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mercredi 9 juin 2021

Sur les "obstacles" qui nuisent à l'activité de maîtres tibétains

Message (automatiquement traduit) sur le site de Bodhicarya Allemagne

C’est une lettre en interne (“Newsletter”) aux 900 membres de Bodhicharya Allemagne ainsi que la publication sur leur site d’une déclaration officielle de distanciation de l’activité du moine allemand Tenzin Peljor, qui me pousse à écrire ce blog.

Depuis plusieurs années, et surtout depuis 2017, l’année de Metoo et de la démission de feu Sogyal Lakar, le bouddhisme tibétain fait face à une série de cas d’abus sexuels médiatisés. Des groupes de discussion d’anciens victimes et de survivants ont fait leur apparition sur Internet. Un de ces groupes, “Diffi-Cult”, est géré par le moine bouddhiste allemand Tenzin Peljor (Michael Jäckel). Ces publications lui avaient déjà valu un procès en justice de la part de Ole Nydahl, Buddhismus Stiftung Diamantweg, qui sest terminé par des arrangements ("Vergleiche").

Karmapa XVII Ogyen Trinley Dorje fait depuis quelque temps l’objet d’accusations de la part de plusieurs femmes sur Internet et dans la presse, et en mai dernier, une Cour suprême canadienne a autorisé Vikki Hui Xin Han, une des femmes, à initié une procédure (“child support”) contre “Mr. Dorje”[1], de qui elle aurait eu un enfant suite à un rapport sexuel non-consenti. À sa plainte initiale s’était ajoutée une demande de pension alimentaire pour époux (“spousal support”). Vikki Hui Xin Han était devenue nonne (novice, “nun-in-training”) et voulait devenir une bhikshuni (nonne pleinement ordonnée). Elle faisait une retraite de trois ans, durant laquelle les faits allégués auraient eu lieu.

L'article de Joanne Clark sur Diffi-Cult et les nombreuses réactions

Tenzin Peljor a récemment publié un blog ("guest post") écrit par Joanne Clark, où ce sujet est traité : “Hurts within the Karma-Kagyu School, is it time for a change of heart?” (voir le blog de Joanne Clark, y compris pour des détails/références sur cette affaire). Pour l’instant, je laisserai de côté l’affaire et les allégations.

Tenzin Peljor avait été invité par Ringu Tulku en 2005 à s’installer dans son centre Bodhicharya de Berlin, pour y étudier et enseigner (source). Le 27 mai 2021, Bodhicharya Allemagne annonça la tenue d'une Récitation de mantras de Tara blanche pour SS Karmapa, tout en précisant par la même occasion de prendre ses distances de ce que diffusait Tenzin Peljor au sujet des allégations contre SS Karmapa sur certains réseaux sociaux.
Il y a actuellement des allégations contre HH Karmapa sur certains réseaux sociaux. Puisqu'il y avait eu des enquêtes à ce sujet, le Conseil de Bodhicharya a clairement indiqué qu'en consultation avec le chef spirituel Ringu Tulku Rinpoché, il s'était distancié de ce qui avait été diffusé par Tenzin Peljor au sujet des allégations contre HH Karmapa. Tant que l'enquête n'est pas terminée, les soupçons ne doivent pas être présentés comme des faits. Tenzin Peljor a vécu avec Bodhicharya dans le passé, mais il n'a pas résidé à Bodhicharya Berlin depuis un certain temps, ce qu'il écrit sur les soupçons est son opinion personnelle et non celle de Bodhicharya.” (traduction automatique Google).
Tant que son site s’occupait d’autres cas d’abus, il n’y avait pas de besoin de s’en distancier ou de reprocher à Tenzin Peljor de “prendre des allégations pour des faits”. Mais, en traitant du cas de SS Karmapa sur son site, Tenzin Peljor subit des pressions (“mobbing[2], du harcèlement organisé au niveau collectif) de la part de membres de l’école Karma-Kagyu, et le bureau de Bodhicarya se sentait obligé de prendre officiellement des distances de l'activité de son moine résidant dans ce domaine. Par ailleurs, Tenzin Peljor se défend[3] contre l’accusation de “présenter des soupçons comme des faits” et dit avoir le soutien de l’Union Bouddhiste d’Allemagne (DBU). Le simple fait de s’intéresser à la question, de vouloir vérifier s’il y a en effet du feu derrière la fumée, suite à Metoo, aux scandales précédents dans le bouddhisme tibétain, suite à la réponse du Dalaï-Lama qui dit en gros, si vous n’êtes pas entendu, alertez les média, semble déjà de trop pour certains membres de l’école Karma-Kagyu. En fait, ils ne veulent pas le vérifier, car ils ne veulent pas le savoir, surtout si c’était vrai ... Il s’agit donc pour le moment de resserrer les rangs, de stigmatiser les dissidents, et de blâmer “les obstacles” (tib. bar chad), tout en invitant les fidèles de les pacifier par des récitations comptabilisées.

