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samedi 5 décembre 2020

Le dynamitage d'un entrepreneur charismatique de terroir


S. Hamsah Manarah

A ma connaissance, Gilbert Bourdin (1923-1998), alias Swami Hamsananda Sarasvati, ou S. Hamsah Manarah, fondateur de l’Aumisme, n’avait pas eu d’audience en privé avec le Dalaï-Lama, ni de visite à son ashram à Castellane. Il avait en revanche eu la visite de Karmapa XVI le 7 octobre 1977, qui lui avait “donné refuge” (son nom : Karma Tensing Dorje) et l’initiation de Milarépa. Il l’aurait reconnu comme un authentique mahāsiddha[1]. La visite de Karmapa XVI avait aussi occasionné un grand transfert d’anciens disciples de Gilbert Bourdin vers l’école Karma kagyu. Le Messie Cosmo-planétaire aurait aussi été initié par le maître Shingon Aoki-Senseï.

Karmapa XVI et S. Hamsah Manarah

S. Hamsah Manarah, Lama Orgyen Wangdi et Lama Gélek

On ne connaît pas grand chose de sa vie ordinaire, “la haute tradition demande à ce que l’on ne parle pas trop du passé d’un saint homme” (cité par PierLuigi Zoccatelli[2]). Il se serait intéressé à l’ésotérisme, était membre de la Société théosophiste, de la Grande Loge maçonnique de France, et participait activement à des sociétés Rosicruciennes, Martinistes, Kabbalistes et alchimistes, ainsi qu’à des sociétés s’intéressant aux “Chevaliers de la Sainte Graal”. Grâce aux savoirs ainsi acquis, il s’était rendu compte d’un monde étrange, occulte, invisible, peuplé par des âmes affligées, des démons, des anges et des divinités bizarres. L’étude des sciences occultes l’avait éveillé à des forces invisibles, capable de créer et détruire le monde[3].

Qu’en avait-il retenu pour la création de son propre mouvement Aumiste, la religion universelle de L'Ère nouvelle (New Age), “la religion universelle de l’unité des visages de Dieu” ? Cinq vérités, pas quatre, cinq ! 1. la vérité de la mort qui n’est qu’un changement d’état, “l’âme immortelle quitte le corps de chair pour ensuite se réincarner et tendre à atteindre l’illumination au fil de ses incarnations” 2. la vérité de la souffrance, causée par la peur de progresser, 3. la vérité de la douleur, qui nous permet d’avancer vers Dieu à pas de géant, 4. la vérité de l’évolution [réincarnationiste], qui nous oblige de toujours progresser vers des états plus élevés et 5. la vérité du but ultime à atteindre[4].

La syllabe AUM est le son primal, qui donne naissance à tous les autres sons et vibrations, à l’origine de la création du monde. Sa récitation est toujours opportun, car AUM sait ce qu’il convient de faire dans toutes les situations[5].

Colonne de Lumière "attrape-âmes"

La réincarnation est la pierre d’angle de l’Aumisme, sans cette science ou croyance, l’entreprise Aumiste, comme de nombreuses autres entreprises ésotériques, perdrait tout son sens et s'effondrait. La réincarnation *avec* tous les mondes possibles dans lesquels l’âme peut prendre naissance évidemment. Des mondes invisibles aux pauvres non-initiés, qui ne savent pas ce qu’il les attend, quand leur âme est en flottaison libre. Il y aurait des billions de monde inhabités dans l’espace intersidéral. Pour empêcher ses âmes de se perdre, le Messie Cosmo-planétaire avait conçu un dispositif astucieux capable de capturer les âmes flottant par-ci par-là dans l’espace sidérant. Actuellement, (et on n’était qu’en 1991 !), la “Colonne de Lumière” (le nom du dispositif) aurait sauvé 620 milliards d’âmes en évolution. Ne ratez pas la cible en faisant Powa ! Le dispositif consiste en six bras, chaque bras contenant 21 niveaux de conscience. Il dirige ensuite les âmes vers Dieu à travers les sphères célestes, et en évitant les enfers et les paradis des autres religions, pour ne pas perdre plus de temps encore[6].

