts, September 2004
[2] Karmapa XVII, The Mar Ngok Summer Teachings 2024, A Few Words on the Vast Activities of Gampopa, Founder of the Dakpo Kagyu, on the Anniversary of his Parinirvana, 19 August 2024
[3] sGam po pa'i gdan rabs rim byon VOL 2, rJe dwags po lha rje'i gsung zhal gyi bdud rtsi thun mong ma yin pa bzhugs so, p. 225
La "petite chanson d'entre les dents" désigne une pratique superficielle, comme le fait de murmurer des textes, des prières ou de belles doctrines du bout des lèvres, sans que cela ne pénètre l'esprit. Le "hibou", oiseau nocturne souvent utilisé pour symboliser l'aveuglement à la lumière de la vérité. Il représente le pratiquant spirituellement aveugle. Même s'il répète les enseignements de manière superficielle, il ne prend aucune "part" à l'éveil authentique.
[4] “There he stayed with Dge bshes Snyug rum for seven months. At this time, he gave rise to the relative resolve for Awakening (bodhicitta) without ever losing it again.” (Kragh, 2015)
Tibetan Yoga and Mysticism: A Textual Study of the Yogas of Naropa and Mahamudra Meditation in the Medieval Tradition of Dags po,
[5] sGam po pa'i gdan rabs rim byon VOL 1, Dwags po lha rje bsod nams rin chen gyi rnam thar mdor bsdus, p. 21
[6] sGam po pa'i gdan rabs rim byon VOL 1, Dwags po lha rje bsod nams rin chen gyi rnam thar mdor bsdus, p. 21
[7] rJe sgam po pas mdzad pa'i tai lo nA ro'i rnam thar sogs chos tshan khag cig, Vol. 1, p. 88
(bdr:MW1KG4229)
[8] Le manuscrit n’est pas bien lisible.
Jo bo rje'i gdams ngag mtha' dag gsan / lam rim gtso byas bsgom pas / sngar gyi bde gsal de chud du song / skyo shas dang yid 'byung ba kho na shas cher byung / khong gi zhal nas ngal zhi ba kyi gdams ngag dge bshas ston pas khyang bar du mchod pa (ou mcho da pa) / sangs rgyas lag pa'i mchod pa 'dra ba yod pa (ou yong ba) khyod la bstan gyis gsungs nas / gdams ngag thams cad btabs / dmigs pa'i 'gro ldog bzang ba med gsungs / lo gsum bston no / der chos thams cad kyi nang nas nyams su len pa kho na gtso che bar 'dug bas / nga ni sgrub pa cig bya dgos snyam dgongs te / khong rang gis yab mes kyis brtsigs pa'i ser kha bya ba gtsug lag khang cig yod pa der brang khang cig khar rtsigs pa shing la yon bdag byas nas bsgom pas / sngar gyi ting nge 'dzin sor chud /
[9] rJe sgam po pas mdzad pa'i tai lo nA ro'i rnam thar sogs chos tshan khag cig, Vol. 1, p. 88
(bdr:MW1KG4229)
***
[1] Gampopa, the Monk and the Yogi : His Life and Teachings, a thesis presented by Trungram Gyaltrul Rinpoche Sherpa, Harvard University, Cambridge, Massachusetts, September 2004
[2] Karmapa XVII, The Mar Ngok Summer Teachings 2024, A Few Words on the Vast Activities of Gampopa, Founder of the Dakpo Kagyu, on the Anniversary of his Parinirvana, 19 August 2024
[3] sGam po pa'i gdan rabs rim byon VOL 2, rJe dwags po lha rje'i gsung zhal gyi bdud rtsi thun mong ma yin pa bzhugs so, p. 225
La "petite chanson d'entre les dents" désigne une pratique superficielle, comme le fait de murmurer des textes, des prières ou de belles doctrines du bout des lèvres, sans que cela ne pénètre l'esprit. Le "hibou", oiseau nocturne souvent utilisé pour symboliser l'aveuglement à la lumière de la vérité. Il représente le pratiquant spirituellement aveugle. Même s'il répète les enseignements de manière superficielle, il ne prend aucune "part" à l'éveil authentique.