Ainsi, la récitation de mantras pour SS Karmapa à l’initiative des lamas de l'Institut Kamalashila est organisée notamment pour “pacifier les obstacles” qui pourraient nuire à l’activité de SS Karmapa, qui va avoir 36 ans cette année en juin.
Dans la tradition tibétaine la 12ème année, et chaque multiple de 12 ans et retour du signe zodiacal de naissance est considérée comme une année d'obstacle[4].”
La même chose s’était produit pour Sogyal en 2017, suite à la publication de la lettre ouverte par huit disciples. En 2017, Sogyal avait 70 ans, et il s’approchait de son année zodiacale néfaste (l’âge des Tibétains était calculé du moment de la conception). Cette publication et les doutes que pouvaient éprouver ses disciples en les apprenant étaient considérés comme “des obstacles” à l’activité du maître, mais qui pouvaient être dissipés par la récitation de mantras et de prières, et par des rituels de conjuration, pour contrer l’influence du retour néfaste de son signe zodiaque. Il s’agissait en fait de ressouder les disciples autour du maître par des pratiques collectives, en interdisant toute critique et en se dissociant publiquement de ceux qui avaient un oeil plus critique. Les deux éléments sont présents et associés dans le message de Bodhicarya Allemagne ci-dessus. C’est cela l’objet de mon blog.

Il y a bien des faits allégués avérés et/ou vérifiables dans cette affaire. Je reprends ci-dessous quelques faits allégués mentionnés par la Cour canadienne.

Suite à la première rencontre lors d’un puja en 2014, Mme Han voulait devenir nonne et faire la retraite de trois ans. Elle rencontra brièvement Mr. Dorje, qui approuvait son voeu de devenir nonne. En octobre 2016, elle commença sa retraite de trois ans dans un monastère dans l’état de New York. Mr. Dorje est venu deux fois dans ce monastère. Le rapport non-consenti aurait eu lieu un an plus tard en octobre 2017, et Mme Han serait tombée enceinte suite à cela. En novembre 2017, en la présence de témoins, Mme Han informa Mr. Dorje d’être enceinte de lui, ce que dernier niait, tout en donnant son numéro de téléphone et adresse mèl à Mme Han et en lui promettant de l’argent. Suite à cela Mme Han décida de ne plus vouloir devenir nonne (bhikshuni) et quitta la retraite. Il s’en serait suivi des échanges fréquents par mail et par téléphone, en parlant notamment de l’enfant à naître, ce que Mme Han considère être des “rapports conjugaux”. A l’aide de tiers, Mme Han aurait reçu quatre virements de respectivement $50,000 CDN, $300,000 CDN, $20,000 USD et de $400,000 USD. Le 19 juin 2018 Mme Han donna naissance à une fille. Mme Han et Mr. Dorje auraient initialement fait des projets d’une vie commune, mais à partir de janvier 2019 tout contact fut coupé, et le 17 juillet 2019 Mme Han initia cette procédure.

C’est à la Justice canadienne de trancher dans cette affaire et de décider si telle ou telle allégation est infondée ou un fait. Cela sera fait lors d’une audition le 11 avril 2022. Mais dores et déjà, il y a bien un enfant né, et apparemment conçu lors d’une retraite de trois ans dans un centre Karma-Kagyu par une femme, qui était nonne novice au moment de la conception.

Quelque soit l’issu de cette affaire spécifique, ce qui ne change pas c’est le harcèlement collectif dont font l’objet ceux qui veulent les rendre publiques, afin d’en débattre, pour que des mesures soient prises pour éviter des “malentendus” et la reproduction des conditions, permettant des abus de tout genre, avec de nouveaux victimes. Apparemment, les trois types de voeux (pratimokṣa, bodhisattva, vajrayāna) ne suffisent pas toujours, pour se comporter de façon socialement (ou légalement) correcte.