Contrairement aux autres religions empêtrées dans un Kaliyuga, un Mappo, un Acopalypse, l’âge collapsologique etc., les Aumistes vivent à l’Âge d’or, mais attention, cela ne va pas durer. Pendant l’Âge d’argent, les gurus et les buddhas préfèrent rester dans leurs paradis artificiels. A partir de là, ça dégénère vraiment. Pendant l’Âge de bronze, une grande guerre éclatera entre Lemuria et Atlantis. Atlantis battra Lemuria, mais la chute d’Atlanta annoncera l’âge de fer (voir Rudolf Steiner). Pendant tous ces Âges, Dieu envoie son fidèle messie Hamsah Manarah ici-bas, pour restaurer l’Âge d’or. La condition sine qua non étant de croire en lui. Notre croyance est son carburant.
Il est aussi le Premier Hierokarantine, fondant pour l’Aumisme la Lignée des Corps de Dieu sur Terre dont la mission est de rétablir l‘Unité des Visages de Dieu et d’aider l’humanité à cheminer vers la Paix.”

Après avoir écrit 22 livres saints accessibles à tous, patrimoine inestimable de l’Aumisme, clefs évolutives pour permettre au pèlerin d’accéder aux plus hauts niveaux de conscience, après avoir enseigné à des milliers d’humains la vérité de l’Unité des Visages de Dieu, après avoir transmis généreusement les fruits de ses recherches et son savoir à ses disciples, Sa Sainteté le Seigneur Hamsah Manarah, 1er Hiérokarantine, a quitté ce monde le 19 mars 1998." 

"Comme pour les bouddhistes de l’Ecole Karma Kagyu à l’égard de sa Sainteté le Karmapa, les aumistes attendent le prochain Hiérokarantine qui sera le 2nd de la Lignée initiatique des Incarnations divines pour leur religion.” (site Mandarom)
Dynamitage du Messie Cosmo-planétaire (photos Marianne)

Nul n'est prophète en son pays. Le 6 septembre 2001, était un jour noir pour l’Aumisme quand la statue du Messie Cosmo-planétaire fut dynamitée, cinq jours avant les attentats de New York le 11 septembre 2001. Oui, cela vous laisse coi hein ? Le hasard ? 


Délégation du Mandarom au Parlement des religions,
à Toronto 2018 (photos Mandarom)

Le mouvement continue d’exister, et aurait quand-même réussi le 31 Janvier 2013 à faire condamner la France pour violation de la liberté de pensée, de conscience et de religion par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH), et participe aux événements du Parlement des religions du monde (Parliament of the World’s Religions).

***

[1]Il est honoré par de grandes figures du Bouddhisme dont le Karmapa (Photo ci-dessus), les Lamas Pao Rimpoche et Kalu Rimpoche, qui ont reconnu en lui un Mahasiddha (Etre parfaitement accompli) rattaché à la Haute Lignée des Maîtres du Lotus.” Site du Mandarom

[2] La citation viendrait de Hamsah Manarah, 1995: 9. Je n’ai pas accès à ses livres, et je m’appuie donc principalement sur l’article Notes on the Aumist Religion, A paper presented at the CESNUR 2003 Conference, Vilnius, Lithuania. Preliminary version.

[3]He was a member of the Theosophical Society and of the Masonic Grand Lodge of France, he actively participated in Rosicrucian, Martinist, cabbalist and alchemist societies, and also took part in organizations interested in the “Knights of the Holy Grail.” Thus, “through assiduous participation in esoteric groups to which I pay homage, I became aware that there existed a strange world, occult, invisible, populated by afflicted souls, demons, angels, bizarre divinities. […] I began to study all the occult sciences to become more aware of those forces which cannot be seen, but which – secretly – make and unmake the world” (Hamsah Manarah, 1993b: 323-324).” Notes on the Aumist Religion

[4]Aumism is presented as the universal religion of the new era (the Golden Age), an active and dynamic philosophy: the “Universal Religion of the Unity of the Faces of God” (authentic dogma of the Aumist movement). The foundations of the Aumist doctrine are summed up in “five Truths”: (1) the truth on death, which is nothing but a change of state; (2) the truth on suffering, suffering arising from the fear of moving forward; (3) the truth on pain, which makes one take giant steps toward God; (4) the truth on evolution, based on a law according to which every being that is born must have, as its purpose, the attainment of a higher level; (5) the truth on the ultimate goal to be reached (Hamsah Manarah, 1991: 43-44).”

