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dimanche 17 octobre 2021

Matthieu Ricard sur l'accueil des victimes d'abus sexuel (C à vous)

Matthieu Ricard, moine bouddhiste, s'exprime sur le rapport Sauvé - C à vous - 18/10/2021

(Transcript de 0:00 - 3:05, mis en gras cursif ajouté par moi)

Journaliste : Vous comprenez cette règle du secret de la confession ?

MR : <soupir> C'est certainement pas à moi de juger. J'ai entendu hier un médecin qui disait que le même secret professionnel du médecin s’arrête lorsqu'il y a un danger, et lorsque il y a des souffrances qui sont en jeu et qu'on pourrait éviter.

Donc, si vous voulez, <sourire gêné> sans le moindre du tout m’immiscer dans ce débat,  je dirais que si notre but ultime est l'amour, la bienveillance et la compassion,  tout ce qui permet d’éviter la souffrance est éminemment désirable.

Je me rappelle que quand Kant disait qu’il ne faut pas détruire la texture de la vérité pour l’humanité toute entière, et que si quelqu’un, un criminel cherche à tuer quelqu’un et le poursuit, et qu’il vous demande par où il est passé, il faudrait dire la vérité. C’est un cas extrême, mais ça me paraît un peu bizarre du point de vue de la compassion.

Donc je pense qu’une éthique incarnée, où vraiment on fait de son mieux pour éviter de la souffrance, c'est personnellement ce qui m'inspire le plus.

Journaliste : La commission Sauvé, dont les conclusions sont sidérantes : entre 2900 et 3200 prêtres pédocriminels qui ont sévi dans l'église de France, depuis près de 70 ans, a soulevé également la question du célibat des prêtres. Est-ce que c'est une question qu'il faut se poser ?

MR : <explique ses raisons personnelles pour son choix du célibat>

(2:15) Journaliste : Mais ce qu’on comprend est que quand ce vœu de chasteté est subi très jeune et comme une contrainte, ça devient un problème.

MR : Si c’est une contrainte, c’est un poids qui se traduit par ce qu’on voit, et ce n’est malheureusement pas l’apanage des communautés chrétiennes, le bouddhisme ne fait pas exception, et dans toutes les communautés humaines, il y a 3% de psychopathes. On voit ça dans l’éducation, dans les familles, en fait le pire c’est presque dans les familles, dans le sport, le spectacle, on en voit en n’en plus finir. Ce qu’il faut, c’est accueillir les victimes, qu’elles ne soient pas laissées pour compte, des structures qui permettent de les guider, de les écouter, en temps utile, pas qu’elles aient besoin d’attendre 20 ans, 30 ans.

Journaliste :  C’est peut-être là où l’église a failli ?

MR : <sourire gêné> Moi je ne peux pas juger... J’ai toujours du mal à dire du mal des autres, mais c’est vrai que dire les choses à temps, être attentif, pleine de bienveillance, et non pas essayer de se protéger d’une façon ou d’une autre.

 ---

Le reste de l’entrevue est consacré à la publication des Mémoires de Matthieu Ricard, la raison de sa fréquentation actuelle des plateaux de France télévision.

MàJ : La Libre Belgique Matthieu Ricard : "Il faut oser et nourrir la bienveillance, elle est contagieuse” 05/12/2021
"En Belgique, il y a eu un scandale avec Robert Spatz (chef d’une communauté bouddhiste, condamné à cinq ans de prison avec sursis, NdlR). Il a créé beaucoup de souffrances. Sa secte, ce n’est pas du bouddhisme, point final."

***

A relire :

Rappel de la clause de non-responsabilité à Sagesses bouddhistes (20/06/2021) 

En attendant de nouveaux orages ? (12 décembre 2020)

Ce n'est pas une coutume tibétaine... (27 avril 2021)

Cruel indifference (en anglais, 6 octobre 2021) 

jeudi 14 octobre 2021

Sur les intentions des uns et des autres

Message sur Diffi.Cult de Tenzin Peljor

Pour le bouddhisme l'intention détermine le type de karma créé et éprouvé.
" L'intention, je vous le dis, est le kamma. C'est à partir d'une intention qu'une personne crée du kamma en rapport au corps, à la parole, et à l'intellect. " — Nibbedhika Sutta AN 6.63
En théorie, quand nos actes, propos et pensées ont des conséquences, dont on n’avait pas l’intention, le bouddhisme considère qu’aucun karma n’a été créé. Il en va autrement de la notion de responsabilité telle que nous la connaissons.
“Les personnes morales de droit public peuvent voir leur responsabilité engagée à l'égard des particuliers ou d'autres collectivités publiques soit pour faute, soit sans faute (responsabilité dite de risque)”