Cette problématique récurrente dans le bouddhisme tibétain aurait dû faire l’objet d’une réunion de chefs tibétains en novembre 2018, mais celle-ci n’aurait pas pu se tenir à cause de la mort d’un des chefs de lignée de l’école Nyingma, et l’absence de SS Karmapa, qui était retenu aux USA. "Les leaders religieux devraient être plus attentifs" à cette problématique avait déclaré le Dalaï-Lama[5]. Même si ce n'est pas une coutume tibétaine...


***

MàJ26092021 

"I would also like to ask you to avoid to bring a sectarian taste into the discussion. I served for many years for a Kagyu Center and organised the visit of the Karmapa at that very center’s temple (I was – against my will – in charge of that.) The feedback of all the visitors and also of the spiritual leader of this Kagyu centre, a known Rinpoche, was just excellent in all ways. So, don’t put me in the Gelug box to sustain or revive sectarian impulses and to further polarise or fuel hostility." Reaction of Tenzin Peljor in the discussion Hurts within the Karma Kagyu

"The Kagyu Center" en question est le centre Bodhicharya de Berlin, et son rinpoché est Ringu Tulkou. Tenzin Peljor déclare ici ne plus se considérer Karma Kagyu (mais Geloukpa), et donc ne plus suivre Ringu Tulkou.    



[1] Han v. Dorje 2021 BCSC 939.

[2]Gegen dieses – von mir und Beobachter:innen als Mobbing wahrgenommene – Verhalten konnte ich mich nicht wehren, da 1) Ringu Tulku mich bat, den Beschluss des Vorstandes mich als Residenz Mönch abzusetzen zu respektieren und andererseits 2) nicht dazu beizutragen, dass die Mitglieder von Bodhicharya sich gegen den Beschluss des Vorstandes mich abzusetzen erheben. Das wichtigste sei Harmonie. Das habe ich akzeptiert.” Déclaration FB de Tenzin Peljor

[3]However, there are now forces within the Karma Kagyu school and among old friends within that school who want to discredit, ostracise and continue to bully me by claiming wrongly (via newsletter) the allegations exist only on social media and I would have spread suspicion as facts. Both claims are wrong. They might not understand the difference between rumours and serious allegations in a court case, reported by mainstream media, and reporting on allegations as allegations. Luckily, this time, the DBU board stands behind me – unlike in the past, were they sided with Nydahl and Diamond Way against me. So, there are already quite some powerful changes in the power structures of a national Buddhist body which I find encouraging.” Diffi-Cult

[4]SH Karmapa wurde am 26. Juni 1985 geboren, im Jahr des Ochsen, und in der tibetischen Tradition wird jeweils das 12. Jahr mit der Wiederholung des Geburts-Tierkreiszeichens als Hindernisjahr angesehen. Ziel ist es, 216 000 Rezitationen des Mantras der Weißen Tara zu sammeln und zu widmen, um sie S.H.Karmapa symbolisch zu seinem 36. Geburtstag zu überreiche, zur Befriedung von Hindernissen, für die Gesundheit und ein langes Leben sowie die grenzenlosen Dharma-Aktivität SH Karmapas. Die Anzahl der rezitierten Mantras könnt ihr per eMail an socialmedia@karmakagyu.de schicken.” S.H. der 17. Karmapa Ogyen Trinley DorjeMantra Rezitation

[5] Midi Libre 16/09/2018
Une nouvelle rencontre est prévue en novembre entre tous les leaders spirituels tibétains à Dharamsala, où "ils devraient parler" des allégations d'agressions sexuelles, a suggéré le Dalaï Lama. "Les leaders religieux devraient être plus attentifs" à cette problématique, a-t-il conclu.”

jeudi 5 octobre 2017

Banquets et symposiums, alcool ou lait ?


