dimanche 25 août 2013

Ishtar, la déesse assistante de dieux solaires



La déesse Ishtar/Inanna est fascinante et sans doute être une clé à de nombreux mystères. Surtout si le citoyen Dupuis nous donne un coup de main.

La photo du relief ci-dessus se trouve au British Museum. Il y est appelé Relief de Burney ou Relief de la Reine de la nuit, qui date d'entre 1800 et 1750 av. J.C. Il aurait été retrouvé dans le sud de l'Iraq. On a détecté de traces de pigment rouge (ocre rouge) sur le corps de la déesse, sur ses ailes ainsi que sur les ailes des deux chouettes. Sur toutes les ailes, on trouve aussi des traces de blanc et de noir. Les cornes de la déesse ainsi que son collier étaient jaunes, les deux lions blancs. Les cheveux et les sourcils de la déesse et les crinières des lions étaient noirs. Ses cheveux très stylisés pourraient représenter une perruque. Elle tient dans ses mains les symboles de la baguette et de l'anneau (différentes interprétations, p.e. Baguette bleue et Cercle rouge). Ses jambes finissent en pattes d'oiseau.

Ishtar est le nom que lui donnent les Assyriens et les Babyloniens. Les Sumériens l'appelaient Inanna. Elle était à la fois la déesse de l'amour et de la guerre, elle a un aspect hermaphrodite. Elle tient à la fois d'Aphrodite et de Pallas Athéna.
"Femme, elle était aussi mâle et elle est occasionnellement représentée avec une barbe[1]. En assumant un caractère androgyne, elle était comme la planète Vénus, qui était féminine en tant qu'Étoile du soir mais mâle, en tant qu'Étoile du matin, et elle possédait le pouvoir de changer les femmes en hommes et les hommes en femmes." "Elle est souvent représentée debout sur un lion ou une panthère et est dénommée "la lionne" ou "la vache sauvage qui donne un coup de corne à l'ennemi". Source : Digitorient, Collège de France.


Elle a de multiples noms et de multiples aspects, sans doute apparus au cours de son évolution, avec divers eumprunts. 
La multiplicité et la nature controversée d'Ishtar était déjà complètement réalisée dans l'Antiquité et était partie intégrale et intentionnelle de son image. Un hymne louant la déesse en tant que Nanaya commence avec ces mots:
« Sage fille de Sin, bien-aimée sœur de Shamash, je suis la Puissante à Borsippa;
je suis l'Hiérodule à Uruk, j'ai une lourde poitrine à Daduni,
j'ai une barbe à Babylone, mais je suis(en fait) Nanaya
. » Digitorient
Elle est aussi représentée par une étoile à huit branches, l'Étoile du soir et l'Étoile du matin, encore appelée l'Étoile du berger. Cette étoile n'est autre que la planète Venus. Elle peut être vue avant le lever du soleil et après le coucher du soleil, et serait ainsi un repère pour les bergers. Les mythes la font précéder le soleil. Ou peut-être c'est le soleil qui lui court après...

