mercredi 22 septembre 2010

Hagiographies de la lignée des Instructions : Shavaripa



Une des sources principales pour connaître quelques éléments de la vie de Maitrīgupta est le manuscrit dit "Sham sher" (qui contient le Siddha Amnāya, la lignée des siddha ou les Instructions des siddha), que Sylvain Levi et Giuseppe Tucci avaient découvert dans la collection de Général Kesar Sham Sher Jung Bahadur Rana. Ils en faisaient une copie manuscrite qu'ils publiaient[1] en 1931 et à laquelle Levi ajoutait une traduction succincte. Mark tatz, l'auteur d'un article sur la vie de Maitrīgupta, estime que cette hagiographie qui s'arrête à la moitié de la vie de Maitrīgupta puisse être contemporaine.[2] Cela n'est pas certain. Souvent les hagiographies contiennent des éléments anachroniques qui pointent vers une perception postérieure du saint. Les diverses hagiographies de Maitrīgupta racontent les doutes et l'attitude ambivalente de Maitrīgupta et de certains de ses proches disciples vis-à-vis des enseignements plus ésotériques et comment cela les aurait empêchés d'atteindre la plus haute réalisation.

Cette suite de courtes hagiographies est une introduction à une pratique (sādhana) de Vajrayoginī. Selon Lévi et Tatz, Śavaranātha et Maitrīgupta pourraient être à l'origine de la pratique de Vajrayoginī. D'après le manuscrit, ils sont à l'origine d'au moins une des lignées de Vajrayoginī. Le culte de Vajrayoginī et la lignée de l'absence d'engagement mental (S. amanasikārāmnāyaṁ T. yid la mi byed pa'i man ngag) de Maitrīgupta sont très étroitement reliés. Leur connexion dans le manuscrit du Siddha Amnāya n'en est pas la seule preuve. La pratique de Vajrayoginī semble être l'expédient (S. upāya) recommandé pour stimuler l'expérience de la Mahāmudrā, notamment dans les lignées Dwags po et Shang pa. Dans les deux lignées, Maitrīgupta joue un rôle important. Un double rôle s’il n’y a pas plusieurs Advayajra. Et selon Lévi il y en a au moins deux. D’une part, Advayavajra continue la tradition des siddha telle quelle (Vajrayoginī) et de l’autre il la réinterprète, l’ancre dans le scolastique du Mahāyāna et conçoit une transmission directe du sens (amanasikārāmnāya) sans passer par des expédients.

Cette méthode lui aurait été inspiré par Sahara/Śabareśvara/ Triśarana/ lubdhaka (le chasseur)/ Mahālubdhaka (le grand chasseur)/Śābaripāda/Śavaripa/Śabara, dont Sylvain Levi a traduit la courte hagiographie.

Cela commence par une histoire confuse (en français) dans lequel apparaît un bodhisattva du nom de Ratnamati qui donne une transmission à Nāgārjuna qui la passera au futur Chasseur, Śavaripa.
Or, dans un village du nom de (Daśa ?)pura vivait à l'écart, dans le recueillement, un acteur nommé Loka et sa femme nommée Gaurā. Leur fils est Triśarana. Il (Nāgārjuna) leur montre à eux deux l'autre Ratnamati (le Bodhisattva) au milieu des saints. Il dit au (fils) : Tu ne le vois pas ? Comment pourrais-tu le voir à l'instant, puisqu'il te manque l'instant de connaissance (nécessaire) ? Triśarana lui répliqua : Eh bien, favorise-moi que je puisse voir ce Protecteur avec l'œil de la connaissance, dépassant les sens.

Avec l'autorisation du saint Nāgārjuna il devint alors un Siddha ; dès lors il reçut les faveurs du Bodhisattva (Ratnamati I ?) à chaque occasion. Il se retira pour ses pratiques au Manobhaṅga et au Cittaviśrāma, et là, prenant l'aspect d'un Śavara, il s'installa en résidence.
Telle est la Tradition des Bouddhas, des Bodhisattvas, des Siddhas et la Tradition des noms.
Suit une explication du nom de Vajravārāhī.
Va, c'est la compassion. Ja, c'est la vacuité. Ra, c'est l'un des deux : morphènes du dehors ou du passé qui n'ont pas la lettre ra. Le son hī, c'est la non-perception des causes (hetvanupalabdhi). Ainsi Vārāhī précédée de Vajra (Vajra Vārāhī), c'est la purification au Sens Ultime (paramārthaviśuddhiḥ). Le triangle, c'est la purification du corps, de la parole, de la pensée. Comme la cause et l'effet sont indivisibles, le triangle (exprime) l'égalité dharmodayā.
Une autre explication (Kaula) du triangle, plus en accord avec le sens du dharmodaya, qui est emblématique de Vajravārāhī et de la Yoginī de manière générale et avec le sens des Instructions du non-engagement mental, est que ces trois parties représentent l'émanation (T. skye), la persistance (T. gnas) et la resorption ou destruction (T. 'gag) ou encore les trois temps et leur égalité (que l'on retrouvera chez Gampopa).

***

[1] Source: Bulletin of the School of Oriental Studies, University of London, Vol. 6, No. 2, A Volume of Indian Studies Presented by His Friends and Pupils to Edward James Rapson, Prof essor of Sanskrit in the University of Cambridge, on His Seventieth Birthday, 12th May, 1931 (1931), pp. 417-429 Publié par : Cambridge University Press on behalf of the School of Oriental and African Studies Stable URL: http://www.jstor.org/stable/607671
[2] The Life of the Siddha-Philosopher Maitrigupta by Mark Tatz, Journal of the American Oriental Society, Vol. 107, No. 4 Oct. - Dec., 19, pp. 695-711

texte sanscrite romanisé


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