Symposium au lait dans le Milk bar d'Orange Mécanique (Kubrick)

Le poète américain Allen Ginsberg (1926 - 1997), membre fondateur de la Beat Generation, était un très proche disciple de Chogyam Trungpa. Il s’inquiétait de l’alcoolisme de son maître[1], mais considérait la consommation d’alcool néanmoins comme une pratique millénaire du bouddhisme tibétain. Dans l’article In When the Party's Over, Boulder Monthly, il expliqua cette pratique millénaire, pratiquée lors des banquets (sct. gaṇacakra G. symposium).
« Je ne sais pas dans quelle mesure ces instructions sont secrètes, du point de vue des personnes qui disent « Oh, je vais boire de manière consciente, car je connais les secrets de l’Orient. » Vous voyez, on peut développer une sorte d’immunité à la boisson. Je veux dire, quand vous êtes conscient - vous avez fait de nombreuses années de pratique assise, vous êtes conscients de votre plénitude - alors, au moment où vous réalisez que vous devenez trop ivre pour boire encore davantage, vous arrêtez de boire de grosses quantités et vous buvez à petites gorgées, très lentement. Voilà ce que l’on fait pendant les banquets et les fêtes vajra. C’est très similaire à ce que l’on lit dans des livres sur le Kamasutra. Ne pas éjaculer, ce genre de choses.
Donc, tout l’entraînement que vous avez reçu, vous l’appliquez pendant les banquets. Un symposium, un symposium platonique – voilà le genre de chose que le banquest est censé être. Ce n’est pas vraiment un banquet pour de gros ploucs. Cela repose sur une tradition de plusieurs milliers d’années, et il y a un règlement et des règles. »[2]
La tradition à laquelle fait référence Allen Ginsberg, est celle des yogis Nyeunpa du XV-XVIème siècle, adeptes de la lignée de Nāropa, qui avaient hagiographiquement entraîné Milarepa et Gampopa dans leur « folie » et en fait des « buveurs conscients ».

Une autre tradition, davantage bouddhiste, considère l’alcool comme un danger. D’ailleurs, même Maitrīpa/Advayara, en commentant les Distiques de Saraha, avertit contre les dangers des gaṇacakras et préconise une méthode plus Naturelle (sahaja).
« Ils mangent, ils boivent et éprouvent la joie de l'union
Les cercles [divins] se remplissent constamment
Par cette instruction ils concrétiseront l'autre monde
»
Mais, ajoute Advayavajra, « s'ils ne le concrétisent pas… » et il reprend Sahara :
« La tête de ces étourdis sera écrasée sous les pieds [du Seigneur du monde]. »
Gampopa, en bon kadampa, avait rédigé un rituel de gaṇacakra où on utilisait du lait au lieu d’alcool. L’histoire des Trois hommes de Kham montre par ailleurs, que le maître de discipline de Gampo (tib. dwags lha sgam po) interdisait la consommation d’alcool.


Le maître kagyupa Ringu Tulku avait donné un enseignement sur les 14 vœux-racine du vajrayāna le 25/9/2017 à Bodhicharya Berlin, basé sur un texte attribué à Ashvagosha. Ringu Tulku apprécie Gampopa et sa Mahāmudrā. Pour Ring Tulku les trois sortes de voeux (pratimokṣa, bodhisattva et vajrayāna) se combinent et se renforcent mutuellement. Il n’a pas voulu parler des cinq nectars des cinq viandes, mais avait parlé un peu de la consommation d’alcool lors des gaṇacakra. Il rappelle notamment (à partir de 1:02:10) qu’aussi bien le Dalaï-Lama et Karmapa XVII enseignent qu’un gaṇacakra (tib. tshogs) ne requièrt pas l’usage d’alcool ou de viande. Dans tous les gaṇacakras majeurs auxquels participe le Dalaï-Lama, il n’y a ni viande ni alcool. La même chose vaudrait pour le Karmapa XVII selon Ringu Tulku. Les parents de Ringu Tulku appartenaient au monastère Dzogchen au Tibet, où on utilisait également du lait au lieu d’alcool. Les bouddhistes tibétains semblent donc avoir le choix entre plusieurs traditions millénaires, l’une étant plus "normativement" bouddhiste que l’autre.

