jeudi 28 mars 2013

Consommer du Dharma n’est pas très efficace



« De mon point de vue, l’étudiant est la priorité dans le bouddhisme. Pas le bouddhisme en lui-même. On peut penser que la priorité est le bouddhisme, mais en tant qu’enseignant qui a la responsabilité d’enseigner, je vois l’étudiant comme étant de la plus grande priorité. Il doit être traité avec du respect et de la disponibilité.

[1 :20] Telles que les choses se passent actuellement, chaque enseignant, y compris moi-même, fait de son mieux. Et quelquefois on échoue. Parce que le Dharma est présenté comme un kit. Généralement, On veut pratiquer le Bouddhisme, parce qu’on veut se libérer, pas pour devenir un pratiquant bouddhiste trippé. Nous voulons être heureux et être libres, c’est la simplicité de notre philosophie d’être humain. Nous voulons comprendre la spiritualité, le bouddhisme. Nous voulons avoir accès à cette compréhension, recevoir des instructions, parce que nous voulons nous libérer. Voilà l’idée initiale très simple du bouddhisme. Mais en fait, quand on se tourne vers le bouddhisme, on est demandé de faire des pratiques préliminaires, de pratiquer telle divinité, puis encore telle autre, de prendre des engagements (samaya), de recevoir des initiations…Et toutes ces choses inutiles finissent par prendre beaucoup de place dans notre vie. En fait c’est consommer le Dharma, et la consommation du Dharma n’est pas très efficace.

[03 :06] J’étais moi-même un consommateur de Dharma, car j’étais 100% attaché aux apparences bouddhistes, sans comprendre la qualité et l’essence du Dharma. Je ne connaissais pas la saveur du Dharma. Alors tout est très limité, car je croyais en un bouddhisme qui, comme toute autre chose, était si solide. Et quand on croit que quelque chose est solide, tout devient figé/rigide. Il est donc important d’avoir un peu de flexibilité dans l’esprit, un peu de sagesse et de qualité.

[04 :06] Le Bouddha ne disait pas à ses étudiants de pratiquer les préliminaires et de pratiquer des divinités. Il ne leur disait pas qu’il fallait pratiquer Tchenrézi (Avalokita). Il ne leur disait rien de tout cela. Il leur expliquait tout simplement sa façon (way) à lui. Et d’où venait cette explication ? De sa sagesse, de sa compréhension de la nature de l’esprit. Quand il partageait sa sagesse avec un véritable respect, de l’amour et du souci de l’autre, ses paroles et son approche devenaient elles-mêmes Dharma. [4 :40] Ce que vous recevez de l’enseignant est l’instruction, et ce que vous analysez avec cette instruction est la pratique. Ce que vous partagez avec votre cœur authentique et avec respect, sans protection, est la qualité et l’essence du Dharma. Ce que vous partagez sans protection est le Dharma. [5:55] Il est important de partager le Dharma avec les autres sans protection. »

[Enseignement de Yangsi Kalou Rinpoché au Temple des Mille Bouddha, Palden Shangpa, 71320 La Boulaye, le 9 mars 2013.]

Transcription éditée de la version anglaise

From my point of view, the priority in Buddhism is the student. Not Buddhism itself. We think that Buddhism is the priority, but as a teacher having the responsability to teach I see the student as the main priority. He has to be treated in a respectful way and a very accessible way.

[1 :20] Right now, what is happening is that every teacher tries his best, including myself, but sometimes it goes wrong. Because we teach the Dharma like a package. That is the problem. People wan to practise Buddhism, because they want to liberate themselves, not because they want to become a crazy Buddhist practitioner. We all want to be happy and liberate ourselves, that is the simplicity of our philosophy as a human being. You want to understand the spiritual way of thinking, Buddhism. We want to connect with that understanding, we want to receive the teachings, beacuse we want to liberate ourselves. That was the initial simple idea, but what actually happen when you turn to Buddhism, is that you are said to do these foundation practices, practise this deity, that deity, you have to commit yoursel to this, you have to receive that empowerment. And all those unnecessary things become so important in your life, but it is like consuming Dharma. Consuming Dharma doesn’t really help.

[03 :06] I used to consume Dharma, because I was so 100% attached to Buddhist appearance, I didn’t understand the quality and the essence of the Dharma, I didn’t get the flavour of the Dharma. Everything was very limited, because I believed in a Buddhism that like everything was so solid. When you believe something to be very solid, eveything becomes so fixed. So it is very important to have a bit of flexibility in our mind, a little bit of wisom and quality.

[04 :06] The Buddha didn’t teach his students to practice the foundations, to have them do deity practice, he wasn’t telling them to do Tchenrézi practice, he wasn’t telling them any of this. He was just simply talking his faith/way ? And where did that explanation come from ? From his wisdom, from his realisation of the nature of the mind. When he shared his wisdom with true respect, love and care, his words and approach itself became Dharma. [4 :40] What you receive from your teacher is a teaching, and what you analyse with the teaching is the practice. What you share with your true heart and respect is the quality and the essence of Dharma, without protection. What you share without protection, that itself is the Dharma. [5 :55] It is important to share the Dharma with other people without protection.

1 commentaire:

  1. C'est intéressent en effet, mais il ne faudrait pas jeter le bébé avec l'eau du bain... La voie du milieu semble s'imposer... Les pratiques de divinités, les pratiques préliminaires sont quand même nées d'êtres réalisée. Cet article demande donc de la nuance, sinon les uns et les autres vont le consommer au premier degré et rejeter tout ce qu'il y a de bon en la forme traditionnelle des pratiques. La pratique des divinités etc... est une fabuleuse science de l'esprit qui purifie de nombreux mécanismes cognitifs etc... C'est le mode de transmission des pratiques traditionnelles qui demandent donc de la finesse. Mais il est bien difficile de transmettre en finesse à quelqu'un qu'on aperçoit au loin dans un vaste public que quelques jours par an... Les êtres (donc la transmission) a sévèrement besoin d'Amis de Bien capables d'enseigner de façon vivantes et incarnée... La lettre d'intention de Kalou rinpoché visant institutionnaliser des niveaux de qualification au sein de sa lignée semble être une bonne chose. Reste à voir les "décrets d'application" et la façon dont les anciens seront considérés et contacter. Pour l'instant c'est le black out...

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