samedi 30 janvier 2016

La politique du Gaṇḍavyūha sūtra


Sudhana chez le roi Anala
Le dernier chapitre du Soutra de l'ornementation fleurie (sct. Buddhāvataṃsakasūtra), aussi connu sous le nom de Gaṇḍavyūha sūtra, montre le parcours initiatique du fils de marchand Sudhana, suite à sa rencontre avec Mañjuśrī. Il rencontrera 53 amis spirituels (sct. kalyānamitra) de différentes couches sociales, chacun ayant sa méthode spécifique, tous étant des bodhisattvas accomplis.

Chez le financier du dharma Ratnacūda
Ainsi, après sa visite au « financier du dharma » (sct. dharmaśresthin) Ratnacūda, vivant dans l’opulence dans son palace à dix étages, il se rendit au cœur des ténèbres dans le royaume du roi Anala (tib. rgyal po me). Ce jeune et beau roi fut assis sur un trône de lions, dans un palais somptueux[1], entouré de 10.000 ministres… et de 10.000 tortionnaires. Comme le montre bien le panneau (II-35) du Borobudur, Sudhana est très mal à l’aise et n’arrive pas à regarder le roi Anala, distrait par tout ce dont il est témoin (voir la note n° 9).

Scène du film Apocalypse now
« [Sudhana] vit des centaines de milliers de personnes ligotées à cinq endroits, conduites par devant le roi. Il vit comment le roi Anala les condamna conformément. Le roi Anala ordonna qu'on leur tranche les mains et les pieds, à d’autres qu'on leur tranche les oreilles et le nez ou qu'on les arrache les yeux. À d'autres encore qu'on leur arrache les membres, ou les doigts ou doigts de pieds, voire même qu'on leur tranche la tête. D'autres furent immolés sur des bûchers, bouillis dans des chaudrons, écorchés vif etc. Il vit ces personnes succomber à toutes ces punitions violentes et insupportables. L’immense terrain d'exécution fut jonché de mains, de pieds, d’oreilles, d’yeux, de nez, de têtes, de membres, de coeurs, formant des tas de la hauteur du mont Mérou. Il y avait un océan de sang profond qui s'étendit à 3 yojana. Partout il vit des cadavres, des membres, des os et osselets, des têtes, des centaines de milliers, déchiquetés par des loups, des chiens, des corbeaux, des vautours, des faucons et des balbuzards, qui se pourchassaient en se donnant des coups de bec. Quelques cadavres avaient déjà changé de couleur, et étaient devenus verdâtres, d'autres noirâtres, en état de décomposition avancée, ou grouillant de vers. Il vit comment les condamnés tremblaient et furent terrifiés. Au moment de leur exécution, il entendit des cris inouïs de douleur et de terreur remonter du plus profond de ces condamnés. Et cela suscita en lui une grande terreur et malaise. Ces cris étaient comme ceux des êtres infernaux qui se firent écraser par des montagnes. [Les tortionnaires] les punissaient conformément au jugement, et voyant la violence terrifiante de tout cela, [Sudhana] pensa : je veux aider tous ces êtres. »[2]

Il ressentit une grande compassion et se rappela des instructions reçues des autres amis spirituels. Les dieux, témoins de son élan altruiste, lui crièrent des cieux :
« Fils de famille, ne te souviens-tu donc pas des instructions de tes amis spirituels qui avaient une expérience sainte (ṛṣi) et éveillée (jina) ? » [Sudhana] regarda vers le ciel, et répondit « si, je me souviens ». Les dieux lui dirent alors : « Fils de famille, n'aie pas de doute au sujet des instructions de tes amis spirituels. Fils de famille, ce qu'ils enseignent est authentique, et non pervers. Fils de famille, la gnose de la conduite habile des bodhisattvas est inconcevable. »[3]« Quand le fils du marchand Sudhana entendit les propos des dieux, il se rendit à l'endroit où se trouva le roi Anala, et lui rendit hommage en plaçant les deux pieds du roi sur sa propre tête. »[4]
Quand le roi Anala avait terminé les affaires de gouvernement, il se leva de son trône, prit Sudhana par la main et l'amena avec lui au palais royal de Taladhvaja. Il le fit entrer dans ses appartements privés, et installa le fils de marchand Sudhana au milieu de son harem sur un siège, avant de lui adresser la parole.[5]

