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mercredi 26 juin 2013

Pourquoi le Dzogchen est supérieur - Tulku Urgyen



L'opinion actuelle de l'école nyingmapa semble être que le Dzogchen est supérieur aux autres véhicules, à cause des pratiques visionnaires du Franchissement du pic (T. thod rgal). Tout comme la Mahāmudrā  de Gampopa avait été déclassée en Mahāmudrā des sutra, suite au succès des pratiques visionnaires du Kalacakra Tantra, du Dzogchen Nyingthig et autres transmissions aurales, et suite aux attaques de Sakya Pandita etc, la Section de la Conscience (Roi pancréateur et autres textes du Dzogchen radical) a fait l'objet d'un déclassement similaire en Éradication de la Rigidité (T. khregs chod). Notez aussi l'apparition d'une quatrième Section. 

Ci-dessous la traduction française (augmentée de quelques termes tibétains, ajouts, soulignements etc. de ma part), d'un passage du livre Rainbow Painting de Tulku Urgyen Rinpoché, traduit par Erik Pema Kunsang (Boudhanath, Rangjung Yeshe Publications, 1995).

"Dans le système de Mahāmudrā, nous avons la Mahāmudrā des sūtra, la Mahāmudrā des tantras et la Mahāmudrā essentielle. La Mahāmudrā des sūtra correspond au système progressif du Mahāyāna avec les cinq voies et les dix bhūmi. Il est tout à fait différent du Dzogchen. Il ne s’appelle donc pas simplement Mahāmudrā, mais Mahāmudrā des sūtra. La Mahāmudrā des tantras correspond au Mahāyoga et à l’Anuyoga, où l’on utilise la sagesse analogique (T. dpe’i ye shes) pour atteindre la sagesse principielle (T. don gyi ye shes). La Mahāmudrā essentielle correspond au Dzogchen, sauf qu'elle ne comprend pas la pratique du Franchissement du pic (T. thod rgal)[1]. Le Mahāmadhyamika du sens définitif (S. nitārtha) n'est pas différent de la vue Dzogchen de l'Éradication de la Rigidité (T. khregs chod).

Dans le système Dzogchen, il ya aussi différents niveaux. Il ne suffit pas de dire «Dzogchen», sans mentionner un aspect particulier [33]. Le Dzogchen n'est pas une entité unique, il y a quatre subdivisions. A savoir la Section extérieure de la Conscience (T. sems sde), qui est comme le corps. Il y a la Section intérieure de l'Espace (T. klong sde), qui est comme le cœur, et la Section des Instruction secrètes (T. man ngag sde), qui sont comme les veines du cœur. Enfin, il y a la Section secrétissime (T. yang gsang bla na med pa'i sde), qui est comme l'énergie vitale (S. prāṇa) à l'intérieur du cœur, l'essence pure de la force de vie. Quelle est la différence entre ces quatre sections, car toutes les quatre sont du Dzogchen? La Section extérieure de la Conscience du Dzogchen met l'accent sur la qualité consciente de l'esprit, tandis que la Section intérieure de l'Espace met l'accent sur la qualité vide, et la Section des Instructions secrètes met l'accent sur l'unité des deux. La Section secrétissime [2] enseigne tout à la fois – la Base, le chemin et le fruit, ainsi que l'Éradication de la Rigidité (T. khregs chod) et le Franchissement du pic (T. thod rgal). Cette dernière Section est comme une personne qui possède les facultés sensorielles intactes. Rien ne lui manque. Chacun des [huit] véhicules [inférieures] depuis le plus bas, considère qu’il met en œuvre la Vue véridique et authentique, pas une Vue fausse. Mais lorsqu'on regarde le véhicule qui précède [à partir du véhicule qui lui fait suite] il apparaît que le point de vue du véhicule précédent est incomplet ; ce principe s'applique tout le long du parcours jusqu’au huitième yāna. Chaque fois que l'on considère les Vues [des véhicules inférieurs] du point de vue de la Mahāmudrā, du Dzogchen ou de l'ultime Madhyamika, on s’aperçoit qu’elles sont dotées de concepts (S. kalpana) subtils.