[5]The essential message of the Aumist religion is eclectic, one of synthesis contained in the sound AUM, which Hamsah Manarah’s disciples consider to be the source of creation, the primordial sound, the sound that gave birth to all other sounds, the first and highest vibration, also called pranava (from prana, vital energy, and va, vehicle), i.e. the driver of energy. In this sense, the three letters of AUM correspond to three principles: the primordial A of the world before the creation (physical level); the U of the creation (mental level); the M of the expansion of creation (spiritual level). Thus, AUM corresponds to the past, the present and the future, and as such propels toward the absolute, destroying ignorance and evil, uniting Heaven and Earth; it is both liberating and liberator, the name of God, symbol of the supreme reality. According to Aumist doctrine, the sound AUM acts differently depending on how it is pronounced: when enunciated aloud it purifies the environment, crystallizes good vibrations and eliminates evil; when voiced quietly it calms the mind, prepares for concentration and promotes healing; when spoken mentally, it helps concentration and meditation.”

[6]The concept of reincarnation, linked to the first of the “five truths” (the truth about death), plays an essential role in Aumist doctrine, and Hamsah Manarah dealt with the subject of visible and invisible worlds (including transmigration of souls) by stating that “there are billions of inhabited worlds in intersidereal space, but at different stages of evolution” (Hamsah Manarah, 1991: 13). After death, the soul passes through all levels of the evolutionary scale, from the mineral kingdom to plant, animal and human, finally reaching the Divine (its real nature). In 1985, Hamsah Manarah declared that he had created the Column of Light, an instrument aimed at receiving souls that have left the body, and which currently houses about 620 billion evolving souls. The Column of Light is composed of six arms, each with twenty-one levels of consciousness. Considered an “enormous post mortem university,” it serves to direct the souls and stimulate them in their evolution toward God, integrating the astral world, the celestial planes, the hells and heavens of the various religions, thus promoting the crystallization and perpetuity of the Golden Age on Earth.”

jeudi 3 décembre 2020

"C'est dur d'être aimé par les cons"


"Anger"

Chizuo Matsumoto (1955-2018) alias Shōkō Asahara avait d’abord fait des études d'acupuncture et de médecine chinoise, avant de s’intéresser à l’ésotérisme pendant les années du "mikkyō boom" et de fréquenter la secte Agonshū. En 1984, l’année où Kiriyama Seiyū invita le Dalaï-Lama (mai 1984), pour participer à un rituel du feu (skt. homa) au Nippon Budōkan, Shōkō Asahara lança sa propre carrière d’entrepreneur charismatique en créant d’abord la Société Aum, avant de la transformer en 1987 en la secte Aum Shinrikyō (“Vérité suprême d'Aum”), plus tard (1995) responsable pour les attaques au gaz sarin dans le métro de Tokyo.
La secte Aum faisait pratiquer le yoga à ses fidèles qui, pendant ces séances, vivaient parfois des expériences comme voir une lumière ou sentir l’énergie monter en soi : des phénomènes psychologiques que les yogis à la pratique intensive ou les moines bouddhistes ressentent également. Mais la secte Aum faisait de ces phénomènes des « expériences divines » : la preuve que les disciples avaient atteint un certain niveau spirituel, grâce à l’énergie prodiguée par leur gourou. Pour que plus de fidèles atteignent cette « expérience divine », la secte fabriqua par la suite des drogues, notamment des amphétamines et du LSD, administrées aux disciples dans le cadre de cérémonies.” (Wikipédia)

En 1984, Shōkō Asahara avait donc assisté au rituel de feu conduit par Kiriyama Seiyū (de la secte Agonshū qu’il fréquenta) et le Dalaï-Lama. En 1986, il fit un voyage en Inde, pour atteindre l’éveil en pratiquant l’essence du taoïsme, du yoga (Shōkō Asahara s’identifia aussi à Śiva, pour son côté destructif...[1]) et du bouddhisme. C’est “dans les Himalayas” qu’il trouva la “vibration sacrée”. 