[4] “There he stayed with Dge bshes Snyug rum for seven months. At this time, he gave rise to the relative resolve for Awakening (bodhicitta) without ever losing it again.” (Kragh, 2015)
Tibetan Yoga and Mysticism: A Textual Study of the Yogas of Naropa and Mahamudra Meditation in the Medieval Tradition of Dags po,
[5] sGam po pa'i gdan rabs rim byon VOL 1, Dwags po lha rje bsod nams rin chen gyi rnam thar mdor bsdus, p. 21
[6] sGam po pa'i gdan rabs rim byon VOL 1, Dwags po lha rje bsod nams rin chen gyi rnam thar mdor bsdus, p. 21
[7] rJe sgam po pas mdzad pa'i tai lo nA ro'i rnam thar sogs chos tshan khag cig, Vol. 1, p. 88
(bdr:MW1KG4229)
[8] Le manuscrit n’est pas bien lisible.
Jo bo rje'i gdams ngag mtha' dag gsan / lam rim gtso byas bsgom pas / sngar gyi bde gsal de chud du song / skyo shas dang yid 'byung ba kho na shas cher byung / khong gi zhal nas ngal zhi ba kyi gdams ngag dge bshas ston pas khyang bar du mchod pa (ou mcho da pa) / sangs rgyas lag pa'i mchod pa 'dra ba yod pa (ou yong ba) khyod la bstan gyis gsungs nas / gdams ngag thams cad btabs / dmigs pa'i 'gro ldog bzang ba med gsungs / lo gsum bston no / der chos thams cad kyi nang nas nyams su len pa kho na gtso che bar 'dug bas / nga ni sgrub pa cig bya dgos snyam dgongs te / khong rang gis yab mes kyis brtsigs pa'i ser kha bya ba gtsug lag khang cig yod pa der brang khang cig khar rtsigs pa shing la yon bdag byas nas bsgom pas / sngar gyi ting nge 'dzin sor chud /
[9] rJe sgam po pas mdzad pa'i tai lo nA ro'i rnam thar sogs chos tshan khag cig, Vol. 1, p. 88
(bdr:MW1KG4229)
Jo bo rje'i gdams ngag mtha' dag gsan / lam rim gtso byas 76 bsgom pas / sngar gyi bde gsal de chud du song / skyo shas dang yid 'byung ba kho na shas cher byung / khong gi zhal nas ngal zhib kyi gdams ngag geshe ston pas khyad bar du mtsho dang / sangs rgyas lag ba'i mchod pa 'dra ba yod pa khyod la bstan gyis gsungs nas / gdams ngag thams cad btabs / dmigs pa'i 'gro ba gzang ba med gsungs /
[10] Il existe plusieurs textes Dzogchenpa (Longchenpa, sNying thig ya bzhi) ou Bön, dans lesquels cette expression figure telle quelle. Notamment dans le Kangyur Bön, et l’Oeuvre complète de Tonpa Shenrab (t. gsung rab sgo mdzod rin po che'i glegs bam). Karmapa 3 l’utilise également dans son texte sur la Profonde réalité intérieure (t. Zab mo nang don).
[11] dGe bshes rgya yon bdag gi zhal nas/ bod na nom bu kha na mngar ba'i chos pa mang po cig yod de/ rdzogs pa chen po zer ba cig /nang rtogs na nang sangs rgya/ nub rtogs na nub sangs rgya zer ba tshan cig yod/ mtshan nyid pa zer ba cig/ gcig dang du bral gyis gzhigs nas nga'i 'dis sangs rgya zer ba tshan cig yod/ pha rol tu phyin pa zer ba thabs dang shes rab la brten nas nga'i 'dis sangs rgya zer ba tshan cig yod/ sngags pa zer ba'i rtsa rlung dang thig le dang*/ bskyed rdzogs la brten nas nga'i 'dis sangs rgya zer ba tshan cig yod/ bka' gdams pa zer ba'i skyes bu rab 'bring rnam pa gsum la brten pa'i gdams ngag nga'i 'dis sangs rgya zer ba tshan cig yod de/ de tsho yo log nas ci byed nga la bzlos dang gsung/ de tsho yo log nas mi dge ba bcu dge ba bcur bsgyur ba las gzhan med gsung*/
[12] Pour voir cette anecdote (selon Karmapa 3) et la formation de Milarépa antérieurement à son apprentissage auprès de Marpa, voir Dan Martin, The Early Education of Milarepa, The Journal of the Tibet Society, vol. 2 (1982), pp. 52-76.
