vendredi 23 septembre 2011

Aryadeva le brahmane sur le déracinement



On trouve dans la partie consacrée au mouvement Zhi byed de La collection des instructions (T. gdams ngag mdzod) de Jamgon Kongtrul un texte attribué à un certain Āryadeva le brahmane. Ce texte a pour titre tibétain « 'phags pa shes rab kyi pha rol tu phyin pa'i man ngag » et pour titre sanskrit « Ārya-prajñāpāramitopadeśa » (ou en version PDF sur TBRC : W20877-0145-eBook.pdf p. 1).

Un texte portant le même titre existe dans les collections canoniques tibétaines, mais il ne s’agit pas du même et il est attribué à Śrī Kaṃbala(pāda). Il avait été transmis par Atiśa qui l’avait traduit en tibétain avec le traducteur dge slong dge ba'i blo gros. D'ailleurs, il semblerait que Kaṃbala est un autre nom de Lawapa ou Lavapa (T: la ba pa, grub chen la ba pa, wa ba pa), considéré comme un des maîtres de Tillipa.

L’auteur présumé du texte présenté ici n’est pas Āryadeva, le disciple de Nāgārjuna, qui vivait lui au 3ème siècle. Āryadeva le brahmane, ou du moins la composition du texte qui lui est attribué, se situe sans doute au 10-11ème siècle. Le texte avait été introduit au Tibet par Dampa Sangyé, qui l’a traduit lui-même, puis reçu et édité par le traducteur tibétain Zhama lotsāva (zhwa ma chos kyi rgyal po). Ron Davidson[1] classe les textes, souvent attribués à des mahāsiddhas, produits par Dampa Sangyé et Zhama lotsāva parmi ce qu’il appelle lui-même « des textes gris », autrement dit des apocryphes. De nombreux textes de ce tandem sont dits avoir été directement extraits de la Collection secrète des ḍākinī (S. ḍākinī-guhya-kośa T. mkha’ ‘gro gsang mdzod).[2] Zhama lotsāva explique dans le colophon qu’il a reçu et édité le texte reçu de Dampa, apparemment pendant un enseignement public. Il y a ajouté quelques instructions accessoires, nettement moins philosophiques et très chamaniques. Les instructions semblent conscientes du risque qu’elles pourront être prises au premier degré car elles contiennent des mises en garde à plusieurs endroits.

La première partie du texte est très proche de la mouvance d’Advayavajra et comporte des éléments emblématiques de son système. Dampa Sangyé était d’ailleurs considéré comme un disciple d’Advayavajra.
« A l'abri de tout engagement mental (S. amanasikāra) Les remémorations et les constructions mentales disparaissent d'elles-mêmes[3] C'est ainsi que l'on développe le souvenir du Buddha. »[4] 
D’habitude, le souvenir ou la recollection du Buddha (S. buddha-anusmṛti) est un exercice intellectuel, un exercice d’imagination créatrice, dans lequel on se souvient des qualités du bouddha pour s’en imprégner. En passant par les mains d’Advayavajra, « Āryadeva le brahmane » et de Dampa, cet exercice devient une véritable contemplation non duelle, une autocontemplation, où la réalité de la perfection de lucidité est rejointe directement. Le manuscrit comporte une petite note après « la réalité de la perfection de lucidité » (shes rab pha rol phyin pa'i don). On y lit « 'di dkyus su med », ce qu’on pourrait traduire par « celle-ci n’est pas ordinaire », et interpréter comme « n’étant pas pris dans son sens habituel », c’est-à-dire qu’elle renvoie à la réalité à laquelle conduit la perfection de la lucidité, qui est un dépassement de la dualité sujet-objet. En se basant sur la suite du verset, cette réalité ne s'avère être autre que le Buddha. Le Buddha dont on développe le souvenir est le Buddha intérieur, et on le rejoint directement plutôt que de passer par un exercice mental.
Plus loin :
 « Ceux qui ont des expériences [contemplatives] inférieures, intermédiaires et supérieures
Lorsqu'ils restent dans un état sans remémoration (S. asmṛti)
Et qu'il les contemplent tout en les suivant
En détermineront la nature en les examinant
Tout comme dans une jungle épaisse
Un homme très fort
[Avance] en se servant d'une machette aiguisée »
 Les enseignements de Dampa Sangyé sont désignés sous le nom Zhidyé (T. zhi byed), abréviation de « sdug bsngal thams cad rab tu zhi ba » (S. sarva duhkha prasamanah) que l’on retrouve dans le Soutra du Cœur (S. Bhagavatī-prajñāparamitā-hṛdaya). Les versets d’Āryadeva expliquent qu’il y a trois façons pour procéder au « déracinement » (T. rtsad bcad, gcod) du principe consicent (S. cittava T. sems nyid). La méthode de dernier recours est celle où l’on donne son corps en pâture et c’est celle qui s’est développée en la transmission native tibétaine appelée « Cheud » (T. gcod).