Le plus important dans une Vue est de reconnaître la nature de Bouddha. Le mot sanskrit pour la nature de bouddha est « sugata-garbha », le terme tibétain est bde gshegs snying po. Nous devons comprendre que c'est la Vue que nous devrions mettre en oeuvre. Dans les huit premiers des neuf yāna - les véhicules pour les Auditeurs (S. śravaka), Bouddha solitaires (S. pratyekabuddha) et bodhisattvas, les trois tantras externes Kriya, Upa, et Yoga, le Mahāyoga et l’Anuyoga – des notions de plus en plus profondes de la nature de bouddha servent de point de référence. Dans ces véhicules, le contemplateur ou l’observateur de la nature de bouddha, est appelé l'attention ou la vigilance, dans le sens d’une scrutation constante et soutenue de la nature de bouddha, comme un berger veille sur son bétail. Donc, dans ces véhicules il y a deux éléments : la nature de Bouddha et l'attention constante, le non-oubli. La nature de Bouddha doit d'abord être reconnue, puis soutenue continuellement, sans aucune distraction. Quand la vigilance des Trois Vajras se sépare de la nature de Bouddha, le pratiquant n’est pas différent d’une personne ordinaire. Voilà le principe général des huit premiers véhicules."

***

[1] Les pratiques visionnaires.
[2] "The innermost Unexcelled Section of Dzogchen is like the temple’s golden top-ornament in that it’s the highest point of all the nine vehicles." p. 35 Tulku Urgyen

Texte anglais :

"Within the Mahamudra system there is Sutra Mahamudra, Tantra Mahamudra and Essence Mahamudra. Sutra Mahamudra is the same as the Mahayana system describing progressive stages through the five paths and ten bhumis. That definitely differs from Dzogchen, and there- fore it is not simply called Mahamudra, but Sutra Mahamudra. Tantra Mahamudra corresponds to Maha Yoga and Anu Yoga in which you utilize the 'wisdom of example' to arrive at the 'wisdom of meaning. Essence Mahamudra is the same as Dzogchen, except that it doesn’t in- clude TogaL The Great Madhyamika of the Definitive Meaning is no different from the Dzogchen view of Trekcho.

Within the Dzogchen system, there are likewise different levels. It is not enough to say « Dzogchen » without mentioning which particular as- [33] pect of it we are talking about Dzogchcn is not a single entity; there are four subdivisions. There is the outer Mind Section, which is like the body. There is the inner Space Section, which is like the heart, and the secret Instruction Section, which is like the veins within the heart Finally there is the innermost Unexcelled Section, which is like the life- energy inside the heart, the pure essence of the life-force. What is the difference between these four sections, since all four are Dzogchen? The outer Mind Section of Dzogchen emphasizes the cognizant quality of mind, while the inner Space Section emphasizes its empty quality, and the secret Instruction Section emphasizes the unity of the two. The innermost Unexcelled Section teaches everything - ground, path and fruition, as well as Trekcho and TogaL This last section is like a person who possesses the five sense-faculties completely intact Nothing is lack- ing. Each of these vehicles from the very beginning feels that it is putting the genuine, authentic view into practice, and not a false one. But when viewed from the vehicle above, it appears that the viewpoint of the vchiclc below is incomplete; this principle applies all the way up through the eighth yana. Whenever one regards these view from the vantage point of Mahamudra, Dzogchen or the ultimate Madhyamika, these views are all seen to possess subtle concepts.

What is most important concerning the view is to recognize buddha nature. The Sanskrit word for buddha nature is sugata-garbha; the Tibetan term is deshek nyingpo. We must understand that it is the view we should apply in practice. In the first eight of the nine yanas - the vehicles for shravakas, pratyekabuddhas, and bodhisattvas; the three outer tantras of Kriya, Upa, and Yoga; and Mahayoga and Anu Yoga - progressively deeper notions of buddha nature are kept in mind as the point of refer-ence. In these vehicles the viewer, or observer of buddha nature, is called mindfulness or watchfulness, in the sense of keeping constant guard on buddha nature, like a herdsman keeping watch over his cattle. So in these vehicles there are, then, two things: buddha nature and the con- stant attention, the 'not forgetting" it Buddha nature should first be recognized, then sustained continuously without any distraction. When The Three Vajras watchfulness is distracted from buddha nature, the practitioner is no dif- ferent from an ordinary person. This is the general principle of the first eight vehicles."

vendredi 15 février 2013

Les soutras arrivent-ils aux chevilles du dzogchen ?