“Charge entraînant la prise de décisions importantes et obligeant celui qui en est investi à rendre compte de ses actes et de ses résultats à ceux qui la lui ont confié”.
Dans le cas des abus dans l’église catholique de France, celle-ci est tenue responsable des conséquences de ses actions ou omissions d’actions, par le rapport CIASE (dit Sauvé). De nombreuses constatations, conclusions et recommandations que la commission fait à l’église de France pourraient aussi s’appliquer au bouddhisme tibétain, notamment tel qu’il s’enseigne et se pratique en France, sauf qu’il n’y a pas d’église bouddhiste tibétaine en France dont la responsabilité pourrait être engagée.

Il n’y a pas non plus d’église bouddhiste tibétaine dans la communauté des tibétains en exil, avec une responsabilité en la matière, ni de pontife responsable de l’ensemble, surtout si ses intentions sont bonnes... Personne n’est responsable de ce qui s’enseigne, se pratique et se fait sous l’enseigne “bouddhisme tibétain”. Un proverbe tibétain dit : “chaque lama sa religion, chaque région son patois” (tib. bla ma re re chos lugs re// lung pa re re skad lugs re). Il est mal vu entre lamas de se critiquer mutuellement. Le Sūtra du samādhi de la marche héroïque, le Śūraṃgamasamādhi (T642) met en garde contre les jugements hâtifs des comportements de bodhisattva laïques respectés. Quand on n’est pas soi-même un Bouddha, on ne peut pas juger de la réalisation d’un autre, qui pourrait être un bodhisattva de haut niveau pratiquant la marche héroïque (voir mon blog “La précieuse étoffe uniquement visible aux connoisseurs (vaijñānika)”. Ou comme l’a dit récemment encore Lama Zöpa Rinpoche au sujet de Dagri Rinpoche : “We will have to achieve enlightenment in order to investigate the beginningless rebirths of Dagri Rinpoche. We have to be enlightened; otherwise, we can’t investigate. This is my logic.”[1]

Il n’y a donc pas de jugement ou d’évaluation entre lamas, personne n’est rappelée à sa responsabilité, car il n’y en a pas. Si du mauvais karma a été commis, c’est le Karma métaphysique qui s’en chargera. Si chaque lama a sa religion - et du moment qu’un lama est bien affilié à un autre lama et à une lignée - il n’y a pas de “bouddhisme” dévié possible. La lignée et l’affiliation à celle-ci est tout.

Joanne Clark et Tenzin Peljor du site Diffi.Cult ont fait un procès d’intention[2] aux auteurs de l’article ‘Not The Tibetan Way’: The Dalai Lama’s Realpolitik Concerning Abusive Teachers, car leur article oublie de mentionner que le Dalaï-lama agit toujours avec de bonnes intentions. Dans un message du 11 octobre 2021[3], Tenzin Peljor invite à faire une distinction a priori entre les bonnes intentions du Dalaï-lama et les éventuelles mauvaises conséquences que pourraient avoir ses actes et prises de parole. Quand le Dalaï-lama invite les victimes/survivants de rendre public les abus qu’ils ont subis (quand leur lama et leur communauté n’a pas voulu les entendre), et qu’ils se trouvent tout seuls à affronter les vagues de critiques des bouddhistes loyalistes, sans soutien du Dalaï-lama ou d’autres porte-paroles du bouddhisme tibétain (où personne n’est responsable), ces conséquences néfastes n’étant pas l’intention du Dalaï-lama, on ne doit pas les lui reprocher… Ce ne serait pas juste.

On ne doit donc pas mettre en doute les bonnes intentions du Dalaï-lama, mais de l’autre côté on ne prête pas de “bonnes” intentions aux victimes/survivants osant prendre la parole en public, ou s’exposer dans un procès, où leurs vies et celles de leurs proches sont passées au peigne fin. Comment une discussion équitable serait-elle alors possible ?

Après la publication du report CIASE (dit Sauvé), nous avons en mains une autre façon bien réfléchie d’aborder les abus commis sous couvert d’une religion. Quelle que soit la doxa du bouddhisme tibétain, de nombreuses constatations, conclusions et recommandations du rapport peuvent très bien s’appliquer aux abus commis dans des communautés BT en France. Peu importe les intentions des représentants du bouddhisme tibétain, ce rapport pourrait bien inspirer une feuille de route pour lutter contre les abus commis dans les communautés, et éviter que ceux-ci se reproduisent.

