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dimanche 11 octobre 2026

Le triple corps du roi pour sacraliser la royauté

Songtsen Gampo tenant la roue du dharma, le lotus d'Avalokiteśvara et 
Amitābha sort sa tête de son turban (détail de HA774) 

La tibétologie s'est développée en Occident dans une proximité très étroite avec les érudits traditionnels en exil (khenpos, geshes, tulkus, rinpoches, ...). Selon la tradition, les rois tibétains étaient très tôt (VIIème s.) convertis au bouddhisme, et agissaient en véritables dharmarajas.

Remettre en cause l'historicité de la conversion de Songtsen Gampo (VIIe s.) par Avalokiteśvara, contester le rôle fondateur de Padmasambhava ou dater le Corpus du Mani (t. Ma ṇi bka' 'bum) du XIIᵉ siècle plutôt que du VIIᵉ siècle est souvent perçu au sein de ces institutions comme une atteinte à la foi ou à l'identité nationale tibétaine. Pourtant, si les travaux de Per K. Sørensen (1994[1]) et de pionniers comme Ariane Macdonald, Hugh Richardson ou Samten Karmay font autorité chez les historiens du Tibet médiéval, une grande partie de la littérature de synthèse continue de répéter la vulgate traditionnelle sans déconstruction critique.

Comme le souligne le tibétologue David Germano (2005[2]), l'un des biais majeurs de la recherche moderne réside dans la tendance à accepter sans examen la parole de la tradition. La littérature des « trésors cachés » (t. gter-ma) a produit un phénomène d'« aplanissement de l'histoire » ("flattening of history"). Plusieurs siècles de débats doctrinaux, de réécritures et d'assimilation culturelle ont été rétrospectivement compressés et attribués à un petit groupe de figures saintes du VIIIᵉ siècle ou aux rois fondateurs.

Les deux corps du roi et la théologie bouddhique

En théologie politique, le roi possède « deux corps » (selon l'analyse d'Ernst Kantorowicz, 1957[3]). D'un côté, un corps natif mortel ("sahaja-kāya"), sujet à l'erreur, à la maladie et au doute, et de l'autre, un corps de fonction immortel, incarnation de la souveraineté. Au XIIᵉ siècle, les idéologues bouddhistes vont transposer ce schéma. Le roi Songtsen Gampo de Yarlung et ses descendants ne sont plus de simples souverains terrestres, mais l'incarnation vivante du Bodhisattva Avalokiteśvara.

Lors de la « seconde diffusion » du bouddhisme (t. Phyi dar, XIᵉ–XIIᵉ siècles), la tradition de l'Ancienne Traduction (t. Snga 'gyur, plus tard appelée Nyingma) affronte une grave crise de légitimité. Les écoles des « Nouvelles Traductions » (t. Gsar-ma, telles que Sakya, Kadam et Kagyü) contestent l'authenticité indienne et la valeur spirituelle des anciens tantras. C'est dans ce climat de compétition intellectuelle que la révélation de trésors cachés (t. gter-ma) s'affirme comme une stratégie religio-politique féconde, permettant aux maîtres Nyingma de réinvestir le passé impérial pour assurer la survie de leur lignée.

Le coup de maître de Nyang-ral Nyi-ma 'od-zer

Ce "grand gter-ston" (gter chen) est peut-être Nyang-ral (détail de HA9)

La figure centrale de cette ingénierie mythologique est le gTer-ston Nyang-ral Nyi-ma 'od-zer (1124/1136-1204). Avec ses révélations majeures, notamment le Zangs-gling-ma (première
hagiographie d'envergure de Padmasambhava) et le Corpus du Mani (t. Ma ṇi bka' 'bum, consacré à Avalokiteśvara), Nyang-ral construit le récit national tibétain qui scelle l'alliance entre le roi Songtsen Gampo (VIIe) et le maître tantrique Padmasambhava (VIIIe).

"Historiquement", Padmasambhava avait été invité un siècle plus tard par le roi Trisong Detsen (r. 755–797), comme le rapporte le Testament de Ba (Sba-bzhed) primitif. Son rôle se limitait alors à soumettre par ses rituels les divinités locales opposées à la construction du monastère de Samye. Il n'était pas encore le « Second Bouddha » universel.

Songtsen Gampo, Amitābha, Avalokiteśvara (détail HA20505)

Nyang-ral accomplit un véritable coup de maître théologique. En 649 apr. J.-C., l'empereur Tang Gaozong avait décerné à Songtsen Gampo le titre impérial de Bao-wang (« Roi Précieux »), une appellation associée en Chine à Amitābha. La réinterprétation bouddhique ultérieure s'appuie sur ce fait pour déclarer le roi émanation d'Avalokiteśvara (lui-même issu d'Amitābha). Nyang-ral théorise ainsi une chaîne d'émanation unifiée :

Dharmakāya : Amitābha
Saṃbhogakāya : Avalokiteśvara
Nirmāṇakāya : Le roi Songtsen Gampo et le maître Padmasambhava.

