jeudi 14 mai 2026

Le petit pas en arrière du néophyte éternel

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Dans sa mémoire[1] sur lĀdikarmapradīpa Bodhicaryāvatāraṭīkā, Louis de la Vallée Poussin (LVP, qui ne manque jamais de m'impressionner) met ce Manuel du néophyte (s. ādikarmika t. las dang po pa) au regard du Pañcakrama (un traité sur le yoga suprême du Guhyasamāja Tantra attribué à Ācārya Nāgārjuna). Il y explique dans l’avant-propos :
“Le Bouddhisme est une des formes de l'Hindouisme, en tout point comparable aux religions populaires ou savantes organisées sous l'égide des Brahmanes, sous le patronage de Véda.” (LVP, 1896)
On y apprend qu’un bodhisattva, tāntrika ou non, restera un néophyte jusqu’à sa sortie de la vérité conventionnelle. Plus précisément, tant qu'il évolue encore dans le stade de génération (s. utpattikrama) et traverse les trois premières vacuités (śūnya, atiśūnya, mahāśūnya). Celles-ci, bien qu'étant des réalisations contemplatives importantes, appartiennent encore au domaine de la vérité conventionnelle et des apparences conceptuelles. Le stade de génération est celui du “corps illusoire”, le corps subtil primordial composé de pensée et de souffles subtils[2], qui est imaginé comme le corps de la divinité de choix (s. iṣṭa-devatā t. yi dam), pour faire cesser les apparences ordinaires, ou plutôt les transformer en apparences pures.

Le futur Bouddha corrigé par les Jinas

C’est seulement quand le néophyte aborde le stade d’achèvement (s. niṣpannayoga/utpannakrama t. rdzogs rim), ou à la huitième bhūmi, qu’il cesse d’être un néophyte. Le Traité des cinq stades (s. Pañcakrama) raconte dans le chapitre 2 comment le futur Bouddha pensait être déjà arrivé au bout en atteignant la dernière des trois premières vacuités, à savoir la grande vacuité (s. mahāśūnya).

Il y a quatre vacuités, parce qu'elles reflèteraient très exactement les quatre phases physiologiques et mentales de la dissolution des quatre éléments (la terre se résorbe dans l'eau, l'eau dans le feu, le feu dans l'air, et l'air dans la conscience). Les arhats semblaient déjà posséder la science pour dissoudre la matérialité de leur corps dans le feu, mais, pour le bouddhisme ésotérique, cela ne suffit pas pour devenir un parfait Bouddha. Ces quatre vacuités correspondent à quatre “lumières”, plus précisément trois apparences lumineuses (s. ābhāsa t. snang ba) de différentes couleurs, se manifestant au fur et à mesure du processus de dissolution, qui serait le même qu’au moment de la mort, puis la vraie Lumière, dite la “Claire Lumière”.

S'imaginant à tort pouvoir atteindre l'état de Bouddha par cette seule grande vacuité, Śākyamuni s'était assis en samādhi sur les rives de la rivière Nairañjanā. Les Vainqueurs célestes (s. jina) l'ont alors tiré de cet état pour le corriger, lui révélant que sa méditation n'était pas pure et ne le mènerait pas à l'ultime accomplissement.
“Cette méditation est impure, elle n'apporte pas le résultat escompté
C'est sur le Prabhāsvara [qu'il faut] s'appuyer, suprême comme la voûte céleste[3].” (Pañcakrama 2:60)
Ils lui ont intimé de se concentrer sur l'étape suprême de la Claire lumière (s. prabhāsvara), aussi appelée la vacuité totale (s. sarvaśūnya), la condition sine qua non pour réaliser le corps de diamant (s. vajrakāya c. jingang shen, chapitre 5 du Mahāparinirvāṇa Sūtra).

Autodivinisation et alchimie lumineuse

Le Prabhāsvara est l'état dans lequel tous les phénomènes et les objets de perception finissent par se résorber et se dissoudre totalement[4]. Il doit être appréhendé comme une réalité Lumineuse absolue semblable à l'espace infini de la voûte céleste (s. prabhāsvaraṃ [...] ākāśatalavat param). Le Pañcakrama explique que le yogin peut alors voir instantanément le passé, le futur, le présent, ainsi que les trois mondes[5]. Dans ce stade ultime, le yogin peut prendre la forme qu'il désire. Il obtient la souveraineté absolue (s. sarvaiśvarya) et se réjouit dans la perfection de son corps de diamant (s. vajrakāye pramodase)[6].