Scène du film Apocalypse Now, le colonel Kurtz parle au capitaine Willard
« Fils de famille, que penses-tu ? Ces simulacres de pécheurs (pāpaka) confrontés au fruit de leurs actes, existent-ils réellement ? Ces simulacres de corps splendides, existent-ils vraiment ? Ce simulacre de la cour, existe-il vraiment ? Ce simulacre de grand luxe, existe-t-il vraiment ? Ces simulacres de mon statut de monarque et d’un grand pouvoir, existe-t-il vraiment ? Non, dit Sa Majesté, cela n'existe pas vraiment. Il poursuivit: Fils de famille, je suis un bodhisattva libéré (vimokṣika) avec des pouvoirs magiques. La plupart des sujets qui habitent mon royaume, tuent, volent, se méconduisent sexuellement, mentent, médisent, tiennent des propos incohérents, sont cupides, malveillants, entretiennent des vues fausses (mithyā-dṛṣṭi) et commettent des actes négatifs. »[6]
« Fils de famille, c'est pour éduquer ces personnes, et pour les amener à maturité, pour leur parfaite édification, et pour leur propre bien, et surtout avec la plus grande compassion qu'ils sont amenés ici, et que des simulacres de tortionnaires sont omniprésents sur le territoire de mon royaume. »[7]

« Ce sont des simulacres de tortionnaires, qui saisissent des simulacres de condamnés à mort, afin de les exécuter. Ce sont des simulacres de juges, qui prononcent divers jugements contre des simulacres de personnes ayant commis les dix actes négatifs. Et ce sont des simulacres de souffrances insupportables, causées par des mains, des pieds, des oreilles, de membres, de doigts et de têtes tranchées qui sont déployées par magie. En voyant tout cela, les habitants de mon royaume, renoncent à leurs fautes et développent la force du regret, la frayeur et la crainte. Ils renonceront ainsi aux actes négatifs et deviendront vigilants. Fils de famille, cet expédient a pour effet de faire renoncer ces êtres aux fautes et à leur inspirer la crainte, et le regret, afin qu'ils se détournent des actes négatifs. »[8]

Après cette leçon en politique bouddhiste, Sudhana poursuit son parcours initiatique de bodhisattva, qui se terminera dans le pavillon de Maitreya, le futur bouddha.

La leçon de politique donnée par le roi Anala est très problématique. Comment lire ce passage, comment le comprendre ? Quelle était l’intention de leurs auteurs ? Quelle est la moralité de cette étape initiatique ?

Avant d’aborder ces questions, une petite observation de Jan Fontein[9] (Entering the Dharmadhatu, Studies in Asian Art and Archaeology, Bril) au sujet de la représentation iconographique des souffrances des condamnés. Un condamné saisit son bras, tandis qu’on voit un yakṣa partir avec ce qui ressemble à un bras, l’autre recouvre son œil. En fait, les condamnés sont représentés en cachant les parties du corps qui ont été tranchées ou seront tranchées. Ces condamnés ont été condamnés « conformément » (tib. ci rigs) à avoir retranchée la partie du corps par laquelle ils ont péchés (pāpa). Œil pour œil, dent pour dent.


Cette particularité iconographique est peut-être aussi à l’œuvre dans des temples japonais, où sont quelquefois représentés les célèbres « trois singes sages » (三猿, san'en ou sanzaru) : Mizaru, qui recouvre ses yeux, ne voyant aucun mal, Kikazaru, qui recouvre ses oreilles, n’entendant aucun mal, et Iwazaru, qui recouvre sa bouche, ne disant aucun mal. (wikipedia). Les trois singes ont sans doute pour but de faire passer un conseil aux bouddhistes visitant le temple. Ne vois aucun mal, n’entends aucun mal, ne dis pas de mal… ou sinon !