Trisong Detsen, Padmasambhava (gauche), Śāntarakṣita (droite)
(détail HA93735)

Pour lier indissolublement Songtsen Gampo et son arrière-arrière-arrière-petit-fils[4] Trisong Detsen (VIIIe s.), les récits de gter-ma racontent que Padmasambhava aurait découvert ou béni les testaments attribués à Songtsen Gampo (notamment le bKa'-chems Ka-khol-ma[5] au Jokhang, "le Testament au pilier") attribué au roi Songtsen Gampo), les aurait présentés au roi Trisong Detsen au VIIIᵉ siècle, puis les aurait recachés pour qu'ils soient « redécouverts » au XIIᵉ siècle par les gter-ston (comme gTer-ston dNgos-grub (XIIe), Nyang-ral (XIIe) et Shākya bzang-po XIIe).

La légitimation par le modèle indien

Comme le note Sørensen, en liant l'origine du bouddhisme tibétain au récit du roi "indien" Ja/Dza[6] (figure déjà présente dans le bKa'-chems Ka-khol-ma et le Le Grand récit (t. Lo-rgyus chen-mo XIe s.), les compilateurs offrent au premier contact bouddhique du Tibet un précédent indien parfait. Dans le rGyal-rabs gsal-ba'i me-long (1368), le maître Sakyapa Bla-ma dam-pa bSod-nams rgyal-mtshan intègre ce roi Ja/Dza du Magadha pour introduire le miracle du gNyan-po gsang-ba. Le Grand récit contient la création du peuple tibétain par l'union du Singe et de la Démone des rochers, le mythe de la pluie des sūtras (gNyan-po gsang-ba), la figure du roi indien Ja/Dza, et la déification de Songtsen Gampo en émanation d'Avalokiteśva.

La symétrie est totale. En Inde, le roi Ja/Dza reçoit sur le toit de son palais une pluie de livres tantriques apportés par les ḍākinīs, tandis qu'au Tibet, le roi Lha Tho-tho-ri gnyan-btsan reçoit sur son palais de Yarlung le coffre précieux (Rin po che'i za ma tog) contenant les sūtras et le mantra Mani.

Songtsen Gampo apportait ainsi l'autorité dynastique impériale et le culte d'Avalokiteśvara, Padmasambhava apportait la maîtrise des rituels tantriques, la soumission des esprits du territoire et la légitimation de la Grande Perfection (Dzogchen).

Padmasambhava, Mandarava et Yeshe Tsogyal (1200, detail HA160)

L'injection du Dzogchen dans le Maṇi bka'-'bum

Pour couronner cette construction, le Mani Kabum contient « La Révélation de l'Intention cachée » (dGongs-pa Gab-pa mngon-phyung), un recueil d'enseignements attribué au roi Songtsen Gampo (Sørensen, 1994). Bien qu'il se présente comme le testament oral (zhal-gdams) du roi du VIIᵉ siècle, son contenu emploie le vocabulaire de l'école Nyingma du XIIᵉ siècle :

Il promulgue la tétrade lta sgom spyod 'bras bzhi (Vue, Méditation, Action, Fruit).
Il valorise le non-agir (t. byar med, bya bar med), propre au Dzogchen en tant que « véhicule de la non-action » (t. bya ba med pa'i theg pa), centré sur la non-conceptualisation (t. nam-par mi-rtog-pa, skt. avikalpa).

Le Mani Kabum emploie la terminologie technique de la nature de l'esprit (rig-pa, rang-rig, rang-shes, rang-grol) et des expressions du Dzogchen tardif comme gcer mthong (la vision nue), rang sar dag (la purification en son lieu propre) et rang brdol (l'émergence spontanée).

Sørensen démontre que le Gab-pa mngon-phyung a été transmis par le maître Dzogchen Zhig-po bDud-rtsi (1149–1199), disciple direct de Nyang-ral, à rTa-ston Jo-yes entre 1190 et 1199. Le texte a donc été compilé au plus tard vers 1150–1160. L'enchâssement de ce traité médiéval dans la hagiographie de Songtsen Gampo dota le Dzogchen d'un prestige royal et d'une orthodoxie irréfutable.

La riposte aux érudits rationalistes (Gsar-ma)

La création du système des gter-ma constitue une riposte idéologique directe à la pression intellectuelle exercée par les érudits "rationalistes" gsar-ma comme Sakya Paṇḍita. Ces derniers appliquaient une critique philologique rigoureuse, exigeant la présentation de manuscrits sanscrits originaux pour valider l'authenticité de chaque tantra.