Le Pañcakrama enseigne que la réalité illusoire du monde trouve sa cause initiale (s. hetuḥ) dans ce Prabhāsvara[7], et que c'est en suivant graduellement la pratique de la consécration de soi (s. svādhiṣṭhāna) que le yogin finit par regagner cet état divin origine[8]. Grâce à sa pratique parfaite, il en vient à voir son propre soi (s. Ātman) accompli comme étant l'essence (ou constitué) de tous les Bouddhas[9]).

Par regroupement de thèmes et terminologie, on pourrait déduire que la sphère Lumineuse, d’où se manifestent les Vainqueurs lumineux (s. jina), les Bouddhas éternels, et vers laquelle ils guident le futur Parfait Bouddha complet, est divine. Au sens où l’entend Ratnākaraśānti quand il s’exprime sur la nécessité de la pratique des divinitéspour obtenir très rapidement l'Éveil parfait et insurpassable[10]. Cet Éveil Prémium Plus est ce que propose le bouddhisme ésotérique. Par des théories et des pratiques alchimiques internes qui n’ont par ailleurs rien à envier à l’ésotérisme occidental. Voyons p.e. Philippus Aureolus Theophrastus Bombastus von Hohenheim, mieux connu sous le nom Paracelse :
"Toutes les choses créées dont la nature est périssable ont une origine commune dans laquelle elles ont été déterminées. Elles sont saisies et contenues entre les éthers. Il faut comprendre que toutes les créatures proviennent d’une matière unique et que chacune, en conséquence, n’a pas sa matière spécifique. Cette matière, c’est le Mysterium Magnum. Elle échappe à toute investigation, ne repose sur aucune essence et n’est pas non plus formée d’une image. Elle n’a pas d’attribut propre et de même elle est sans couleur et sans nature élémentaire. Aussi loin que s’étend l’éther, aussi loin s’étend le cercle du Mysterium Magnum. Ce Mysterium Magnum est une mère pour tous les éléments et une grand-mère pour toutes les étoiles, les arbres et les créatures de chair. Et de même que les enfants naissent d’une mère, ainsi, du Mysterium Magnum, sont nées toutes les créatures, les sensibles, les insensibles et toutes celles qui appartiennent au même ordre. Le Mysterium Magnum est une mère unique pour toutes les choses mortelles, lesquelles ont pris leur origine en lui et non ailleurs, dans une unique création, une substance, une matière, une forme, une essence, une nature et une inclination données." Extrait d'Archidoxes de Théophraste[11].
La pratique des divinités en soi ne suffit pas, si elle n’est pas accompagnée du Grand Oeuvre alchimique ultime, le Niṣpannayoga (l'accomplissement ultime, chapitre 5).

Le “Mysterium Magnum” de Paracelse est comme la Māyā, que l’on peut subir (par le non-savoir avidyā) ou que l’on peut utiliser grâce au “savoir” (vidyā). Pour ne plus en être captif, le yogin doit s'élever au-delà des apparences ordinaires. Il réalise alors que tout ce qui est perçu par ses sens est par nature illusoire (māyā). Au lieu de simplement visualiser une divinité en s'appuyant sur son vieux corps grossier, il perçoit son propre corps subtil accompli comme étant l'essence même de tous les Bouddhas. En unissant finalement ce corps illusoire purifié (la vérité conventionnelle) à la claire lumière (la vérité absolue) sans aucune dualité, il obtient le corps de diamant (vajrakāya) et devient un parfait Bouddha Prémium Plus.
“Le mysticisme qui forme le fond des croyances et des cérémonies çaktas, a été organisé parallèlement par les bouddhistes et les brahmanes ; il se prêtait à une adaptation dualistique, car il repose en définitive sur les idées que les mythologues discernent dans le culte préhistorique du couple suprême, générateur et matrice des formes. Reprenant la thèse des Upanişads dualistes qui mettent surtout en œuvre des abstractions, les brahmanes ont constitué la théologie du Çivaïsme, théologie dominée par le dogme du retour final à l'unité, par le concept de la prakṛti, mère et épouse de Çiva; ils ont identifié les diverses manifestations du dieu et de la déesse.” (LVP, 1896)
La déesse, la mère “Mysterium Magnum”