«Dans le dzogchen le principal est la connaissance de l’état naturel. Si on a cette compréhension, tout peut être intégré dans cet état. C’est pourquoi on parle toujours d’intégration lorsqu’on pratique le dzogchen. « Intégration » ne signifie pas mettre deux choses ensemble ou changer les aspects de quelque chose. Tout simplement présents dans l’état lui-même, nous ne faisons absolument rien. C’est la méthode caractéristique de l’enseignement dzogchen et le sens véritable de la clarté. Dans la pratique du dzogchen, il n’est pas nécessaire de s’asseoir les yeux fermés tout en fixant un point unique comme on le pratique dans les soutras. Ce n’est pas le principe. Nous ne considérons pas que la contemplation ou méditation consiste à rester silencieux. Cette attitude appartient à la tradition des soutras, qui s’est beaucoup développée partout. Certains pensent que si quelqu’un s’assoit sans bouger, même avec les yeux fermés, de cette façon il médite. Mieux encore, la personne qui agit ainsi croit également qu’il, ou elle médite.

De nombreux Occidentaux ressentent un grand intérêt pour l’enseignement tantrique, mais n’aiment pas le pratiquer. De leur point de vue ce n’est pas véritablement la méditation, mais plutôt seulement des psalmodies et des rituels. Ces personnes ne savent pas réellement ce qu’est la contemplation, et considèrent que la méditation c’est seulement être assis en silence, sans bouger. Le véritable sens de méditation ou contemplation, telle que l’a enseigné Bouddha Shakyamouni, est de demeurer dans notre nature véritable. Comment pouvons-nous nous trouver dans cette nature véritable ? Puisque notre nature véritable n’est pas seulement la vacuité, mais qu’elle comprend aussi la clarté et l’énergie, nous devons nous trouver à la fois dans notre énergie et dans notre clarté. Si la nature de notre énergie est le mouvement et non pas le silence, alors comment pouvons-nous être dans cette nature sans bouger ? Pratiquer le dzogchen ne consiste pas seulement à rester silencieux, mais implique aussi bouger, s’intégrer à la clarté et au mouvement de l’énergie. Ainsi il vous est facile de comprendre pourquoi, dans la pratique tantrique, il y a tant de récitations, de chants, de déplacements et autres, parce qu’elle implique l’intégration à l’énergie en mouvement. Parfois trouverez-vous des explications à ce sujet dans les enseignements tantriques, mais généralement, il est seulement appliqué sans être expliqué, bien qu’il soit possible d’en découvrir et d’en comprendre le principe en y réfléchissant. Dans les enseignements dzogchen, ces choses doivent être apprises directement. »
[Extrait de Enseignements dzogchen par Namkhai Norbu qui vient de paraître chez Almora]

Ce qui s’appelle dzogchen, est un ensemble d’instructions et de pratiques d’origines diverses qui s’est développé au cours des siècles, depuis la chute de l’empire tibétain. La partie qui concerne l’état naturel et la simple présence à celui-ci est le thème principal d’une série d’instructions classées ultérieurement dans la classe de la conscience (T. sems sde). La simple présence à la clarté de l’esprit, « caractéristique de l’enseignement dzogchen » est également l’approche qui fait suite à la doctrine du Traité mahāyāna de la continuité insurpassable (Ratnagotravibhāga / Mahāyānôttaratantraśāstra). Ce texte était de la plus grande importance pour Longchenpa, grand systématisateur des trois classes du Dzogchen du 14ème siècle, qui l’utilisa pour y ancrer canoniquement sa propre doctrine.