Il semblerait d’ailleurs que cette tradition japonaise vienne de la Chine, et plus précisément d’une légende bouddhiste Tendai (école du Sūtra du Lotus) du VIIIème siècle (époque de Nara)[10].

Le message du Gaṇḍavyūha sūtra, en nous présentant le cas du roi Anala et la réaction de Sudhana l’apprenti Bouddha, semble être un peu le même que celui des trois singes. Même si celui qui vous gouverne « semble » se comporter comme un tyran, ou un dictateur sanglant, vivant dans l’opulence en oppressant le peuple, abstenez-vous de le juger. Il se peut qu’il soit un bodhisattva, qui veut le plus grand bien à son peuple et qui tente de l’éduquer à la dure.

Dans le Gaṇḍavyūha sūtra, l’opulence du « financier du dharma » Ratnacūda et du roi Anala montrent ce qui arrivera à celui qui suit les préceptes bouddhistes, et les horreurs et les tortionnaires ce qui arrivera à celui qui ne les suit pas. Le bâton et la carotte.

Mais tout cela, aussi bien le luxe que les tortures, ne sont que des simulacres pour édifier le peuple. En réalité, les puissants, les riches, les tortionnaires et les condamnés ( ?) sont des bodhisattvas. Et ces simulacres sont un expédient (sct. upāyakauśalya). Entre initiés, on peut jouer habilement avec ce qui est un simulacre et ce qui est réel, en distribuant les bons points, mais est-ce vraiment si habile à terme ? « La gnose de la conduite habile des bodhisattvas est inconcevable » comme « les voies du Seigneur sont inpénétrables »Quelle est la réalité de ceux à qui est destiné ce spectacle ? 
« Un simulacre désigne une apparence qui ne renvoie à aucune réalité sous-jacente, et prétend valoir pour cette réalité elle-même. C'est là, du moins, le sens grec d’eidôlon (εἴδωλον), qui a donné idole en latin, et qui est traduit par simulacre, par opposition à l'icône (eikôn, εἰκών), traduit par copie: la copie renvoie toujours à l'imitation du réel, sans dissimuler celle-ci (voir Le Sophiste de Platon). L’eidôlon s'oppose alors à l’eidos ou l’idea [ἰδέα], traduit par Forme et présent dans le Cratyle ». (wikipedia)
Pour un platonisant, ce qui se passe ici-bas n’est rien, et n’a pas de réalité. Tout ceci, tous ces simulacres ont-ils une réalité (tib. 'di lta bu yod dam), demande le roi Anala, Non, ils n’en ont aucune répond il lui-même (tib. de lta bu ni ma mchis so). La réalité c’est ce qui se passe là-haut, au plérôme, dans le pavillon de Maitreya.

Le Gaṇḍavyūha sūtra est présenté (MacMahan) comme la dernière étape avant le tantrisme, mais en réalité, il est déjà du tantrisme.

Baudrillard écrit : « Le simulacre n'est jamais ce qui cache la vérité – c'est la vérité qui cache qu'il n'y en a pas. Le simulacre est vrai. »[11]

Et :
« […] le secret des grands politiques fut de savoir que le pouvoir n'existe pas. Qu'il n'est qu'un espace perspectif de simulation, comme le fut celui, pictural, de la Renaissance, et que si le pouvoir séduit, c'est justement […] parce qu'il est simulacre. »[12]


***

[1] « Then Sudhana went to King Anala and saw him sitting on a great jeweled lion throne brilliant with diamonds, set on legs of countless varieties of luminous jewels, with beautiful figurines inlaid with jewels, arrayed with cowrie shells on golden threads, lit by many jewel lamps, in a lotus calyx made of magic gems, spread with many precious celestial robes, perfumed with various celestial incenses, embellished with a hundred thousand jeweled parasols, adorned with a hundred thousand jeweled banners, beautified by trailing flower garlands made of varicolored jewels, covered by a canopy of various celestial jewels. The king was young and handsome, with the marks and embellishments of a great man, wearing a crown of wish-fulfilling jewels, his forehead adorned with golden crescents, pure blue sapphire earrings hanging from his ears, a breastplate radiant with jewels on his chest, bracelets of the finest celestial gems on his arms, shaded by a large precious parasol with a cane of pure lapis lazuli and a thousand ribs of jewels with a gold covering, a wreath of jewel bells sweetly ringing, illumining all directions with its luster. The king had great regal power; his rule was invincible to enemy armies, his sovereignty was free of danger from enemy armies. » Traduction anglaise de Thomas Cleary