Dans la perspective des yogatantras supérieurs, par la méthode suivie, et la méthode enseignée aux adeptes śrāvaka et mahāyānika, Śākyamuni avait atteint la limite de la sphère naturelle (s. bhūtakoṭi), mais sans dépasser cette limite pour atteindre la réalité lumineuse. Les Vainqueurs célestes (s. jina) l’avaient guidé à partir de la sphère de la Claire lumière (s. prabhāsvara) invisible. Ce passage est uniquement possible par les consécrations supérieures que le yogin devient un véritable Vajrayogin. Les initiations ou abhiṣeka, semblables à l'initiation de sagesse que, selon le Pañcakrama, le Bouddha avait reçue des Jinas. Notamment par l'initiation secrète (guhyābhiṣeka) et l'accomplissement du corps illusoire. C’était à la tombée de la nuit (au crépuscule) que le futur Bouddha/yogin reçoit la deuxième grande initiation, l'initiation secrète. Ce rite, appelé vajrābhiṣeka ou guhyābhiṣeka, a pour fonction de communiquer au yogin la Bodhicitta sous son expression la plus élevée, le vajra-jñāna (la gnose adamantine), qui le consacre en tant que Vajrasattva. Il n'est plus un simple adorateur humain : il devient ontologiquement l'incarnation du principe masculin absolu, prêt à assumer son rôle cosmique.

C'est grâce à cette initiation que le futur Bouddha/yogin peut actualiser le véritable corps illusoire fait d'énergies subtiles. Il est prêt pour passer la limite de la sphère lumineuse. De la même manière que le shivaïsme a érigé la théologie de Śiva s'unissant à la Prakṛti (sa mère/épouse et énergie), le bouddhisme tantrique a élaboré une mystique où le Bouddha (Vajrasattva) s'unit organiquement à son épouse divine. Au milieu de la nuit le futur Bouddha/ yogin reçoit la troisième initiation, l'initiation de la connaissance de la Gnose (s. prajñājñānābhiṣeka). Lorsque le vajrayogin, consacré en Vajrasattva, s'unit à la Déesse primordiale (que ce soit spirituellement ou via une parèdre humaine purifiée), cet embrassement sublime (s. āliṅgana) réalise la grande béatitude (s. mahāsukha).
“De même que Çiva organiquement uni à son épouse, Bouddha (vajra-sattva) repose dans le bhaga mystérieux des Bhagavatis ; cet embrassement sublime (āliṅgana), essentiel au corps de diamant, réalise le mahāsukha et dans le mahāsukha la Saribodhi parfaite. Bouddha est inséparable de Tārā: par l'extase dont elle est le principe et par la puissance créatrice (çakti) dont elle est l'organe, le dieu se trouve en possession du buddhatva. C'est par l'amour et en vue de l'amour que le monde se dédouble, c'est dans l'amour qu'il retrouve son unité première et sa non-différentiation éternelle.”
A cette théorie de l'essence (svabhāva) de Bouddha correspond la pratique du futur Bouddha. L'ascète doit, dans des conditions strictement déterminées, jouir par le "maithuna de la surati" (≈ mahāsukha), décalque, symbole du bonheur idéal de Bouddha. Par l'amour, il conquiert la Bodhi que les autres procédés, non harmonisés à la nature du Vajrasattva, sont impuissants à manifester. Préparé à l'accomplissement du rite par la méditation et les cérémonies qui le rendent possible et fructueux, il considère la yoginī, sa compagne et son amante, sous le nom d'une Bhagavatī quelconque, comme le substitut et l'essence même de Tārā, source unique de joie et de repos. L'amante synthétise toute la nature féminine, elle est la mère, la sœur, l'épouse, la fille ; dans sa voix qui réclame l'amour, l'officiant reconnaît la voix des Bhagavatīs qui supplient le Vajradhara, le Vajrasattva. Tel est pour les écoles tāntrikas, çaivas et bauddhas, le chemin du salut, de la Bodhi.” (LVP, 1896)

Pour illustrer la Claire lumière, le maître vajrācārya confère cette initiation en s'appuyant sur l'union avec avec une partenaire réelle, la karmamudrā (ou consort rituel). Cette union rituelle n'a pas une finalité charnelle, mais est une alchimie interne stricte[12]. Elle provoque la fonte de la goutte subtile et la résorption des souffles dans le canal central. Le yogin traverse alors rapidement les trois premières vacuités (les trois apparences conceptuelles) jusqu'à ce que la plus infime dualité disparaisse, révélant de manière fulgurante la Claire lumière ultime unie à la grande béatitude innée (s. sahajānanda).

