jeudi 23 février 2012

Tagore, Saraha, même combat ?



Quand Atiśa commença à enseigner les distiques de Saraha, originellement écrits en en apabhraṃśa (vieux bengali selon Shahidullah), et citait :
།བསམ་གཏན་པས་ཐར་པ་ཐོབ་བམ་ཅི།
Comment pourrait-on s'affranchir par une méditation [artificielle] ?
།མར་མེ་ཅི་དགོས་ལྷ་བཤོས་དེ་ཅི་དགོས།
A quoi bon des lampes à beurre, à quoi bon la nourriture offerte aux dieux ?
།དེ་ལ་ཅི་བྱས་གསང་སྔགས་བརྟེན་པས་ཅི་ཞིག་དགོས།
Pourquoi s'appuyer sur le système des mantras secrets ?
།འབབ་སྟེགས་འགྲོ་དང་དཀའ་ཐུབ་ཅི་དགོས་ཏེ།
Quel besoin des pèlerinages et de l'ascèse ?
།ཆུ་ལ་ཞུགས་པས་ཐར་པ་ཐོབ་བམ་ཅི།
Comment se libèrerait-on simplement en s'immergeant dans l'eau ?
།སྙིང་རྗེ་དང་བྲལ་སྟོང་པ་ཉིད་ཞུགས་གང༌
Ceux qui entrent dans la vacuité sans compassion
།དེས་ནི་ལམ་མཆོག་རྙེད་པ་མ་ཡིན་ནོ།
Ne trouveront pas le Chemin éminent (S. uttama-mārga T. lam mchog)
།འོན་ཏེ་སྙིང་རྗེ་འབའ་ཞིག་བསྒོམས་ན་ཡང།
Mais aussi en ne cultivant que la compassion
།འཁོར་བ་འདིར་གནས་ཐར་པ་ཐོབ་མི་འགྱུར།
Ils resteront dans l'Errance sans s'en affranchir
On lui demanda de s’arrêter et l’enseignement public des Distiques (Dohākośagīti) de Saraha s'arrêta. Tagore renoue avec le genre des Dohākośagīti (et son message iconoclaste) en écrivant son Gitanjali (l'Offrande lyrique) en bengali.

Voici le chant n° 11
Quitte ton chapelet, laisse ton chant, tes psalmodies ! Qui crois-tu honorer dans ce sombre coin solitaire d’un temple dont toutes les portes sont fermées ? Ouvre les yeux et vois que ton Dieu n’est pas devant toi.
Il est là où le laboureur laboure le sol dur ; et au bord du sentier où peine le casseur de pierres. Il est avec eux dans le soleil et dans l’averse ; son vêtement est couvert de poussière. Dépouille ton manteau pieux ; pareil à Lui, descends aussi dans la poussière !
Délivrance ? Où prétends-tu trouver délivrance ? Notre Maître ne s’est-il pas joyeusement chargé lui-même des liens de la création ; il s’est attaché avec nous pour toujours.
Sors de tes méditations et laisse de côté tes fleurs et ton encens ! Tes vêtements se déchirent et se souillent, qu’importe ? Va le joindre et tiens-toi prés de lui dans le labeur et la sueur de ton front.
En la traduction anglaise de Tagore lui-même :
Leave this chanting and singing and telling of beads! Whom dost thou worship in this lonely dark corner of a temple with doors all shut? Open thine eyes and see thy God is not before thee!
He is there where the tiller is tilling the hard ground and where the pathmaker is breaking stones. He is with them in sun and in shower, and his garment is covered with dust. Put of thy holy mantle and even like him come down on the dusty soil!
Deliverance? Where is this deliverance to be found? Our master himself has joyfully taken upon him the bonds of creation; he is bound with us all for ever.
Come out of thy meditations and leave aside thy flowers and incense! What harm is there if thy clothes become tattered and stained? Meet him and stand by him in toil and in sweat of thy brow.

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