Petite précision sur certains choix terminologiques. Dans la première partie du texte qui est plutôt "démystificatrice" dans le sens qu'elle veut nous amener à l'essentiel, j'ai traduit "lha 'dre" tout simplement par "positifs" et "négatifs". C'est suite à un commentaire de la pratique de Cheud, lu il y a longtemps, où Machig expliquait que ce qu'on appelait "dieux" était au fond tout ce qui nous attirait et qui nous procurait du bonheur, et "démons", ce qui nous repoussait et nous rendait malheureux. J'ai appliqué le même raisonnement aux "manifestations surnaturelles" (T. cho 'phrul) causées par les dieux et les démons. Comme elles sont immatérielles (T. thogs med), elles sont d'ordre psychique.

Pour un exemple des différentes façons de réagir face aux "manifestations surnaturelles des dieux et démons", relire le premier chapitre des Cent milles chants de Milarepa. Notre texte en donne trois :
"Face à celles-ci, la meilleure expérience
Est de rester dans la réalité de la non-dualité
Sinon de les transformer par la méditation
Au pire, en leur laissant son corps en pâture
"  


***
Photo : Machete man

Notes du blog :

[1] Tibetan renaissance: Tantric Buddhism in the rebirth of Tibetan culture Par Ronald M. Davidson, p. 150 
[2] Idem P. 151 
[3] Rang gis sangs pa = disparaissent, se purifient d’elles-mêmes. Mais simultanément il est évident en tibétain qu’il s’agit d’un jeu de mot sur Buddha (sangs-rgyas). On pourra comprendre : « on devient automatiquement Buddha » 
[4] yid la byed pa kun dang bral// dran rtog rang bzhin gyis sangs pa'i//sangs rgyas rjes su dran pa bsgom//


Un fichier PDF de la traduction en deux colonnes (police tibétaine) peut être téléchargé ici.

Traduction française :



« Les instructions de la suprême perfection de la lucidité »

En langue indienne :  Prajñāpāramitopadeśa-nama
En tibétain :  'phags pa shes rab kyi pha rol tu phyin pa'i man ngag ces bya ba

Hommage à tous les buddha et bodhisattva.

Celui qui détruit les concepts erronés dues à la non-reconnaissance par le soleil et la lune de la réalisation
Qui fait mûrir les êtres par l'humidité de la compassion
Au Lion du verbe (S. Vādisiṃha, épithète de Mañjuśrī), qui accomplit le double intérêt
Je m'incline respectueusement en acte, en parole et en pensée.