La quatrième initiation et le stade de l'Union (Yuganaddha)

Enfin, à l'apparition de l'aube, le futur Bouddha/yogin reçoit la quatrième initiation (dite de la parole ou de transmission). Le vajrācārya transmet les instructions définitives sur la façon de méditer et de stabiliser cette Claire lumière de manière continue. L'intégration est alors totale : le corps illusoire pur (formé à la deuxième initiation) et la claire lumière (réalisée à la troisième) s'unissent pour former le corps de diamant (vajrakāya). Par cette séquence de rites et d'initiations accomplie, métaphoriquement ou littéralement, en une seule nuit, le Bouddha acheva le stade de l'Union (s. yuganaddha t. zung ‘jug) de non-retour (s. aśaikṣa), s'affranchit du cycle des existences et s'accomplit en tant que parfait Bouddha omniscient (Vajrayogin).

Voilà le point de vue ésotérique, qui introduit une Lumière divine, indispensable pour devenir un parfait Bouddha. C’est pour cette raison que ni les śrāvakas ni les mahāyānika peuvent, par leurs méthodes respectives, atteindre le parfait Éveil Prémium Plus. Pour atteindre celui-ci, il faut nécessairement passer, non seulement par le bouddhisme ésotérique, mais encore par les méthodes des yogatantras supérieurs, suivant les instructions d’un Guru vajrācārya.

Nous avons vu le Bouddha hésiter au début de sa carrière (Gārava Sutta SN 6.2), nous l’avons vu changer d’avis sur le non-soi et le Soi, enseigner une essence de Bouddha (s. buddhadhātu), un Embryon lumineux (s. tathāgatagarbha), un proto-corps adamantin (MPS), puis inaugurer une nouvelle sphère adamantine lumineuse (ou divine), seulement accessible aux vajrayogins ésotériques initiés. Pas déveil complet sans les divinités avait déclaré Ratnākaraśānti. Il faut avouer que les śrāvakas et les mādhyamika n’en faisaient pas grand cas. Les dieux étaient bien présents, mais ne jouaient pas de rôle essentiel. Ils étaient au fond des agents intermédiaires de la Māyā. Nous avons vu aussi un Nāgārjuna (à la longévité inédite) changer d’avis à plusieurs reprises, il faut bien vivre avec son temps et suivre les lubies à la mode.

Coitus interruptus sotériologique

Le bouddhisme ésotérique a cependant aussi connu des moments de simplification suite à des climaxes de complexité, et des réinterprétations “à reculons”, à l’instar de tendances Rājayoga suite au Haṭhayoga. Le Rājayoga clame être le yoga royal, le roi des yogas, le plus simple et le plus efficace. Dit de façon ironique :
“16. Innombrables, ô Sage, sont les guru qui s’adonnent au Kula-âcâra. Il est difficile de trouver un seul guru qui soit dépourvu de Kula-âcâra.” Amanaska, seconde partie (Michaël, 1992).
Dans Le Yoga de l’éveil, Tara Michaël distingue trois voies : la voie de l’action (karma-mārga), la voie du Yoga, et la voie de la connaissance (jñāna-mārga)[13]. Gampopa parlait également de trois types de voies[14], avec la voie de la connaissance comme voie éminente. Face à cette complexité architecturale du yoga suprême et à l'accumulation de techniques de plus en plus ésotériques, des réactions de "retour à l'essentiel" semblent s'être opérées au sein même de la tradition. Le Tattvadaśakaṭīkā (t. De kho na nyid bcu pa'i rgya cher 'grel pa) de Sahajavajra semble aussi proposer une voie de simplification, une sorte de "voie du milieu" entre la rigueur des Paramitā et la profondeur des Mantras. En refusant de faire "tout le chemin" ésotérique, il redonne ses lettres de noblesse à une pratique qui accepte ses limites conventionnelles. Un enseignement provisoire, habile ? Certes, mais tous les enseignements attribués au Bouddha sont censés l’être. Le “Seigneur du monde”, (lokanātha) adapte ses instructions aux dispositions (s. āśaya) de son auditoire (et de son époque ?), reconnaissant que toute doctrine menant à la délivrance est valide sur le plan conventionnel, bien qu'aucune ne soit ultimement vraie du point de vue de la vérité absolue (s. paramārthasatyataḥ)[15].

J’aime l’idée de bouddhistes qui resteront des néophytes (s. ādikarmika) jusqu’à leur mort, voire au-delà. Sans passer du côté d'une "Lumière" au-delà de la vérité conventionnelle et des lumières naturelles, sans pour autant passer du côté obscur… Ce n’est pas l’offre du choix qui manque dans le bouddhisme. Tant pis pour les super pouvoirs et les packages aux options alléchantes. A quoi bon d’ailleurs, si l’on ne peut même pas les utiliser (Kevatta Sutta), et gagner des millions de likes.