La création du système des gter-ma constitue une riposte idéologique directe à la pression des érudits Gsar-ma comme Sa-skya Paṇḍita (1182–1251). Dans son traité sDom-gsum rab-dbye (« Discrimination des trois vœux »), Sa-paṇ déployait une critique philologique rigoureuse. Il rejetait la prétention à un Éveil immédiat (dkar po gcig thub), exigeait un entraînement progressif fondé sur les textes indiens originaux et les critères de preuve logique (s. pramāṇa), et refusait les textes redécouverts absents des catalogues indiens.

Ne pouvant produire une chaîne de transmission humaine ininterrompue au sens classique, les gter-ston ont décalé le critère d'authenticité vers la révélation visionnaire directe. La doctrine des gter-ma affirmait que les enseignements avaient été dissimulés par Padmasambhava au VIIIᵉ siècle pour être exhumés à l'époque propice par des réincarnations prédestinées.

De la stratégie de survie à l'historiographie d'État

Au XIVᵉ siècle, le récit des gter-ston change de statut. De stratégie d'autodéfense d'une école contestée, il devient l'historiographie officielle du pays. En s'émancipant de la tutelle mongole et avec le déclin des Sakyapa, la restauration de la souveraineté tibétaine s'appuie sur la réinvention idéologique de l'Empire de Yarlung.

Changchub Gyaltsen portant la roue du dharma,
un lotus à sa droite (peu d'images... Baidu)

Lorsque Ta'i Si-tu Byang-chub rgyal-mtshan (Dynastie Phagmodrupa) prend le pouvoir vers 1350–1358, il cherche à restaurer une identité tibétaine pure en réadoptant les costumes, l'étiquette et les institutions de l'ancien Empire. Il adopte le culte de Padmasambhava, restaure le monastère de Samyé et promeut les récits plaçant la nation sous la tutelle d'Avalokiteśvara.

Signe décisif de cette canonisation, le maître Sakyapa Bla-ma dam-pa bSod-nams rgyal-mtshan rédigera en 1368 la chronique officielle rGyal-rabs gsal-ba'i me-long (Le Clair miroir des généalogies royales GLR). Bien qu'appartenant à l'école Gsar-ma, Bla-ma dam-pa intègre les récits des gter-ma Nyingma et du Maṇi bka'-'bum pour écrire l'histoire sainte du Tibet.

Aux XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, face aux critiques persistantes, des apologistes comme mKhas-dbang Sangs-rgyas rdo-rje (1569–1645 Drukpa Kagyü) et Sog-bzlog-pa Blo-gros rgyal-mtshan (1552–1624 Nyingmapa) répliquent sur le terrain des faits. Sangs-rgyas rdo-rje note ironiquement que les biographies de Sa-skya Paṇḍita (Sa-skya'i Gdung-rabs) rapportent qu'à sa mort, le crâne et les os de Sa-paṇ ont eux-mêmes manifesté des images de divinités et de multiples perles-reliques (t. ring-bsrel) (Martin, 1994[7]).

L'apothéose théocratique du Potala

Vᵉ Dalaï-Lama, tenant le lotus et la roue, le Potala à droite (1900 wikimedia)

L'institutionnalisation du mythe atteint son sommet au XVIIᵉ siècle avec le gouvernement du Ganden Phodrang instauré par le Vᵉ Dalaï-Lama, Ngag-dbang Blo-bzang Rgya-mtsho (1617–1682). Le « Grand Cinquième » s'affirme comme l'incarnation d'Avalokiteśvara, la réincarnation de Songtsen Gampo et l'héritier spirituel de Padmasambhava, fusionnant la souveraineté temporelle et l'autorité spirituelle (t. dpon srid gnyis ldan, ou chos srid zung 'brel).

Cette synthèse s'incarne dans la construction du Palais du Potala sur la Colline Rouge (Mar po ri) à Lhasa. Érigé sur le site du fort attribué à Songtsen Gampo, le Potala est conçu à la fois comme la citadelle de l'Empire restauré et comme la demeure cosmique d'Avalokiteśvara, scellant dans la pierre la légitimité du Dalaï-Lama en tant que souverain sacré du Tibet.

Il est désormais généralement assumé que Padmasambhava fut celui qui implantait le bouddhisme au Tibet dès le VIIIe siècle, et que ceux qui gouvernaient le Tibet en tant que royaume, proto-nation et nation furent des émanations, réincarnations, etc. de la dynastie de Yarlung, associée à Amitābha et Avalokiteśvara.

Le futur de la royauté sacrée ?