Les mythes font d'ailleurs d'un berger, Dumuzi, le mari d'Ishtar "par un très ancien rite de mariage sacré (hiérogamie)." Un berger, qu'elle rendra roi, tout en faisant figure de remplaçant. Cet aspect du mythe sert de justification (s'il en est besoin...) à l'hiérogamie. 
Chaque année au nouvel an, le souverain était tenu « d’épouser » l’une des prêtresses d’Inanna, afin d’assurer la fertilité des terres et la fécondité des femelles. Ce fut sûrement tout d’abord un rite propre à Uruk, qui s’est ensuite généralisé vers la fin du IIIe millénaire.
Le roi remplace le dieu Dumuzi du mythe, et l’union avec la prêtresse (hiérodule), représentante de la déesse, a lieu dans l’Eanna. Les festivités étaient très joyeuses et se déroulaient dans l’allégresse. Wikipedia
Un hymne d'Assurbanipal la loue dans les termes suivants :
"Ô Palmier, Dame de Ninive, Cerf des pays! Elle est glorieuse, très glorieuse, la plus sainte des Déesses!
Ô inclyte Emašmaš, résidence d'Ishtar, Reine de Ninive! Tel Aššur, elle a une barbe et elle est revêtue de brillance!
La couronne sur sa tête brille comme les étoiles; les disques solaires sur sa poitrine brillent comme le soleil!
Ô Ziggourat, orgueil de Ninive, entourée par les nuages! Le 16 (du mois) de Tebet ("décembre") ; Elle illumine l'Emašmaš [temple d'Ishtar à Ninive]. La Dame des pays sort, Reine Mullissu qui habite à [Ninive]."
La Dame des pays qui sort le 16 du mois de Tebet, qui représente la planète Venus et dont le mythe raconte la descente aux enfers [2] a de quoi alimenter la théorie du citoyen Dupuis, à l'instar  d'Osiris et Isis. Elle est la messagère (DIL.BAT) qui annonce le retour du soleil.

"Parallèlement s'opérait un premier travail de rapprochement entre l’année et la région écliptique même, limité toutefois au symbolisme des équinoxes et des solstices. Les astrologues grecs, suivant en celà une tradition qu’ils disaient chaldéenne, enseignaient que les planètes ont une influence plus grande dans les lieux où elles ont leur hypsôma ou exaltation (point élevé, maximum). Ils situaient ces (point élevé, maximum). Ils situaient ces lieux clans l’écliptique, aux degrés des signes marqués dans la figure 3. En comparant ces positions avec les fixes pour le début de Père chrétienne (vers 150 ap. J. C.), on retrouve assez exactement les régions du ciel que les assyro-babyloniens appelaient lieux du mystère des mêmes planètes. Il faut sans doute entendre par là que ces lieux avaient une signification magique particulière, apportant quelque révélation sur la nature divine ésotérique des astres en cause. Nous allons montrer qu’en effet, leur disposition répond à un symbolisme et à un plan voulus, liés au mythe solaire universel de l’année, mythe qu’il y avait lieu de tenir comme secret dans une religion astrale ordinairement dominée par la lune. C’était en quelque sorte la partie occulte de l’astrologie officielle. L’exaltation du soleil marquait à peu près l’équinoxe du printemps au —XIIe et —XIe s. Elle correspondait à la région de notre Bélier occupée par cet astre le 1er Nisan moyen, début de l’année religieuse. Cette région se levait héliaquement vers le 15 du même mois, date symbolique de l’équinoxe et milieu du printemps babylonien. Le « mystère du soleil » est donc tout simplement le triomphe mystique du jour sur la nuit et le renouvellement du cycle des mois. Le Bélier chaldéen s’appelait d’ailleurs KU.MAL, agrû, le travailleur en louage, image du dieu soleil qui « se loue » au début de chaque année pour accomplir les travaux de sa charge. A la suite du soleil, dans les Pléiades, l’exaltation de la lune marque la place du premier croissant de l’année luni-solaire et du calendrier vague. De l’autre côté, précédant le soleil sous la constellation d'Anunitum (Poisson boréal), Vénus étoile du matin (DIL.BAT, la messagère) annonce l’aurore de l’année et complète la  triade Sin-Shamash-Ishtar qui préside aux destins du pays et des récoltes." Extrait de Les origines chaldéennes du zodiaque de A. Florisoone.

On reviendra sur le rôle que joue Ishtar dans le retour du soleil, ou comme faiseuse de rois et d'empereurs...

MàJ 01092014 Article sur Ishtar

***

[1] Il semblerait que cela soit plutôt dû à une influence akkadienne (sémitique) sur les sumériens (non-sémitiques). Morris Jastrow
[2] Jastrow, Morris. "Descent of the Goddess Ishtar into the Lower World" (The Civilization of Babylonia and Assyria, 1915)

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