A suivre...
***

Louis de la Vallée Poussin

[1]
Bouddhisme. Études et matériaux. Ādikarmapradīpa Bodhicaryāvatāraṭīkā, Louis de la Vallée Poussin. Mémoires de l'Académie royale de Belgique Année 1896 55 pp. 1-417

[2]Teaching that all beings are merely bodies formed from wind and mind means that because the primordial body that acts as a basis of designation for “sentient beings” is just a body of wind and mind, there is therefore no primordial body beyond that.” A Lamp to Illuminate the Five Stages, Tsongkhapa, translated by Gavin Kilty, The Library of Tibetan Classics, Wisdom Publications, 2013, p. 390

[3] aviśuddhamidaṃ dhyānaṃ na caitadiṣṭakāvaham|
prabhāsvaraṃ ātu ālambyamākāśatalavat param||2.60||

[4] nirviśya viṣayān kṛtsnān praviśanti prabhāsvaram|
eṣāṃ svabhāvābijñānadajñānapaṭalāvṛtāḥ||2.43||

[5] atha paśyati tadvayaktaṃ gurupādaprasādataḥ|
anāgatamatītaṃ ca vartamānaṃ bhavatrayam||2.65||

[6] prabhāsvarapade prāpte svecchārūpastu jāyase|
savaiśvaryaṃ tathā prāpya vajrakāye pramodase||2.61||

[7] asvatantraṃ jagat sarvaṃ svatantraṃ naiva jāyate|
hetuḥ prabhāsvaraṃ tasya sarvaśūnyaṃ prabhāsvaram||3. 15||Chapitre 3 consacré au Svādhiṣṭhānakrama (le degré de la consécration de soi).

[8] svādhiṣṭhānānupūrveṇa prāpyate hi prabhāsvaram|
tasmād vajraguruḥ pūrvaṃ svādhiṣṭhānaṃ pradarśayet||3.14||

[9] sarvatra sarvataḥ sarvaṃ sarvathā sarvadā svayam|
sarvabuddhamayaṃ siddhaṃ svamātmānaṃ sa paśyati||3.37||

[10]Madhyamakanising” Tantric Yogācāra: The Reuse of Ratnākaraśānti’s Explanation of maṇḍala Visualisation in the Works of Śūnyasamādhivajra, Abhayākaragupta and Tsong Kha Pa, Daisy S. Y. Cheung.

[11] Paracelse, Archidoxes de Théophraste, traduction Charles Le Brun et Ruth Klemm, Dervy, 2006

[12] Le commentaire de Tsongkhapa précise bien que l'union avec la karmamudrā est une méthode qualifiée de prāṇāyāma (contrôle des souffles) extérieur, dont l'unique but est de faire entrer les vents dans la dhūtī (le canal central) pour faire fondre la bodhicitta. Gavin Kilty (2013),

[13] Qui correspondent aux darṣanas du Mīmāṃsā, du Yoga et du Vedānta.

[14] Extrait du Manuel des instructions essentielles du Grand Sceau
“Il y a trois types de voies :
La voie de l'inférence (rjes dpag lam, anumāna-mārga)
La voie du support (byin rlabs lam, ādhiṣṭhāna-mārga)
La voie de la perception directe (mngon sum lam, pratyakṣa-mārga)

La voie (t. lam du byed pa) de l'inférence consiste à examiner tous les phénomènes à travers la logique de l'un et du multiple, puis à les établir comme étant vides.

La voie du support surnaturel (s. ādhiṣṭhāna) repose sur des pratiques comme la génération de la divinité, le yoga du canal central, des bindu et des mantras, qui sont imprégnées de support surnaturel.

La voie de la perception directe (s. pratyakṣa) est lorsqu'un maître réalisé enseigne directement que la nature de la pensée immanente (s. lhan cig skyes pa, sahaja) est “la lumière du dharmakāya” (t. chos kyi sku 'od gsal bya ba), et que l'on intègre la perception directe sans se séparer de la vue, l’observation et la méditation (t. lta spyod sgom gsum).” 
Extrait du Manuel des instructions essentielles du Grand Sceau (snying po don gyi gdams pa phyag rgya chen po'i 'bum tig), contenu dans Les enseignements du Vénérable Gampopa (chos rje dwags po lha rje'i gsung/ gsung thor bu/ bsod nams rin chen).

[15] Deśanā lokanāthānāṃ sattvāśayavaśānugāḥ, attribué au Bodhicittavivaraṇa de Pseudo-Nāgārjuna

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