Padmakara, Le Précieux ornement de la libération, 2008, p7
Padmasambhava
 

"Padmasambhava, « Né du Lotus », implanta définitivement le bouddhisme au Tibet. Ici représenté sous son aspect de Nangsi Silneun, « Triomphateur du Monde des Apparences », Gourou Rinpoché incarne la réalisation de la nature des choses et la maîtrise de tous les phénomènes." (Padmakara)

Padmakara, Le Précieux ornement de la libération, 2008, p56
Le roi Trisong Detsen

"Les vies passées de l'omniscient Jamyang Khyentsé Wangpo [1820-1892], d'après sa biographie détaillée. Lignée nyingma. Première thangka de droite. Composée par Dilgo Khyentsé Rinpoché." (Padmakara)

Dilgo Khyentsé Rinpoché I était né dans une famille qui descendrait du roi tibétain Trisong Détsen (VIIIe siècle) et son père était un ministre du roi de Dergé. Il fut entre autres un grand spécialiste en cérémonies et étiquette royales. Il a couronné le roi du Bhoutan en 1974 avec la même initiation "Blazing Gem of Sovereignty empowerment" que Padmasambhava aurait donné au jeune Trisong Detsen (Brilliant Moon, autobiographie de Dilgo Khyentsé Rinpoché I). En 1982, il couronne Chögyam Trungpa roi de Shambala avec le même rituel.

Il s'agit du mNga' dbang rin chen 'bar ba (bskur tshul gyi cho ga dbang phyug 'phrul mdzod), composé par Jamyang Khyentsé Wangpo (1820-1892) et intégré dans le Rinchen terdzö. Le texte rappelle au début que cet enseignement provient de la tradition du Trésor du Nord (Byang gter), découvert par Rigdzin Gödem (Rig 'dzin rgod kyi ldem 'phru can). Le texte fait explicitement référence à Trisong Detsen comme le premier bénéficiaire de ce rituel, et à sa consécration par Padmasambhava (page 8).

Un colloque universitaire récent (Chicago, janvier 2026) confirme l'importance de ce cycle rituel. Il s'agit d'un rituel de consécration royale tibétaine du XIVe siècle, utilisé pour introniser deux des dirigeants tibétains les plus puissants de l'époque moderne : le Dési Sangyé Gyatso (r. 1679–1703) et le Miwang Pholhané Sonam Tobgyé (r. 1727–1747).

La version de Jamyang Khyentsé Wangpo est une mise à jour. L'utilisation du rituel en 1974 et en 1982 montre qu'il est toujours d'actualité. L'expertise et les potentiels officiants se trouvent sans doute du côté du "clan Khyentsé". 




  1. Tibetan Buddhist Historiography: The Mirror Illuminating the Royal Genealogies. An Annotated Translation of the XIVth Century Chronicle rGyal-rabs gsal-ba'i me-long. Asiatische Forschungen. Wiesbaden. 1994: 1-678. (Chinese Ed. 2016, Beijing)↩︎

  2. David Germano, The Funerary Transformation of the Great Perfection (Rdzogs chen), 2005, University of Virginia↩︎

  3. Ernst Kantorowicz, The King’s Two Bodies. A study on medieval political theology, 1957.
    « Parce qu'il est naturellement un homme mortel, le roi souffre, doute, se trompe parfois : il n'est ni infaillible, ni intouchable, et en aucune manière l'ombre de Dieu sur Terre comme le souverain peut l'être en régime théocratique. Mais dans ce corps mortel du roi vient se loger le corps immortel du royaume que le roi transmet à son successeur. » Les Deux Corps du roi’ d'Ernst Kantorowicz, Patrick Boucheron L'Histoire, no 315 - décembre 2006.↩︎

    1. Songtsen Gampo (c. 569/617–649) : son fils le prince Gungri Gungtsen (Gung-srong gung-btsan) étant mort très jeune, Songtsen Gampo a transmis le pouvoir à son petit-fils Mangsong Mangtsen.
    2. Mangsong Mangtsen (Mang-srong mang-btsan, r. 650–676) : petit-fils direct de Songtsen Gampo.
    3. Tridu Songtsen ('Dus-srong mang-po-rje, r. 676–704) : arrière-petit-fils de Songtsen Gampo.
    4. Mes Agtsom (Khri-lde gtsug-brtan, r. 704–755) : fils de Tridu Songtsen.
    5. Trisong Detsen (Khri-srong lde-btsan, r. 755–797) : fils de Mes Agtsom et arrière-arrière-arrière-petit-fils de Songtsen Gampo.
    ↩︎
  4. Exhumé au XIᵉ siècle par ceux proches d'Atiśa↩︎

  5. Dans la littérature tantrique indienne originelle (Vajrayāna), le souverain associé à la première réception des tantras à Oḍḍiyāna ou Zahor est le roi Indrabhūti (ou Indrabodhi). Au Tibet, la tradition historiographique et hagiographique a condensé ou abrégé le nom de ce roi sous le titre de rGyal-po Dza (Roi Dza), parfois assimilé à Indrabhūti l'Ancien ou distingué comme un roi du Magadha ou de Zahor (Sørensen, 1994).↩︎