La pratique que préconisent le RGV et les soutras de manière générale n’est pas « de s’asseoir les yeux fermés tout en fixant un point unique ». Ce n’est pas l’attitude de « la tradition des soutras. » Un bodhisattva n’est pas quelqu’un qui s’engage sur le chemin de la quiétude (śāntimārga), mais sur le chemin ultime (T. theg pa mchog) qui est l’union de la lucidité et de l’engagement (prajñopāyaparigrahāt).[1] La lucidité est primordiale, car la générosité (dāna) ne procure que la jouissance du monde, la discipline (chīla) conduit à des mondes heureux et la méditation (bhāvana) conduit à l’élimination de l’obnubilation par les passions. Seule, la lucidité (prajñā) conduit à l’élimination de l’obnubilation par les passions et par les connaissables (kleśajñeya).[2]

Il y a ceux qui ont un penchant pour le devenir (bhavābhilāṣiṇo) et ceux qui ont un penchant pour le non-devenir (vibhavābhilāṣiṇo). Les derniers se divisent en ceux qui suivent une méthode (upāyapatitā) et ceux qui ne suivent pas de méthode (anupāyapatitā). Ceux qui suivent une bonne méthode sont les Śrāvakas et les Pratyekabuddhas. Ceux qui ne suivent pas de méthode sont des non-bouddhistes comme les Carvaka, les Parivrājakas (ascètes errants), les Jain, les Icchantika etc. Ou bien des bouddhistes, mais si ceux-ci suivent une mauvaise doctrine (durgṛhītagrāhiṇaḥ), c’est comme s’ils sont des non-bouddhistes. Cette mauvaise doctrine est la croyance en un soi (pudgaladṛṣṭa), et non pas l’adhérance au bien ultime (paramārthānadhimukta), qui est l’adhésion à la vacuité (śūnyatānadhimukto).

Il y a aussi ceux qui adhèrent à la vacuité comme à une doctrine (śūnyatādṛṣṭa) et en sont fiers. Ils voient l’accès à la libération également comme vide et se paralysent ainsi par une mauvaise compréhension de la vacuité. C’est à leur sujet que l’Éveillé avait dit : « Ô Kaśyapa, il est encore mieux d’adhérer à une doctrine avec un soi aussi grand que le Mont Sumeru, que d’adhérer à cette orgueilleuse conception de la vacuité. »[3]

Finalement il y a ceux qui n’ont ni de penchant pour le devenir, ni pour le non-devenir et qui se sont fermement établis dans le véhicule universel.[4] Ils ne suivent pas la méthode (upāya) correcte [de la quiétude] (comme les Śrāvakas et les Pratyekabuddhas), ni n’ont-ils aucune méthode comme les non-bouddhistes ou les adeptes d’une vacuité paralysante. Ils se sont engagés pour accéder à [l’intuition] de l’égalité du saṁsāra et du nirvāṇa (saṃsāranirvāṇasamatā). Ils ne cherchent pas à s’établir (apratiṣṭhita) dans le nirvāṇa. Leur action (prayogā) se situe dans le saṁsāra, mais de façon dépassionnée (nirupakliṣṭa). Leur racine parfaitement pure (mūlapariśuddhā) est fermement (dṛḍha) plongée (pratiṣṭhita) dans la motivation altruiste (karuṇādhyāśaya).

Les bodhisattvas suivent une méthode (upāya) qui est une non-méthode, car elle n’est pas suivie jusqu’à son aboutissement, qui serait l’établissement dans la quiétude. Ceux qui ne suivent pas de méthode pour se libérer et ceux qui suivent une méthode correcte - à savoir les Icchantika, les non-bouddhistes, les Śrāvakas et les Pratyekabuddha – sont chacun obnubilés (āvaraṇāni) par une chose particulière qui les empêche d’accéder à l’élément d’éveil (tathāgatadhātu). Il s’agit évidemment de catégories (gotra) symboliques plutôt que de groupes de personnes identifiables.