Enregistrement audio de l'enseignement

Pour finir, l’avis d’un yogi Nyeunpa, Droukpa Kunleg :

« Une fois, un ascète qui faisait le tour du Nepal, était en train de boire en disant : « On peut boire de l’alcool pourvu qu’on soit dans l’état de non-attachement. » Je fis ceci : « Celui qui n’entre pas dans l’attachement (au Moi et aux choses) est un yogin exceptionnellement saint. Mais alors, qu’adviendra-t-il si, dans cet état de non-attachement, on tue, on vole, on trompe ou qu’on prépare et administre des poisons ? Que signifierait alors le non-attachement ? Mais vous me direz que les divinités tutélaires et les dieux protecteurs de la religion boivent de l’amṛta (du nectar, en réalité de l’alcool). Est-ce qu’ils achèteraient de l’alcool ? Est-ce qu’ils en chaufferaient ? Quel serait le matériau de cet alcool ? Est-ce qu’un corps pareil a l’arc-en-ciel aurait besoin d’alcool ? On trouve dans les sutra l’histoire que le Buddha, bien qu’il ait pris un corps pour le bien des êtres, n’a jamais pris de nourriture. Mais il arrive effectivement qu’il soit nécessaire de fabriquer de l’alcool excellent alors qu’on ne s’y attache pas par la pensée. Même si on n’en fabrique pas parce qu’on sait que c’est un péché, du moment qu’on y pense, c’est encore une pensée. La meilleure (façon) de ne pas être distrait (agité), c’est de laisser aller dans un état sans artifice (spontané), clair, pur, nu . Dans cet état-là, il n’y a point de pensée discursive (distinguant) entre alcool et eau. Et si l’on n’a pas de ces (pensées discursives), on n’aura pas soif. Si pas la moindre pensée discursive n’implique un attachement à la réalité, il n’y aura pas de grande cause d’événements. Si l’on a envie de boire de la bière, mieux vaut encore admettre qu’on n’est pas capable d’y apporter un remède. Parmi les diets de rGod-tsang-pa on trouve les mots : « Il convient de se mouvoir sans entrer dans l’attachement ; c’est ce qu’on appelle l’apparition méditative des pensées discursives . » Je crains que vous n’y ayez pas réfléchi le moins du monde. Ne pas entrer dans l’attachement était tout de même une qualité du Buddha, et même de grands pandit et siddha comme Atiśa et d’autres l’ont, eue. Or ils n’ont pas conseillé de fabriquer de l’alcool, que je sache. »
Vies et Chants de ‘Brug-pa Kun-legs le yogin, R.A. Stein p. 79-80.

***

« Moi, yogin, je ne suis pas resté ; moi, yogin, je suis parti.
Moi, yogin, j’ai visité les écoles de l’ordre des bKa’-brgyud-pa.
Dans ces école, chacun tenait une cruche à bière.
Moi, yogin, je me suis contenu. J’aurais craint de participer
à un festin d’ivrognes qui engagent un chanteur. »

Vie et chants de brug-pa kun-legs le yogin de R.A. Stein (p. 181, manuscrit p.105)

rnal ‘byor ngas ma bsdad rnal ‘byor ngas phyin//
rnal ‘byor ngas bka’ brgyud kyi grwa sa ru phyin//
bka’ brgyud kyi grwa sa na mi res chang ban re bzung*//
rnal ‘byor nga glu mkhan nyo chang ba’i gral du tshud kyi dogs nas rang tshod bzung ba yin//
[1] « Votre comportement d’alcoolique- est-ce juste vous, une tradition, ou qu’est’ce que c’est au juste ? » Trungpa lui répond comme Milarepa à Dampa : « Je viens d’une longue lignée de bouddhiste excentriques » “Your dranken behavior—is this just you, or is this a traditional manner, or or what?
Trungpa: “I come from a long line of eccentric Buddhists.”
L’article Behind the veil of Boulder Buddhism et l’interview avec Allen Ginsberg When the Party's over

[2] « A. I don’t know how much is classified, from the point of view of people saying, “Oh, I’m going to do conscious drinking, because now I know the secrets of the East.” See, there’s a certain kind of immunity to drinking you can develop. I mean, when you realize — you’ve done a lot of sitting for years, so you're conscious of your fullness. At the point where you begin to realize you’re getting too drunk to drink more, you stop drinking heavily and you sip very, very slowly. At the Vajrayana banquets and feasts this is what’s done. It’s very similar to what you read in the books about the Kama Sutra. Not coming, things like that.
So now all the training you've had is applied to banqueting. A symposium, a Platonic symposium — the banquet is supposed to be something like that. It’s not just a big dumb slob banquet as such. It’s got several thousand years of tradition behind it, and it’s got rules and regulation
s. » 

When the Party's over