  6. Dan Martin, Pearls From Bones: Relics, Chortens, Tertons and the Signs of Saintly Death in Tibet, Numen, 1994↩︎

jeudi 2 septembre 2021

Une spiritualité experte en tout

Visuel du site Ways & Lore

Il s’agit dans ce billet surtout de montrer une certaine tendance de marchandisation spirituelle, où l’on voit la convergence de différents facteurs anciens et nouveaux. Des hommes prodiges (par leur naissance, leur élection, leurs propres efforts, …) sont censés avoir accès à une réalité, ou à un niveau de conscience ou d’éveil supérieurs, et à partir de là, seraient en mesure de guider les non-initiés vers le bien-être ou vers des niveaux supérieurs. Quelle que soit l’époque ou la région géographique, on trouve ces experts immanquablement du côté des puissants, pour proposer et mettre en oeuvre de façon hiérarchisée “les solutions” qu’ils trouvent ou reçoivent, afin de maintenir l’équilibre moral et spirituel d’un peuple, le plus souvent conformément aux voeux (docilité) des puissants. L’exemple ci-dessous en est simplement un parmi des centaines d’autres. Les experts spirituels se reconnaissent souvent par leur gamme d' “expertises” très diversifiées et multidisciplinaires, touchant à tous les domaines de l’existence humaine. C'est d'ailleurs tout à fait comparable avec les compétences quasi-infinies de la Révolution de la méditation des coaches en Pleine conscience.

Jamyang Khyentse Wangpo (1820-1892), membre éminent du mouvement Ris-med, fut un grand lama au service de la cour du roi de Dergé, pour lequel il officiait en tant que prêtre principal dans des cérémonies et rituels divers, et en tant que législateur.

Dans son article sur Treasury of Lives, Alexander Gardner inventorie au moins dix tulkous de Khyentsé Wangpo, parmi lesquels Dilgo Khyentse Tashi Peljor (1910-1991) de Shechen, qui avait procédé à l’intronisation de Chögyam Trungpa en tant que Sakyong, et Jamyang Khyentse Chokyi Lodro (1893-1959) de Dzongsar, auprès de qui Sogyal Lakar avait grandi.

Mila Khyentsé Wangpo

Très récemment, j’ai appris l’existence d’un tulkou français de Khyentsé Wangpo, au nom de Mila Khyentsé Rinpoché (MKR, Laurent Dupeyrat). Ce tulkou français avait préfacé le livre L’Odyssée des karmapas - la grande histoire des lamas à la coiffe noire, écrit par Lama Kunsang (Olivier Brunet) et Marie Aubèle. La traduction anglaise du livre avait été  publéie en 2012 par Shambala. Il existe aussi une interview en anglais de Lama Kunsang et de sa femme Lama Pemo[1].

Ensemble avec Philippe Cornu, Mila Khyentsé Rinpoché (MKR, Laurent Dupeyrat) et Lama Kunsang avaient fondé l’association Rimé Thrinlé Ling en 2009. Celle-ci a pour but “la découverte, la préservation et la diffusion des grandes traditions sous tous leurs aspects, ainsi que leur rencontre avec les traditions modernes”, et elle organise des “séminaires, conférences, publications, voyages, et plus généralement toutes activités qui concourent à réaliser son objet”.

Philippe Cornu et MKR ont également fondé l’Institut Khyèntsé Wangpo[2], qui “a pour vocation de faire connaître le bouddhisme de façon traditionnelle suivant une approche moderne – de type cours universitaires – et correspondant plus aux besoins actuels.”
“ Le cursus porte sur six années d’enseignement permettant ainsi d’avoir accès à un échantillon très vaste de principes des mondes bouddhiste et dzogchèn, sans distinction de courants ou d’écoles.”
“Le cursus et les activités de l’institut ne sont pas uniquement destinés à un public de pratiquants bouddhistes ou dzogchèn, mais également à tous ceux intéressés par la philosophie et l’étude phénoménologique de l’esprit[3].”
Parmi les enseignants réguliers de l’institut on trouve Philippe Cornu et MKR, Lama Kunsang, Damien Brohon, et comme intervenants ponctuels Stéphane Arguillère, le père Francis Tiso, et Jean-Pierre Dumas.
“Mila Khyèntsé est le président d’honneur de l’Institut. Ancien enseignant chercheur à Paris Sorbonne et à l’INALCO, il a été reconnu comme tulkou par un maître tibétain du Dzogchèn et du Bouddhisme Tibétain, Tertön Lobsang Dargyé Rinpoché, qui l’a intronisé comme régent-détenteur de sa lignée. Très engagé dans le dialogue inter-traditionnel, Mila Khyèntsé enseigne le Bouddhisme Tibétain et le Dzogchèn en Europe, en Asie et aux Etats-Unis. Au travers de nombreux projets, il essaie de rendre accessible le chemin traditionnel asiatique à la pensée et aux besoins d’aujourd’hui.”
Je n’ai pas réussi à identifier le maître tertön qui avait reconnu et intronisé MKR en tant que tulkou, ni la lignée, dont MKR serait désormais le “régent-détenteur”. Sur un flyer plus ancien du centre Reiki de Colmar, le maître tertön s’appellait Péma Teutrengtsel Rinpoché[4]. Si quelqu’un connaît ce tertön, merci de laisser un message.