[2] brgya stong mang po bcing ba dam po lngas bcings shing rgyal po mye'i drung du khrid pa dag kyang mthong ngo // de dag la'ang rgyal po myes ci rigs bar chad pas gcad par gyur pa mthong ngo // des de na rgyal po mes bsgo zhing la la ni rka lag gcad/ la la ni rna ba dang sna bcad/ la la ni myig phyung / la la ni yan lag dang nying lag dang / mgo bcad/ la la ni lus thams cad mes btang / la la ni ba tshwa'i chu khol mas lus la gtor cing pags pa brnyil ba la stsogs pa/ de lta bu'i chad pa sna tshogs du ma mi bzad pa drag pa brlang ba yid du mi 'ong ba srog 'phrog pa dag kyang byed par mthong ngo // gsad pa'i sa de na 'ang bsad pa'i rka lag dang / rna ba dang / myig dang / sna dang / mgo dang / yan lag dang / nying lag gi phung po ri rab tsam du spungs pa mthong ngo // khrag gi mtsho dpag tshad gsum tsam du zabs su zab la chu zhing du dpag tshad du ma yod pa yang mthong ngo // de na shi ba'i rkeng rus yan lag dang nying lag dang / mgo dang bral ba brgya stong du ma la/ spyang ki dang wa dang / khyi dang bya rog dang / bya rgod dang / khra dang bya ku rar mang pos gang ste/ 'drad cing 'thog pa mthong ngo // de la'ang la la ni kha dog gyur te/ sngon por gyur pa tsam/ la la ni rnags pa tsam/ la la ni bam pa tsam/ la la ni 'bu zhugs pa tsam du gyur te/ shin tu skyi g.ya' zhing 'jigs 'jigs ltar 'dug pa mthong ngo // gsang ba de dag gsod pa'i tshe/ myi sdug pa cho dgur byas pas na 'jigs 'jigs skad dang / snying rdo rje skad du sgra 'byin cing cho nges 'debs pa'i sgra chen po thos na/ skyi g.ya' zhing mi dga' ba chen po bskyed pa/ sems can dmyal ba chen po ris gzhom pa'i sgra lta bu'ang thos so// des de ltar kha btags te brdungs pa dang / shin tu 'jigs pa'i drag shul mthong nas/ 'di snyam du gyur te bdag ni sems can thams cad la phan pa dang /

[3] rigs kyi bu drang srong rgyal ba'i drod kyi skye mched kyi dge ba'i bshes gnyen gyi gdams ngag tu bya ba mi dran nam/ des gyen du nam mkha'i dbyings la bltas nas/ dran no zhes brjod do// lha rnams kyis smras pa/ rigs kyi bu khyod dge ba'i bshes gnyen gyi gdams ngag la de ltar the tshom ma bskyed cig/rigs kyi bu dge ba'i bshes gnyen rnams ni yang dag pa ma nor bar ston gyi log pa ma yin no//

[4] tshong dpon gyi bu nor bzangs kyis lha'i ngag mnyan te/ rgyal po me gang na ba der song ste phyin nas/ rgyal po me'i rkang pa gnyis la spyi bos phyag 'tshal te/

[5] de nas rgyal po myes rgyal po'i bya ba byas te/ seng ge'i khri las langs nas tshong dpon gyi bu nor bzangs kyi lag pa g.yas pa nas bzung ste/ rgyal po'i pho brang ta la'i rgyal mtshan du khrid do// de mthar gyis rang gi gnas su phyin nas/ tshong dpon gyi bu nor bzangs btsun mo'i 'khor gyi nang du khrid de khri la bzhag nas 'di skad ces smras so//