Le coeur du message, l’absence de fondement,
Est la non-dualité qui est le sens de la perfection de la lucidité
Elle est libre de tous les contraires ciblant le permanent et le néant et autres [couples de contraires]
Je l'expliquerai afin d'aider les êtres dans la mesure du possible.
Suivez les écritures canoniques par les trois séries de quatre thèses (S. pratijñā)
Identifiez l'Intelligence sans la manipuler ni altérer
La conscience est à la fois la racine de l'Errance et de la Quiétude
Mais aucune cause ni condition ne peut y être avérée
En déterminant qu'elle est la non-production, sa nature est la vacuité.
Celui qui l'accède ainsi est comme un arbre aux racines tranchées
Les branches des constructions mentales ne pourront plus naître
Tous les étants et non-étants qui se présentent à l'intellect
En les offrant tous, je les offre au précieux Guide
C'est avec un tel hommage et offrande
Que je prends refuge et que je développe la pensée éveillée
L'entraînement dans lequel je m'engage ainsi je le protègerai comme la prunelle de mes yeux
Car il est celui d'un être de l'éveil (S. bodhisattva)
Il ne faut pas l'abandonner même au péril de sa vie
Et s'efforcer de le préserver
Les dix actes non-vertueux comme l'acte de tuer
Je m'en abstiendrai et j'inciterai les autres à faire de même
De ceux qui se sont abstenus de tuer
Je dirai du bien en suivant leur exemple
Ce n'est pas la simple abstention des dix actes non vertueux
Qui conduit au chemin suprême (S. paramā gatiḥ)
Mais ce sont les six perfections (S. pāramitā)
Que l'on pratique soi-même et qu'on recommande aux autres
De ceux qui pratiquent les six perfections
Je dirai du bien en suivant leur exemple
Mais ceux qui profitent de la dynamique positive des six perfections et autres [pratiques spirituelles]
Doivent s'abstenir d’y attribuer une réalité
La non-dualité est le sens de la perfection de la lucidité
Si l'on ne l'accède pas à l’absence des contraires tels que vertu et non vertu, pratique et renoncement, espoir et crainte
Notre pratique spirituelle sera conditionnée
Et de ce fait la délivrance ne sera pas possible dans cette vie
C'est pourquoi, tous les phénomènes,
Qu'ils soient conditionnés, inconditionnés, blancs ou noirs
Ne doivent point être pris pour référence
Cependant, sans utiliser les expédients (S. upāya)[1]
La lucidité ne se manifestera pas
Sans travail dans les champs au préalable
Point de récolte, c'est la même chose
Si le sens de la perfection de la lucidité
N'est pas pratiqué de façon définitive
La pratique de la générosité, des entrainements, de la patience,
De l'effort énergique et de la concentration
Laissée (T. stor ba) à la gouverne (T. sna dbyug) d'un aveugle
Comment trouvera-t-elle la bonne direction ?
Le sens de la perfection de la lucidité [note dans le manuscrit : - celle-ci n'est pas l'ordinaire -]
Ne se trouve pas ailleurs, il est en soi
Il n'est pas avéré dans des étants et des caractéristiques
Sa nature à pour réalité la Lumière rayonnante universelle
A l'abri de tout engagement mental
Les remémorations et les constructions mentales disparaissent d'elles-mêmes
C'est ainsi que l'on développe le souvenir du Buddha.
Les dieux et démons, à l'extérieur et à l'intérieur, l'Errance et la Quiétude,
Les apparences et la vacuité etc.
L'absence de ces apparences dualistes est [déjà] la Pensée du Buddha
Qu'il ne faut pas méprendre ni manipuler
[La Pensée du Buddha] est comme l'élément de l'éther
[Aussi,] le meilleur des thérapies (S. upāya)
Est de mélanger l'élément [mental][2] et l'Intelligence
Aux moments où l'élément [mental] et l'Intelligence sont mélangés
Tout rejet ou accueil d'étants (S. bhāva) ou de caractéristiques (S. nimitta)
Et toute objectivation (S. ālambana) disparaissent d'eux-mêmes
C'est la demeure en la substance des phénomènes (S. dharmatā), libre d'un sujet et d'un objet
Sans manipulation ni du corps ni de l'esprit
Tout ce qui est pénétré par l'espace vide
Est pénétré par l'Intelligence vide
Et laissé dans la vaste étendue universelle
Dès lors, l'Intelligence n'a plus de fondement
Dans l'expérience de l’absence [de fondement de l'Intelligence]
Ni dans les cinq organes sensoriels, ni dans les objets sensibles
Nulle part l'Intelligence ne se fixe
Dans des abris d'ardoise (T. g.ya'), les charniers, les endroits effrayants
Dans les villages et les grandes villes
Dans les grottes ou les grottes isolées
Développe [partout] la non-dualité
Le sens de la non-production (S. anutpada) révélée par le guide
Doit être pratiqué dans les quatre types d'activité (P. iriyāpatha)
Celui qui, en pratiquant de la sorte,
S'entraîne en la perfection/les perfections
Et accède à la vacuité des phénomènes
Ne trouvera pas d'obstacles sur son chemin
Comment dans la vacuité, la vacuité
Pourrait-elle perdre ou trouver quoi que ce soit ?
En accédant à réalité de la substance des phénomènes (S. dharmatā)
Tous les signes et caractéristiques à l'extérieur
[Se manifestant] comme les objets sensoriels, les formes, les sons
les odeurs, les sensations tactiles, tous les phénomènes (sensoriels)
Seront le rayonnement de la vacuité
Intérieurement, toutes les affections, grossières,
Et la saisie d'un sujet et d'un objet, plus subtile, qui se produisent
Se dénouent d'elles-mêmes dans la non dualité au-delà de tout projet et de toute action
Celui qui l'accède ainsi et qui reste dans la substance des phénomènes (S. dharmatā)
Face à tout ce qui dure, surgit et disparaît