Au sujet de la pureté des lignées, MKR écrit dans la préface de l’Odyssée des Karmapas :
“Il y a eu, tout au long de l’histoire du Tibet, des heurts, des conflits entre tulkous, institutions et au sein des différentes institutions elles-mêmes. Les temps actuels n’échappent pas à la règle. Mais il ne faut pas oublier que dans la tradition tibétaine, la lignée d’enseignement n’est pas liée à l’institution. L’enseignement se transmet de maître à disciple et l’enseignant peut être totalement indépendant de tout « circuit officiel ».” (Préface Odyssée)
Les activités du tulkou français de Khyentsé Wangpo ne s’arrêtent pas là. La méditation pour les enfants est un autre de ses nombreux projets. MKR change alors de casquette et d’habit et redevient Laurent Dupeyrat, l’enseignant-chercheur. C’est avec Johanne Bernard qu’il avait co-écrit “ J'ai rendez-vous avec le vent, le soleil et la lune” (éd. La Martinière), lequel livre a fait l’objet d’une traduction anglaise “Meditation for Kids: How to Clear Your Head and Calm Your Mind”.
« Les enfants sont de plus en plus pressurisés, énervés, angoissés... Ils ont beaucoup de sollicitations extérieures et très peu de temps pour eux. Or, s’arrêter fait du bien. La méditation leur permet de se poser instantanément. Au bout d’une heure, ils sont déjà plus calmes, plus sereins. Ils prennent de la distance avec leurs notes, leur téléphone portable, leurs soucis » Extrait de l’article “Méditation pour les enfants : le grand retour au calme” Brigitte Bègue, journaliste santé, le 24/10/2016.
Les bienfaits de “La Méditation” sont désormais bien connus : "réduction du stress, de l’anxiété, de la colère, de la fatigue, des maladies chroniques, de l’hyperactivité, augmentation de l’attention, de la concentration, de l’empathie, ..."

Il n’y a pas que les enfants qui peuvent bénéficier de la méditation. Le monde des affaires cherche des coaches capables de guider leurs leaders vers la réussite, de les accompagner dans la transformation humaine à l'ère digitale, et de les enseigner à piloter les entreprises et ressources humaines d’une main ferme mais compassionnée et altruiste. MKR se transforme alors en Laurent Dupeyrat, Directeur des Formations et du Développement de Ways & Lore. Le formateur de “Leaders Focus” les fait pratiquer “La Contemplation Du Digital”, leur apprend “La Performance Durable”. Grâce à la contemplation, “cette façon non mentale d’observer le monde”, le Leader Focus arrive à “percevoir directement l’information à sa source, celle dont il a besoin”.


Un Leader Focus sait aussi s’adapter aux temps difficiles imprévus.
“Récemment, nos conditions de vie ont radicalement changé et ont entraîné des conditions extrêmes pour beaucoup d'entre nous. Nous n'étions ni habitués ni préparés à cela. Ce programme récent à la frontière de nos programmes Leadership et Santé[5], a été conçu pour nous permettre de répondre autant personnellement que collectivement à la formidable pression engendrée par les conditions actuelles. Resilient Mind a été créé pour nous aider à demeurer clairs quelle que soit la situation, en acceptant les chocs et en les intégrant sereinement.”
Accompagner les soignants et les patients dans les épreuves actuelles devient ainsi une nouvelle compétence. Tout comme le très versatile Khyentse Wangpo (ou encore Ju Mipham[6]), MKR semble avoir une réponse à tout.

Certes, il y a différentes sortes de bouddhisme, qui peuvent avoir des objectifs, doctrines, méthodes et pratiques différents. Traditionnellement, le bouddhisme avait été introduit au Tibet par décret royal, et les détenteurs du bouddhisme tibétain ont souvent été proches du pouvoir politique et du côté des puissants, pour des raisons qui leur sont propre. Dans le bouddhisme tibétain, les Révélations avec leurs discours associés (origines de la transmission, hagiographies,...) , la Tradition, les rapports hiérarchiques, etc. jouent un rôle important. Comme la réincarnation est un élément essentiel pour justifier le pouvoir des hiérarques, la croyance en la réincarnation y joue un rôle plus important (car constitutif du pouvoir) que dans les autres formes du bouddhisme. Cette croyance inclue la croyance en les diverses méthodes surnaturelles pour contrôler et maîtriser les trajets de la conscience post-mortem et la réincarnation. C'est une Science surnaturelle, dont pas mal de bouddhistes tibétains (mais pas que) espèrent qu'un jour Elle sera reconnue et/ou prouvée par la science ordinaire... L'école des Anciens est sans doute l'école bouddhiste tibétaine qui a poussé le plus loin cette Science, tout en y associant le projet théocratique du retour d'un Maître-roi au gouvernement, comme au bon vieux temps légendaire du Tibet impérial. Il semblerait que ce soit un projet continu que partagent les diverses réincarnations et avatars des Khyentsé. Si l'espoir d'une théocratie semble exclus, celui d'une oligarchie plutocratique assistée par des experts de tout genre (y compris spirituels) semble en bonne voie.