En février 1987, il fut reçu par le Dalaï-Lama, qui en partant lui aurait dit : 
Cher ami, ... regardez le bouddhisme du Japon d'aujourd'hui. Il a dégénéré en cérémonialisme et a perdu la vérité essentielle des enseignements. ... Si cette situation continue, ... le bouddhisme disparaîtra du Japon. Il faut faire quelque chose" 
Le Dalaï-Lama lui aurait confié alors une mission spirituelle : "Vous devriez répandre le vrai bouddhisme là-bas [au Japon]. ... Vous pouvez bien le faire, parce que vous avez l'esprit d'un Bouddha. Si vous le faites, j'en serais très heureux. Cela m'aidera dans ma mission"[2].
C’est en rentrant au Japon qu’il commença à enseigner la “Vérité suprême d'Aum”, prêt à "sauver" les gens au même titre que le bouddha Śākyamuni... ou Shiva.... Il avait une relation privilégiée avec Nostradamus comme Kiriyama Seiyū. Pourquoi avait-il été reçu par le Dalaï-Lama à plusieurs reprises ? Selon le journaliste Christopher Hitchens (His Material Highness”, Salon Magazine, 13 juillet 1998), Shōkō Asahara aurait fait don de 45 millions de roupies, soit environ 170 millions de yens (environ 1,2 million de dollars), et il avait été récompensé pour ses efforts par plusieurs rencontres. Un article de Libération du 13 octobre 1995 rapporte que “le gouvernement en exil du dalaï-lama a[vait] accepté des donations de Shoko Asahara, le chef de la secte japonaise Aum, mais uniquement pour améliorer le sort de réfugiés tibétains.”

La secte de Asahara comptait vingt organisations dans tout le Japon, trente sociétés dans différentes branches (également étrangères), une société commerciale à Taïwan, un élevage de moutons en Australie, une plantation de thé au Sri Lanka, des programmes de radio et de télévision en Russie, une chaîne d'ordinateurs, des restaurants, des centres de remise en forme et une clinique. À son apogée, Aum-Shinrikyo avait 40 000 membres,10 000 au Japon et 30 000 en Russie. Après l'attentat, la secte fut officiellement dissous, mais avait continué à vivre sous le nom d'Aleph (Martin Heißwolf[3]).

Karmapa XVI avec Gilbert Bourdin au Mandarom en 1977 

Martin Heißwolf[4] semble établir un lien entre le nom “Aum” de la secte et laumisme de Gilbert Bourdin du Mandarom Shambhasalem, qui tenta une fusion entre l’ésotérisme de terroir et l’ésotérisme oriental. Ce sera pour un autre blog.

Les entrepreneurs charismatiques de tous genres semblent avoir un faible pour les maîtres ésotériques tibétains, qui le leur rendent bien. C’est sans doute simplement un échange de bons procédés. Les entrepreneurs charismatiques cherchent une caution spirituelle, et les maîtres ésotériques tibétains cherchent de l’argent. Pas pour eux-mêmes évidemment, mais pour leurs divers projets spirituels (construction de temples, de stupas, de statues-géants, des associations caritatives pour l’éducation des enfants, etc. etc.), afin de diffuser le Saint Dharma. Ce n’est pas de leur faute si certains de leurs collègues charismatiques déraillent carrément. 

En visite à Dharmasala

Sans le penchant “cérémonialiste” des Japonais, des Taïwanais, des Russes, des Occidentaux … s’intéresseraient-ils encore à eux ? Personne ne semble vouloir se tourner vers “le bouddhisme de Nalanda”, mais dès qu’il y a un gadget ésotérique à toutes fins utiles, des chercheurs spirituels partout dans le monde affluent. L’offre et la demande. Et l’ésotérisme à tellement à offrir, “the sky is the limit”...

DL et Raniere, à Dharamsala, on dirait la même pièce et la même table...
arrêt sur image The Vow (HBO) de Mark Vicente 

Conférence à Albany 2009 (photo HBO/The Mail)

Le Dalaï-Lama en a-t-il terminé avec ses déboires à cause d'amis encombrants ? La dernière en date était Keith Raniere de la secte Nxivm (voir Open Buddhism), qui vient d’être condamné le 27 octobre 2020 à une peine de prison de 120 ans et une amende de 1,75 millions de dollars. L’entrepreneur charismatique américain entretenait des contacts avec le Dalaï-Lama, qui avait préfacé son livre “The Sphinx and Thelxiepeia” (2009), et qui avait parlé à une conférence à Albany aux USA en 2009, à l’invitation de Raniere. Dans la série The Vow (de Mark Vicente, sur HBO, épisode 5&6), on voit les pourparlers entre l’équipe de Dalaï-Lama et l’équipe de Nxvium, pour régler quelques détails… là aussi, des dons importants auraient été faits au Dalaï-Lama pour ses bonnes oeuvres. L’affaire avait fait l’objet d’un article dans le Daily Mail, et lOffice du Dalaï-Lama avait réagi en précisant qu’aucun montant de cette somme (1 million de dollars) n’avait été reçue par le Dalaï-Lama ou par une de ses charités[5].