C'est comme s'il voyage d'un Eldorado à l'autre
Quand un individu meurt
Il est inutile de bloquer les portes sensorielles, les yeux etc.
De même, quand on coupe la racine du principe conscient (S. cittatva)
On accède à la vacuité des phénomènes
Au moment où le principe conscient (S. cittatva) est déraciné
Les cinq poisons des affections sont déracinés et
Toutes les intentions de pratique de vues extrêmes,
L'espoir et la crainte par rapport aux expériences de l'ascèse
Ainsi que toutes les présomptions sont déracinées également
Voilà la définition de « déracinement »
Le réalisme naïf (S. abhiniveśa) et le couple attirance-aversion constituent le « blocage matériel » (T. thogs pa'i bdud)
Comment peut-on le déraciner ?
Ceux qui ont des expériences [contemplatives] inférieures, intermédiaires et supérieures
Lorsqu'ils restent dans un état sans remémoration
Et qu'il le développent tout en les suivant
En détermineront la nature en les examinant
Tout comme dans une jungle épaisse
Un homme très fort
[Avance] en se servant d'une machette aiguisée
Le fait d'attribuer une réalité à des fantasmes positifs ou négatifs
Est appelé « le blocage immatériel » (T. thogs med bdud)
Laissez descendre la peur dans la peur même, comme
On laisse placer l'aguille de moxibustion dans sa chair
Prenez refuge en les Trois Joyaux
Quand le grand astre (T. skar chen) est entré (T. gzhug) dans la pureté (T. dag tu) après (T. 'og) son coucher[3]
Abstenez-vous de tout penchant envers tout [fantasme] positif ou négatif (T. lha 'dre)
Et fixez la limite de la grande peur (T. gnyan chen)[4]
Le déracinement a réussi (T. chod tshad) quand il n'y a plus d'expériences [contemplatives]
La réussite s'évalue en fonction de la disparition spontanée de tout fantasme (T. cho 'phrul)
Le signe de l'échec (T. ldog) c'est quand on s'enfuie par peur et par aversion
[La résolution de? ] ne pas s'en aller est comme une porte solide
Même si on est effrayé et que l'on a de l'aversion, on ne s'enfuit pas
La suppression (T. log non)[5] est comme un clou
Qu'il faut enfoncer (T. nan tan bya) dans ce blocage (S. māra)
Ce sont des instructions excellentes
Celui qui développe la perfection de la non-dualité
Et qui ne supporte pas les dieux et démons du monde
[S'expose] à leurs manifestations immatérielles diverses
Comme une présence (T. gzi byin) réelle, dans les rêves etc.
Face à celles-ci, la meilleure expérience
Est de rester dans la réalité de la non-dualité
Sinon de les transformer par la méditation
Au pire, en leur laissant son corps en pâture (T. gzan du)
Ensuite, en stabilisant l'Intelligence par la volonté
L'expérience de l'absence [de fondement de l'Intelligence] surgira
Si on va dans un lieu effrayant et qu'une présence (T. gzi byin) négative
Se produit, on sépare le corps physique de l'Intelligence
Alors, ce corps qui est inerte comme une pierre
Ne pourra pas être affecté
L'esprit, qui est dépourvu de tout étant (S. abhāva) comme l'espace
Qui pourra lui faire du mal ?
En réfléchissant de la sorte, on reste dans la substance des phénomènes
Sans panique et sans frayeur
Même quand on pense que les dieux et démons
Vont emporter notre corps inerte
On ne bougera pas de l'endroit où l'on s'est installé
On ne paniquera pas quel que soit la circonstance
Ce sont les constructions mentales produites qui constituent le [véritable] obstacle (S. māra)
Mais celles-ci ont leur origine en notre propre esprit
Cependant dans l'esprit il ne peut être avéré
Le moindre lieu de production ou de dissolution
[L’esprit] libre, aucun Buddha n'apparaît
Et tout en étant dans la méprise, [l'esprit] ne peut pas se perdre dans l'existence
Il est vierge de tout acte positif ou négatif
Vierge et libre depuis l'origine, il est le Buddha
[Toutefois] ce serait une erreur de ne pas éviter les actes négatifs
La croyance (T. zhen) en les religions (S. siddhānta) est un facteur obnubilateur (S. āvaraṇa)
Car la non-dualité est l'état fondamental déjà libre
C'est à partir de la substance des phénomènes (S. dharmatā) que l'on prend refuge,
Que l'on développe la pensée de l'éveil et que l'on lance des requêtes (S. adhyeṣaṇā)
Si l'on est confronté à des obstacles
On va dans un endroit effrayant et l'on développe la non-dualité
Si l'on veut aider les autres
On développe au préalable la compassion
Tout en comprenant que soi-même, le malade, le blocage (T. gdon = cause de la maladie) et la maladie
Sont tous vides [d'essence]
On reste en (T. bsgom) la vacuité tout en (T. zhing) manipulant (T. bya) les objets rituels (T. phyag cha)
En visant la tête on fait se coucher [le malade]
Si cela ne l'apaise[6] pas
Dans un lieu effrayant, on prend refuge et on développe la pensée de l'éveil
Tout en restant dans l'absence d'extrêmes, on enjambe [le corps] par trois fois
Puis avec un maṇḍala, un bout de bois et
Des cailloux on lui donne une bénédiction
Cela rappellera les dieux célestes à leur serment
Et conjuguera les nāgā souterrains
Les nāgā accompliront alors tout ce que l'on leur ordonne de faire
Les dieux nous aideront de leurs endroits respectifs
Les nāga seront à notre service
Les lamas, les yidams, les ḍākinī,
Et les protecteurs nous aimeront comme leur enfant
En faisant des offrandes aux māra matériels
On ne prendra plus les apparences pour des ennemis
En faisant des offrandes aux māra immatériels
On rappelle les yakṣa masculins et féminins à leur serment
Ce type d'instructions accessoires
Ont été données en grand nombre.