Le bodhisattva est celui qui développe les quatre qualités. Il a confiance en l’état de tathāgata (tathāgatapada), l’objet inconcevable (viṣayo ’cintyaḥ), et devient ainsi le réceptacle de vertus telles l’aspiration, l’énergie, l’attention, la concentration et la lucidité (chandavīryasmṛtidhyānaprajñā[5]). La continuité de son intention de l’éveil (bodhicitta) fait qu’il progresse de manière irréversible vers la perfection du mérite (puṇyapāramitā) parfaitement pure car libre de la triple représentation[6].
« La générosité est la vertu (puṇya) qui provient de la générosité (dāna). La discipline (śīla) provient de la discipline. La patience (kṣānti) et la concentration sont le résultat de la pratique (bhāvana) et le courage (vīrya) est une vertu qui est commune à toutes. »[7]
Ce qui empêche ces vertus d’être « pures », ce sont leur représentation, qui fait appel à un agent, une action et un objet[8] (l’obnubilation par le connaissable - jñeyāvaraṇaṃ) et les passions (kleśāvaraṇaṃ ) qui peuvent s’y associer. C’est la fonction de la lucidité (prajñā) de déchirer cette double obnubilation. C’est la seule vertu capable de le faire. C’est pourquoi on la dit quelquefois supérieure aux autres, voire suffisante (la position prêtée aux quiétistes dans le concile de Lhasa).

l’Éveillé ou la conscience ainsi éveillée (bodhicitta) connaît les choses (vastu) et les fait connaître à autrui. Il s’abstient de ce dont il fait s’abstenir (kleśā) et fait s’en abstenir autrui. Il suit la méthode non-méthode et la fait suivre par autrui. Et il atteint et fait atteindre à autrui l’absence de souillure indépassable (niruttare ’tivimale). Il révèle la vérité (satya) dans son propre intérêt dans celui d’autrui (svaparārtha).[9] L’upāya c’est sa méthode non-méthode des perfections. Ainsi, pratiquer la bodhicitta « ne consiste pas seulement à rester silencieux, mais implique aussi bouger, s’intégrer à la clarté et au mouvement de l’énergie ». Il n’est pas besoin pour autant de faire « des récitations, des chants, des déplacements et autres » que les occidentaux « n’aiment pas pratiquer ». La vie et la pratique quotidienne d’un bodhisattva offre tout ce qui est nécessaire à « l’intégration à l’énergie en mouvement ».

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[1] Site norvégien (BP)

[2] gang zhig sbyin pas longs spyod dag ni sgrub byed cing // khrims gyis mtho ris bsgoms pas nyon mongs spong byed la // shes rab nyon mongs shes bya kun spong de yi phyir // ’di mchog nyid de de yi rgyu ni ’di thos yin // BP

[3] mngon pa’i nga rgyal can stong ba nyid du lta ba ste / ’di la stong pa nyid du lta ba gang dag de’i rnam par thar pa’i sgo la yang stong pa nyid du lta par ’gyur ba gang gi dbang du mdzad nas / ’od srungs gang zag tu lta ba ri rab tsam ni bla’i / mngon pa’i nga rgyal can ston pa nyid du lta ba ni de lta ma yin no zhes gsungs pa yin no // BP

[4] de gnyi ga mngon par mi ’dod pa ni / theg pa chen po la yang dag par gnas pa mchog tu dbang po rnon po’i sems can te / gang dag ’dod chen pa bzhin du ’khor ba yang mi ’dod cing / mu stegs pa la sogs pa ltar thabs ma yin pa la zhugs pa yang ma yin la / nyan thos dang rang sangs rgyas ltar thabs dang ldan par rtogs pa yang ma yin te / https://www2.hf.uio.no/polyglotta/index.php?page=record&vid=61&mid=144370

[5] pāramitāḥ pañca

[6] S. tredhā tadavikalpanāt T. rnam gsum rtog med pas. Aussi appelé les trois cercles (T. ‘khor gsum S. trimaṇḍala) : action, agent et objet

[7] sbyin byung bsod nams sbyin pa de || tshul khrims las byung tshul khrims yin || bzod dang bsam gtan gnyis dag ni || sgom byung brtson ’grus kun tu ’gro || BP

[8] S. trimaṇḍalavikalpo T. ’khor gsum rnam par rtog pa

[9] bdag gzhan shes bya’i dngos po rnam kun shes dang shes mdzad phyir || spangs dngos spangs dang spong mdzad phyir dang bsten bya bsten pa’i phyir || thob bya bla med shin tu dri med thob dang thob mdzad phyir || rang gzhan don bden gsungs phyir drang srong gang du ’ang thogs pa med || BP