[13] rNal 'byor gyi dbang phyug chen po mi la ras pa'i rnam mgur, Tsangnyon Heruka, code TBRC : bdr:MW21763
bLa ma'i zhal nas/ nga'i dam chos rdzogs pa chen po 'di rtsa ba byung rgyal/ rtse mo thob rgyal/ 'bras bu yog rgyal/ nyin bsgoms na nyin sangs rgya/ nub bsgoms na nub sangs rgyu/ skal ldan las 'phro can la sgom mi dgos par thos pas grol ba dbang po yang rab kyi chos skal yin pas ster gsungs/
[14] Libération par le toucher (t. reg pa thos grol / btus grol)
Le simple contact d’un support sacré (talisman, parchemin avec mantras, texte sacré, relique, terre de nécropole, eau de consécration, etc.) sur le corps du défunt ou du mourant suffit à orienter sa conscience vers l’éveil. C’est le principe des btags grol (“ libération par le port). Le talisman agit comme un “rappel” non conceptuel de la Rigpa.
[15] rig pa'i rtsal dbang ma thob na/ 'dus byas cho gas grol mi srid/
"Sans l’initiation au pouvoir de la rigpa, les rites composites ne peuvent libérer."
de ltar rig pa'i rtsal dbang sems kyis ma thob na gang zag de la rdul tshon rin po che sna lnga'i dkyil 'khor mang po bstan, bum khrus kyis sha la bskur, cod pan gyis 'thibs su bcug, tshogs 'khor gyi 'dam du bcug kyang, rig pa rtsal gyi dbang ma thob na sangs rgyas pa la rta rnga'i 'dres gang gis kyang nyer ma song ste
[16] btags grol phran drug gi tika bzhugs pa lags so / rtsal dbang gi tika rig pa'i sgron me bzhugs so / rang rig ye shes lha la phyag 'tshal lo / de nas ku rang rig rang shar rang grol du song ba'i dus su / sangs rgyas la re ba med de rig pa rang sangs rgyas / ye nas gnas pa'i don rang gis ngo shes thag chod / ma khyab pa med de mtha' rgyas / 'khor ba la dogs pa med de rig pa rang dag / 'khor 'das rig pa'i rtsal du grol / bzang ngan gyi rtog tshogs thams cad rig pa'i rtsal du dag cing rang grol ba de nyid nang rtogs na nang sangs rgyas / nub rtogs na nub sangs rgyas te / gang shar thams cad rtsa ba rig pa'i klong du rang grol ba'o /
[17] A savoir :
1. bTags grol snying po'i rgyud (Tantra de la Quintessence)
2. gCig shes kun grol (Liberté Universelle d’une Seule Chose)
3. Yang ti gser gyi 'bru gcig pa (Syllabe d’Or du Yangti)
4. Sras gcig sa bon gyi rgyud (Germe du Fils Unique)
5. Rang byung rig pa'i rgyud (Discernement Né-de-lui-même)
6. 'Bras bu yongs rdzogs (Perfection Intégrale du Fruit)
[18] rgyud 'di gnas lugs ma rtogs kyang, 'bras bu'i rgyud 'di nyid bcangs pa tsam gyis kyang, sangs rgyas bas khyad par 'phags te
[19] de sngar mtshams med lnga spyad kyang, rgyud 'di dang 'phrad nas ngan song las thar bar 'gyur ro
[20] mig long yang to ba med do/ bya ba tshig rgyud gzhan thams cad dpe cha la ltos pas mig med na tshig don mi khrol bas don med de/
rgyud 'di la rna ba 'on kyang lto ba med de thos pa la brten mi dgos pa'i phyir ro/