Le grand recueil de versets canoniques des « Instructions de la suprême perfection de la lucidité » a été composé par Āryadeva le brahmane. Il a été traduit en personne (T. rang) par le pandit indien Dampa Rinpoché, puis reçu et édité par Zhama lotsāva au milieu de la foule des habitants de Dingri.


 Notes du texte :

[1] Ici, les cinq autres perfections.
[2] L’élément mental (S. dhātu), qui n’est autre que la nature de bouddha.
[3] voir commentaire de Maitrīpa. C’est le soleil de la remémoration qui se couche.
[4] Généralement, « grand » implique un dépassement du sujet et de l’objet dans la non-dualité.
[5] Ce terme se trouve aussi dans L'exercice spirituel pour niveler les concepts (T. blo sbyong rtog pa 'bur 'joms). Il s’agit d’antidotes ;: Les conditions adverses sont tes instructeurs/ Les discordances des émanations du Victorieux/ Les maladies balaient les traces de la négativité/ Les peines sont l'expression continue du réel
[6] Le terme guérir n’est pas utilisé pour les souffrances d’ordre psychique ou psychosomatique.




Texte tibétain Wylie :


'phags pa shes rab kyi pha rol tu phyin pa'i man ngag ces bya ba/

rgya gar skad du/_A pradz+nyA par mita u pa de sha nA ma/
bod skad du/_'phags pa shes rab kyi pha rol tu phyin pa'i man ngag ces bya ba/