[6] rigs kyi bu ji snyam du sems/ cig sdig pa byed pa rnams la las kyi rnam par smin pa mngon par grub pa 'di lta bu yod dam/ lus phun sum tshogs pa 'di lta bu yod dam/ 'khor phun sum tshogs pa 'di lta bu yod dam/ skyid pa chen po phun sum tshogs pa 'di lta bu yod dam/ dbang phyug dang dbang chen po thob pa phun sum tshogs pa 'di lta bu yod dam/ smras pa 'phags pa de lta bu ni ma mchis so// des smras pa/ rigs kyi bu nga ni byang chub sems dpa'i rnam par thar pa/ sgyu ma'i rnam pa thob pa ste/ rigs kyi bu nga'i yul na gnas pa'i sems can 'di dag kyang phal cher srog gcod pa byed pa/ ma byin par len pa/ 'dod pas log par g.yem pa/ brdzun du smra ba/ phra ma can tshig brlang bor smra ba/ byung rgyal du brjod pa/ chags sems dang ldan pa/ gnod sems can/ log par lta ba/ sdig pa'i las byed pa/

[7] de ltar rigs kyi bu nga ni sems can 'di dag gdul ba dang / yongs su smin par bya ba dang / shin tu dul bar bya ba dang / phan pa la dgod par bya ba'i phyir/ snying rje chen po mdun du byas te/ gsod pa'i gshed ma sprul pa rnams sa kun nas yog pa/

[8] gsod pa'i gshed ma sprul pa rnams gsad pa'i myir sprul pa rnams la/ gsod du gzung pa dang / chad pas gcod pa'i mi sprul pa rnams mi dge ba'i las kyi lam la spyod par sprul pa'i myi rnams la chad pa sna tshogs kyis gcod du gzud pa dang / rka lag dang sna dang rna ba dang /yan lag dang nying lag dang /mgo bcad pa las byung ba'i sdug bsngal mi bzad pa nyams su tshor bar gyur ba lta bu dag kyang yongs su ston pa byed de/ de mthong nas nga'i khams na gnas pa'i sems can de dag nyes pa gtong zhing skyo ba'i shugs thob par 'gyur ro// 'jigs pa skye zhing bag tsha ba skye bar 'gyur ro// de dag sdig pa'i las byed pa rnams gtong zhing bag byed par 'gyur ro// rigs kyi bu de ltar nga ni sems can 'di dag thabs des nyes pa stong zhing 'jigs pa'i sems dang ldan pa dang / skyo ba'i yid dang ldan par shes nas/ mi dge ba bcu'i las kyi lam las bzlog ste/

[9] « The body language of the two principal occupants of the palace is highly unusual. Contrary to previous practice, this kalyānamitra does not seem to address Sudhana directly, but instead turns away from his visitor. Sudhana, too, does not look directly at the King, but turns his attention—and, thereby, that of the viewer—towards the scene outside the palace on the right. There, a yaksa with drawn sword sits on a plain seat next to two men, who are obviously in a state of distress. One is shielding his eyes and the other grasping his upper arm. Underneath the palm tree a third man is shown walking away, carrying what Krom (1927, 36) called “a cylinder-shaped object”. The text provides the key to this curious scene. It describes how Sudhana sees the king’s henchmen, armed with all kinds of weapons, mete out cruel punishments to the king’s subjects who have broken the law. They cut off their hands, limbs, ears and noses, and gauge out their eyes (Cleary 1989, 119). Krom’s “cylinder-shaped object” turns out to be a criminal’s severed arm. Following a tradition honored earlier by the sculptors of some of the Karmavibhanga reliefs, the sculptors exercised great restraint in their depiction of scenes of violence. Instead of actually showing undisguised cruelty, they represented its victims covering their eyes that are about to be gauged out or grasping those body parts that are about to be cut off. » (Narrative Sculpture and Literary Traditions in South and Southeast Asia, publié par Marijke J. Klokke)

[10] Wikipedia 

[11] Jean Baudrillard, Simulacres et simulation, Galilée, Paris, 1981, p. 9

[12] Jean Baudrillard, Oublier Foucault, Galilée, Auvers-sur-Oise, 1977

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