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, je conseille de jeter un oeil sur le site parodique (et visionnaire) de Tutte Wachtmeister, datant de quelques années déjà, et dont la parodie se fait rattraper par la réalité.


***

MàJ 16032023 Précisions de Mila Khyentsé sur son statut d'enseignant tulku :

"Tout d’abord, mon Maître, Terton Lobsang Dargye Rinpoche, également appelé Alags Chorten, ne m’a pas reconnu comme un tulku de Jamyang Khyentse Wangpo, mais comme un de Do Khyentse. De mon côté, je n’en ai absolument aucune idée, n’ayant pas la vue de mon Maître.

Il m’a nommé gyaltsab et détenteur des lignées qu’il détenait d’un certain nombre de maîtres et de son maître principal Khenpo Norbu Zangpo de la région de Dzogchen, qui les avait reçu de Jigme Yonten Gonpo, toujours de Dzogchen. Ces lignées sont principalement Dzogchen donc.

J’ai passé de nombreuses années auprès de mon Maître en Chine et dans les régions tibétaines où il était, à apprendre et à mettre en pratique ses enseignements. Lui était originaire du monastère de Kirti dans l’Amdo où il avait été reconnu comme tulku gelug et il a fini par rencontrer son Maître racine, Khenpo Norbu Zangpo, dans les prisons dont ils ont pu s’échapper et ont pratiqué ensemble de manière solitaire dans les montagnes, loin de tout et des prisons.

Mon Maître m’a enjoint de diffuser ses enseignements partout où c’était possible tout en essayant d’adapter cet enseignement aux besoins locaux, ce que j’essaie (tant bien que mal !) de faire depuis un certain nombre d’années. Mon Maître est parti en 2016 et depuis j’essaie de maintenir ses lignées vivantes et de continuer également sa tâche dans les régions tibétaines où il œuvrait."

***

[1] “It was in 2008 that we actually decided to sit down in order to compile this rich material, with the goal of providing a complete reference work concerning the Karmapas. Encouraged by Marie Aubele—a French editor and writer who offered her help— we started writing History of the Karmapas.

We also turned to Mila Khyentse Rinpoche to help us in this challenging task. He considerably contributed to the book due to his immense knowledge in numerous fields. We requested that he draw some calligraphies of the Karmapas and write an introduction to explain some Buddhist notions difficult for the average reader to understand
.”

[2] "Pourquoi avoir choisi ce nom ? Jamyang Khyèntsé Wangpo était un des plus grands maîtres du 19e siècle au Tibet. Son importante activité à l’orientation non sectaire, dont l’impact est encore présent aujourd’hui, a permis de préserver et revivifier toutes les lignées du bouddhisme tibétain." Flyer PDF

[3] “Pour les grands bodhisattvas, il ne peut y avoir de frontière à l’enseignement, même s’il est indispensable de préserver la pureté de la transmission et d’éviter de tout mélanger, ce qui rendrait des enseignements infiniment précieux complètement indigestes et inefficaces.” Préface Odyssée.

[4] “Mila Khyèntsé est un tulkou français
Terteun Péma Teutrengsel Rinpoché, l'un des plus grands martres Dzogchen contemporains, l’a reconnu comme un grand bodhisattva et intronisé en tant que régent-détenteur de sa lignée
.”

[5] “Les objectifs des programmes Focus et Santé portent sur l'accompagnement des patients pour les professionnels de la santé et sur l'accompagnement de la douleur et du processus de soins pour les patients.” https://www.waysandlore.fr/programmes-sante/

[6] Auteur de "Le vase d'excellence qui exauce tous les désirs : petit manuel de mantras à toutes fins utiles" (The Excellent Wish-Fulfilling Treasure Vase: A Little Book of Mantras for All Kinds of Jobs T. las sna tshogs pa'i be'u bum dgos 'dod kun 'byung gter gyi bum pa bzang po). Voir A toutes fins utiles

mercredi 28 novembre 2012

Une famille royale



Dans la traduction française du livre de Gampopa, Le précieux ornement de la libération, traduit par Padmakara, on trouve une série de thangkas représentant quelques unes des huit lignées de transmission principales du Tibet rattachées à des maîtres indiens, selon le point de vue de l'approche non-sectaire (T. ris med). On les appelle les huit chariots (T. shing rta brgyad). Les thangkas ont d'ailleurs été dessinés sous les instructions de Dilgo Khyentsé Rinpoché I (1910-1991) par Lama Wangdu.