sangs rgyas dang byang chub sems dpa' thams cad la phyag 'tshal lo//

rtogs pa'i nyi zlas ma rig log rtog bcom
thugs rje'i rlan gyis 'gro ba smin mdzad pa'i
don gnyis mthar phyin smra ba'i seng ge la
lus dang ngag yid dang zhing mos pas 'dud
brjod bya'i snying po rtsa ba dang bral ba
gnyis med shes rab pha rol phyin pa'i don
rtag chad la sogs dmigs pa'i mthar grol ba
ci nus par ni 'gro la phan phyir bshad
bca' gzhi gsum gyis bka' yi thog tu bzhag
bcos bslad med par rig pa ngos bzung ngo
'khor 'das gnyis kyi rtsa bar gyur pa'i sems
de la rgyu rkyen gang yang ma grub bo
skye med gcig chod rang bzhin stong pa nyid
de ltar rtogs na sdong po rtsad bcad bzhin
rtogs pa'i yal ga nam yang skye mi 'gyur
dngos dang dngos med blo la snang ba yi
rgya chen mchod pas bla ma dkon mchog mchod
phyag dang mchod pa phul nas ni
gus pas skyabs 'gro sems bskyed blang
blangs pa'i bslab bya mig bzhin bsrung
byang chub sems dpa'i bslab bya ni
srog gi phyir yang spang mi bya
bslab bya bsrung la brtson par bya
srog gcod la sogs mi dge bcu
bdag spang gzhan yang de la bskul
srog gcod spang ba de dag gi
mthun 'gyur legs par brjod par bya
mi dge bcu po spangs tsam gyis
lam mchog rnyed par mi 'gyur te
pha rol phyin pa drug la ni
bdag spyod gzhan yang de la bskul
pha rol phyin pa drug po yi
mthun 'gyur legs par brjod par bya
pha rol phyin drug la sogs pa
dge ba'i las la spyad gyur pa'i
rloms sems skyes pa de las ldog
gnyis med pha rol phyin pa'i don
dge sdig blang dor re dogs kyi
mtha' dang bral bar ma rtogs na
'dus byas dge ba byas gyur kyang
tshe 'di nyid la grol mi 'gyur
des na 'dus byas 'dus ma byas
dkar dang gnag pa'i chos rnams kun
rdul tsam dmigs par mi 'gyur ro/
'on kyang thabs la ma brten pa'i
shes rab mngon du mi 'gyur ro
so nam sngon du ma song ba'i
lo thog mi 'byung ba dang mtshungs
shes rab pha rol phyin pa yi
don la nges par ma spyod na
sbyin dang tshul khrims bzod pa dang
brtson 'grus bsam gtan spyad gyur kyang
long bas sna dbyug stor ba yis
lam rgyus rnyed par ga la 'gyur
shes rab pha rol phyin pa'i don
gzhan nas mi tshol rang la yod
dngos dang mtshan mar ma grub pa'i
rang bzhin 'od gsal chen po' don
yid la byed pa kun dang bral
dran rtog rang bzhin gyis sangs pa'i
sangs rgyas rjes su dran pa bsgom
'di dkyus su med
phyi nang lha 'dre 'khor dang 'das
snang dang stong pa la sogs pa
gnyis snang bral ba sangs rgyas kyi
dgongs ba ma nor ma bcos pa
dper na nam mkha'i dbyings dang mtshungs
thabs kyi mchog tu gyur pa ni
dbyings dang rig pa bsre bar bya
dbyings rig 'dres pa'i dus dag tu
dngos dang mtshan ma dgag sgrub dang
dmigs par 'dzin pa rang sangs te
gzung dang 'dzin pa gnyis bral ba'i
chos nyid don la gnas pa'o/
de ltar lus sems ma bcos pa
nam mkha' stong pas gar khyab pa
rig pa stong pas khyab par ni
rgya bskyed khyab bdal chen por bzhag
de tshe rig pa gzhi rtsa bral
bral bar nyams su myang ba ni
dbang po lnga dang phyi rol yul
rig pa gang du'ang mi gnas so/
g.ya' khang dur khrod gnyan sa dang
grong dang grong khyer chen po dang
phug pa dben phug gnas dag tu
gnyis su med par bsgom par bya
bla mas bstan pa'i skye med don
spyod lam rnam bzhir nyams su blang
de ltar nyams su len pa la
pha rol phyin pa'i byin rlabs dang
chos rnams stong par rtogs pa des
bar chad 'byung bar mi 'gyur te
stong pa nyid la stong nyid kyis
glags rnyed pa lta ga la srid
chos nyid stong pa'i don rtogs na
rtags sam mtshan ma phyi rol tu
sgo lnga'i yul du gzugs dang sgra
dri ro reg bya ma lus pa
stong pa nyid du rab gsal te
nang du nyon mongs rags pa dang
gzung 'dzin phra mo skyes gyur kyang
gnyis med rang grol rtsis las 'das
