vendredi 25 juin 2010

Deux maîtres d'Advayavajra

Il y a deux textes relatifs aux 84 mahāsiddha dont la source est le maître indien Abhaya(datta) śrī (T. 'jigs pa sbyin pa dpal), qui a vécu XI-XIIème siècle et qui était natif de Campārṇa (Campā), dans le passé une ville-état au bord du Gange près de la frontière du Bihar et du Bengale occidental. Il aurait été un disciple de Vajrāsana (rdo rje ldan pa), un des maîtres de Khyungpo neldjor, le fondateur de la lignée Shangpa.

Le premier texte raconte les vies des 84 mahāsiddha (T. grub thob brgyad cu rtsa bzhi'i lo rgyus ou grub thob brgyad cu rtsa bzhi'i rnam thar[1] S. Caturaśiti-siddha-pravṛtti). Abhayadatta a raconté les histoires des mahāsiddha au tibétain Menyag Tsami lotsawa Mondrub sherab (me nyag tsa mi lo tsA ba smon grub shes rab ) qui les a noté en tibétain. Ce texte a été traduit en anglais et en français.

Le deuxième texte est un commentaire sur une compilation de distiques attribués aux 84 mahāsiddha : grub thob brgyad cu rtsa bzhi'i do ha 'grel pa (S. dohā-vṛtti-sahita-caturaśiti-siddhāvadana). Il s'agit d'un commentaire qu'Abhayadatta a expliqué oralement (bshad pa) à Menyag lotsawa (bla ma mi nyag lo tsA ba) qui l'a noté.

Le texte commenté par Abhayadatta est une compilation intitulé "catura-siddhi-sambhedha-hṛdāya" en tibétain " grub thob brgyad cu rtsa bzhi'i rtogs pa'i snying po"[2]. Le colophon mentionne seulement que ces textes ont été compilés par un certain ācārya Vīra Prakāśa (slob dpon dpa' bo 'od gsal), qui a dû vivre à l'époque d'Abhayadatta ou plus tôt. Aucun traducteur n'est mentionné. Ces petits textes résument assez bien la pensée des siddha auxquels ils sont attribués.

Voici comment y est résumé l'approche de Saraha :
Amis ! Voici la part connaturelle (S. Sahaja)
On ne la trouvera pas ailleurs que dans le discours du Guide véritable
Quand on accède à l'objet ultime, qui est l'essence de ce discours
Le mental ne meurt pas, le corps n'est pas anéanti
Et l'approche de Śavaripa (le siddha chasseur) :
Dans la forêt de l'ignorance (S. avidyā)
Vivent (T. rgyu ba) les créatures de la saisie dualiste
Propulsée par l'arc de l'union des expédients (S. upāya) et de la lucidité (S. prajñā)
La flèche unique de la réalité intime (S. hṛdayārtha) vole
Ce qui meurt, ce sont les créations mentales (S. vikalpa)
La viande, c'est ce qui est dévoré dans l'indifférenciation (S. advayatā)
Sa saveur, est celle de la liberté universelle (S. mahāsukha)
Le résultat est la Mahāmudrā
***

[1] otani beijing: 5091
[2] toh: 2292 Ailleurs grub thob brgyad cu rtsa bzhi'i rtogs pa'i snying po rdo rje'i glu traduit par smon grub shes rab Colophon : colophon: grub thob brgyad cu rtsa bzhi'i rtogs pa'i snying po slob dpon dpa' bo 'od gsal gyi phyogs gcig tu bsdus pa'o/ /'di la'ang 'gyur zur pa'ang yod mod/ 'di ni paN+Di ta a b+ha ya shrIs mdzad pa'i don 'grel me nyag tsa mi lo tsA ba smon grub shes rab kyis bsgyur ba ltar dag par bris pa'o


Textes tibétains (en Wylie)

Saraha

kye ho grogs dag lhan cig skyes pa de//
gzhan nas mi brnyed bla ma dam pa'i zhal nas rnyed//
don dam zhal gyi ngo bo de rtogs na//
yid la 'chi ba med cing lus la 'chad pa med//

Śavaripa

ma rig pa yi nags tshal tu//
bzung 'dzin gnyis kyi ri dwags rgyu//
thabs shes gnyis kyi gzhu brdungs nas//
snying po don gyi mda' gcig 'phangs//
'chi ni rnam par rtog pa 'chi//
sha ni gnyis su med par zos//
ro ni bde ba chen por myong*//
'bras bu phyag rgya chen po thob//


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