Dilgo Khyentsé Rinpoché I était né dans une famille qui descendrait du roi tibétain Trisong Détsen (8ème siècle) et son père était un ministre du roi de Dergé. Encore dans le ventre de sa mère, il fut reconnu comme la réincarnation de Jamyang Khyentse Wangpo (1820-1892) par le grand (Jamgoeun) Mipham Gyatso (1846-1912), un disciple de Jamgön Kongtrul, Jamyang Khyentsé Wangpo et Patrul Rinpoche. Kangyour Rinpoché (1898-1975) étudia avec Jedrong Rinpoché, un disciple de Jamyang Khyentsé Wangpo et fut remarqué comme jeune garçon par Mipham Gyatso. Dilgo Khyentsé Rinpoché I était le fils de coeur de Jamyang Khyentse Chökyi Lodrö (1893-1959) qui reconnut Sogyal Rinpoché (1947) du clan Lakar.

Padmakara fut fondé en 1987 en Dordogne et est placé sous la direction de Tsétrul Pema Wangyal et Jigmé Khyentsé Rinpoché, deux fils de Kangyour Rinpoché, dont la réincarnation fut reconnue par Dilgo Khyentsé Rinpoché I en la personne de Mingyur Rinpoche (1975), le fils cadet de Tulkou Ourgyen Rinpoché (rené depuis comme Tulku Urgyen Yangsi), également le père de Chökyi Nyima Rinpoche, Tsikey Chokling Rinpoche et Tsoknyi Rinpoche. Tsikey Chokling Rinpoché (1953), lui-même la réincarnation du terteun Chogyur Lingpa, est par ailleurs le père de Dilgo Khyentsé Rinpoché II (1993, sa mère Dechen Paldron est la fille de Mindrolling Trichen Rinpoché, le père de Khandro rinpoché), reconnu par Trulshik Rinpoche (1924-2011), fils de coeur de Dilgo Khyentsé Rinpoché I et avec ce dernier disciple de Dudjom Rinpoché (1904-1987), le père de Thinley Norbu Rinpoché (1931-2011), à son tour le père de Dzongsar Khyentsé Rinpoché (1961), une autre réincarnation de Jamyang Khyentsé Wangpo. Entretemps (08062016), le tulkou de Thinley Norbu Rinpoché Dungse Gyana Ta (Jigme Pema Woesel) Rinpoché est né le 7 janvier 2012. Son père Dungse Garab Rinpoche est le frère cadet de Dzongsar Khyentsé Rinpoché. Le petit tulkou est donc la réincarnation de son père.

Les thangkas représentent les huit lignées mais surtout des "vies passées" de Jamyang Khyentse Wangpo (1820-1892), que l'on retrouve respectivement dans l'entourage du "roi religieux" Trisong Détsen (nyingma), Drakpa Gyaltsen (sakya), Marpa et Gampopa (kagyu) et Dromteunpa (kadampa). Chaque thangka montre quatre petites saynettes d'une vie passée de Jamyang Khyentse Wangpo recevant une transmission majeure particulière de la lignée représentée. Le message principal semble être que Jamyang Khyentse Wangpo est le détenteur de toutes les transmissions majeures, de l'autorité et des siddhi associés, et qu'il les a retransmis à son tour à ses disciples, dont certains sont mentionnés ci-dessus. Ces transmissions et siddhi associés sont donc toujours disponibles auprès de leurs détenteurs actuels.

Ce qui frappe dans la représentation de la lignée des anciens (rnying ma) est la position centrale du roi tibétain Trisong Détsen (8ème s.), où l'on s'attendrait plutôt à voir Padmasambhava. Je pense que cela peut s'expliquer par le choix délibéré de représenter les transmissions du point de vue tibétain. Les huit conducteurs des chariots de transmission sont en effet tous des tibétains et Padmasambhava ne l'était pas. Il aurait certes eu des disciples tibétains importants (Vairocana), mais c'est le roi, que la légende qualifie de "religieux" (T. chos kyi rgyal po), qui semble être considéré comme le représentant tibétain principal de la lignée. Nous retrouvons par ailleurs encore une fois la proximité roi-prêtre royal.


Photo : Inauguration de Lerab Ling le 22 août 2008 (Sogyal Rinpoché, Rama Yade, Bernard Kouchner, le Dalai-Lama, Carla Bruni-Sarkozy sous l'oeil attentif de Padmasambhava

MàJ 31/12/2013




Yangsi Kalou Rinpoché s'est marié le 23 octobre 2013 à Kathmandou avec Mingyour Peldreun, fille de Chokling Tersar Rinpoché, le deuxième fils de Tulkou Ourgyen Rinpoché, et soeur de Dilgo Khyentsé Rinpoché II. Meilleurs voeux de bonheur au jeune couple, qui avec leurs futurs enfants viendront agrandir les rangs de l'illustre famille royale.

MàJ 01082014 La rubrique people continue...

MàJ 30012016 Et puisque je fais désormais dans le people. Divorce de Yangsi kalou Rinpoché.