de ltar rtogs na chos nyid la
gnas shar grol bar gyur pa ste
gser gling dag tu phyin dang mtshungs
skyes bu'i srog rtsa bcad gyur na
mig la sogs pa dbang po yi
chod du sgo ni dgag mi dgos
de bzhin sems nyid rtsad bcad na
chos rnams stong par rtogs par 'gyur
sems nyid rtsa ba gcod pa dang
nyon mongs dug lnga gcod pa dang
lta mtha' sgom pa'i 'du byed dang
spyod pa nyams nga re dogs dang
snyems byed thams cad gcod pa'i phyir
nges pa'i tshig tu gcod ces bya
mngon zhen chags sdang thogs pa'i 'dud
de la ci ltar bcad zhe na
nyams can rab 'bring tha ma yis
dran med ngang du bzhag pa dang
de la gtad de sgom pa dang
brtag cing dpyad la gtan la dbab
dper na nags tshal 'thug po dang
stobs dang ldan pa'i skyes bu dang
s+t+wa gri rnon po ji bzhin no/
lha 'dre'i cho 'phrul snyems byed cing
thogs med bdud ces bya ba ni
gnyan thog gnyan dbab sha thog tu
me btsa' a na tshugs su bzhag
dkon mchog gsum la skyabs su 'gro
skar chen thims 'og dag tu gzhug
lha 'dre gnyis la nye ring spang
gnyan chen mtha' la gtad par bya
gcod ni chong tshad nyams dang bral
tshar tshad cho 'phrul rang zhi ba
ldog tshad skrag cing sdangs nas 'bros
mi ldog sgo gtan lta bu ni
skrag cing sdangs kyang mi 'bros so/
log non gzer bu lta bu ni
bdud de de la nan tan bya
de ni man ngag dam pa'o/
gnyis med pha rol phyin bsgom pa
'jig rten lha 'dres ma bzod nas
cho 'phrul rnam pa sna tshogs pa
mngon sum gzi byin rmi lam sogs
de dag kun la nyams rab kyis
gnyis su med pa'i don la bzhag
'bring gis de la gtad de sgom
tha mas phung po gzan du bskyur
de rjes rig pa blo rten dang
bral ba'i nyams ni skye bar 'gyur
gnyan sar phyin nas lha 'dre yi
gzi byin byung na bem rig phral
lus 'di bem po rdo ba 'dra
de la gnod par mi 'gyur ro/
sems ni dngos med nam mkha' 'dra
de ni sus gnod su la gnod
de ltar bsam ste chos nyid la
nyam nga bag tsha med par bzhag lha 'dres rang lus bem po 'di
khyer nas song ba snyams byed kyang
sngar gyi sa las mi 'gul bas
gang la'ang nyam nga mi bya'o/
rnam par rtog pa gang skyes bdud
de ni rang gi sems las byung
sems la byung sa gnas su dang
'gro sa grub pa rdul tsam med
grol nas sangs rgyas 'byung mi 'gyur
'khrul nas 'khor bar 'khyams mi srid
dge sdig las kun rnam par dag_/
ye dag ye grol ye sangs rgyas
sdig la mi 'dzem gol sa yin
grub pa'i mtha' zhen sgrib pa yin
gnyis med rang grol gnas lugs yin
chos nyid ngang las skyabs 'gro dang
sems bskyed gsol ba gdab par bya
rang la bar chad byung ba na
gnyan sar phyin la gnyis med bsgom
sems can gzhan la phan 'dogs na
snying rje sngon du 'gro ba yis
bdag dang nad pa gdon dang nad
thams cad stong par shes byas la
phyag chags bya zhing stong nyid bsgom
mgo bo gtad la nyal par bya
des kyang zhi bar ma gyur na
gnyan sar skyabs 'gro sems bskyed bya
lan gsum 'gong la mtha' bral bsgom
maN+Dal bcas la shing bu dang
rdil bus byin rlabs byas la bskur
steng gi lha rnams dam la thogs/
'og gi klu rnams zil gyis gnon
klu la gang bcol las kun 'grub
lha rnams rang sa nas grogs byed
klu rnams ma lus bran du khol
bla ma yi dam mkha' 'gro dang
chos skyong rnams kyis bu ltar 'tsho
thogs bcas bdud la chod pas ni
snang ba dgrar ni lang mi 'gyur
thogs med bdud la chod pas ni
gnod sbyin pho mo dam la thogs
de la sogs pa'i yan lag ni
dpag tu med pa 'byung bar gsungs

shes rab kyi pha rol tu phyin pa'i man ngag gi gzhung tshigs bcad chen mo zhes bya ba bram ze A de bas mdzad pa rdzogs sorgya gar gyi paN+Di ta dam pa rin po ches sgra rang 'gyur du bsgyur ba las/_zhwa ma lo tsA bas ding ri mkhan pa'i khrod du zhus te gtan la phab pa'o//




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