Extrait de la préface (The Sphinx and Thelxiepeia) du Dalai-lama :
Exercising of critical faculties in the Ethical real entails taking responsibility both for acts and for the underlying motives. If we do not take responsibility for our motives, whether positive or negative, the potential for harm is much greater. The moral value of a given act is to be judged in relation both to time, place, and circumstance and to the interests of everyone involved now and in the future. It is conceivable that a given act is ethically sound on one particular set of circumstances, but that at another time and place and under a different set of circumstances it may not be.

The authors of this book present readers with a challenge in seeking to contribute to building a compassionate, ethical humanity they often discuss recognised problems from unfamiliar angles. In the part of the world from which I come, there is a well-known adage that even when offered gold, device tested, beating it and burning it to ensure its value before accepting it. This means that rather than take any advice on trust. We should think about it and ask ourselves if it's useful. If we decide it is, then the sensible thing is to put it into practice
.”

***

[1] Aum Shinrikyo. Ein Kapitel krimineller Religionsgeschichte, Martin Repp, 1997

[2] The Cult at the End of the World: The Terrifying Story of the Aum Doomsday Cult, from the Subways of Tokyo to the Nuclear Arsenals of Russia, David E. Kaplan, Andrew Marshall, 1996, page 13. Traduction DeepL.
Dear friend, … Look at the Buddhism of Japan today. It has degenerated into ceremonialism and has lost the essential truth of the teachings. … If this situation continues, … Buddhism will vanish from Japan. Something needs to be done” (Kaplan and Marshall, 1996, p. 13). Thereupon the god-king entrusted him with a spiritual mission: “You should spread real Buddhism there [in Japan]. … You can do that well, because you have the mind of a Buddha. If you do so, I shall be very pleased. It will help me with my mission” (Kaplan and Marshall, 1996, p. 13).

[3] Japanese Understanding of Salvation: Soteriology in the Context of Japanese Animism, Martin Heißwolf, 2017.

Asahara’s “empire” consisted of twenty organizations all over Japan, thirty companies of various branches (also foreign), a trading company in Taiwan, a sheep breeding farm in Australia, a tea plantation in Sri Lanka, radio and TV programs in Russia, a computer chain, restaurants, fitness-centers and a clinic. In its heyday Aum-Shinrikyou [] had 40,000 members (Langbein et al. 2002, 159), 10,000 in Japan and 30,000 in Russia (Parachini and Furukawa 2007, 534). After the attack, Asahara was officially deposed. Aum-Shinrikyou [] lived on under the name Aleph [] and speedily recovered. As early as 1997, it had rebuilt fifteen local centers and recruited about 5,000 members (Langbein et al. 2002, 161). However, in 2009 they counted about 1,500 members (Ellington 2009, 168). In 2012 there were 1,200 to 1,300 members with a growth rate of about two hundred new members every year (Japan Today 2012).”

[4]Aum as religion goes back to Gilbert Bourdins’ (1923-1998) Aumism. In his late twenties, Bourdins dedicated himself to the search for the “divine,” he became a member of the Theosophical Society and the French Grande Loge Nationale, became actively involved in various societies affiliated with Rose-Cross, Martinism, the Kabbalah, and Alchemism, and showed interest in the Holy Grail. In the early 1960s he travelled to Rishikesh (in the Himalayas) and became acquainted with the influential guru Swami Sivananda, the founder of the Divine Life Society (Zoccatelli 2005, 215-216), from whom, at the occasion of his initiation as sannyasin, he received his new name, Hamsananda Sarasvati. He founded Aumism sometime in the 1970s or 1980s (Zoccatelli 2005, 217)

[5]We wish to categorically state that His Holiness the Dalai Lama never takes an honorarium or fee of any sort, nor does he require that any payment be made to charities or organizations, as a condition of his making a personal appearance. Therefore, the reported allegation has no basis. Neither His Holiness the Dalai Lama nor the Dalai Lama Foundation ever received the alleged $1 million in connection with His Holiness’s appearance in Albany. (The Office of His Holiness the Dalai Lama)