***

[1] Lama Zopa Rinpoche’s Advice to Students of Dagri Rinpoche

[2] “A Disheartening Article: Stuart Lachs & Rob Hogendoorn on the Dalai Lama”

[3] Diffi.Cult, Tenpel on October 11, 2021 at 8:20 pm Reply

"I think it would be helpful for the debate to consider the difference between intention and impact.

While the Dalai Lama likely does not have bad intentions, his acting or non-acting has an impact. It would be good for him as well as the office or the TGI to consider the impact of not having set up a proper structure and good procedures to address abuse.

There is for sure an impact for endorsing Sogyal with the inauguration of the Lerab Ling temple, there is an impact for OKC kids of Spatz’s center being endorsed, there is an impact of leaving the burden to speak up on the survivors. I think such considerations and reminding the difference between impact and intention could really help the discussion and bring it forward.

While Joanne or I (maybe others’s too) seem to focus on the intentions, critical voices or critical survivors stress the impact. Stressing the impact is an important, a very important point
."

https://buddhism-controversy-blog.com/2021/10/04/a-disheartening-article-stuart-lachs-rob-hogendoorn-on-the-dalai-lama/#comment-736844

mardi 27 avril 2021

Ce n'est pas une coutume tibétaine...


Le Dalai Lama rencontre des survivants et des victimes à Rotterdam (2018) [Photo : Marlies Bosch]

‘Not The Tibetan Way’: The Dalai Lama’s Realpolitik Concerning Abusive Teachers


Stuart Lachs et Rob Hogendoorn viennent de publier un article sans fard sur des aspects moins connus du Dalaï-lama, chef spirituel et porte-parole du peuple tibétain après avoir été son chef séculier officiel (jusqu’en 2011). Les deux auteurs considèrent l’activité du Dalaï-lama comme celle d’un prêtre ordinaire (tout comme le Dalaï-lama lui-même “Je suis un simple moine”) et d’un point de vue terrestre. Il n’y a donc pas de place pour des raisons impénétrables, de folle sagesse, de prescience, de clairvoyance, de sagesse supramondaine etc. Dans l’article, le statut du tulkou se limite ainsi à l’institution ou l’office d’un tulkou, dont le nouveau fonctionnaire est choisi après la mort du précédent. L’institution du Dalaï-Lama commença officiellement au XVIIème siècle, et la plupart des Dalaï-Lamas ont dû partager leur pouvoir avec des régents, des patrons laïcs, des ministres, … Seuls, “le grand cinquième”, “le grand treizième” et “le grand quatorzième”, l’actuel, ont pu activement gouverner le Tibet et les Tibétains.

L’article nous apprend que le règne du XIVème DL a été plus long que celui de la reine Elizabeth II, et qu’il a vu passer huit papes et connu l’inauguration de 15 présidents étatsuniens, et d’autres puissants du monde. Il a entretenu des amitiés diplomatiques avec bon nombre parmi eux. D’autres amitiés sont plus personnelles et/ou d’ordre spirituel, notamment avec des leaders religieux (sectaires ou non) bouddhistes et non-bouddhistes. Et puis, il y a quelques “amitiés” encombrantes et malvenues. Nos auteurs passent en revue les relations du Dalaï-lama avec quatre maîtres abusifs bouddhistes et non-bouddhistes : Keith Raniere de Nxivm (condamné à 120 ans de prison), Chogyam Trungpa et son organisation (Thomas Rich - le régent vajra -, Sakyong Mipham), Shoko Asahara (condamné à mort et exécuté) d’Aum Shinrikyō, et Sogyal Lakar de Rigpa. Pour les détails, je renvoie vers l’article (en anglais), qui donne des détails moins connus, et à des blogs anciens (en français).

Comment “Océan de Doctrine du Bouddha” (tib. bstan ‘dzin rgya mtsho, le nom du Dalaï-lama XIV), réincarnation du Dalaï-Lama et avatar d’Avalokiteśvara, a-t-il pu avoir de si mauvaises fréquentations, à répétition, et longtemps après avoir été informé des abus ? Adeptes de folle sagesse et de compassion impartiale et inconditionnée s’abstenir. Qu’y avait-il à gagner dans ces relations ?[1] Pourquoi ne pas avoir fait appel à son autorité spirituelle (ou séculière) pour mettre de l’ordre, comme il l’avait su le faire dans d’autres cas ?[2] Certains disent que cela ne se fait pas chez les bouddhistes, qui ne seraient pas “des justiciers”[3]... ou que le Dalaï-lama préfère que les maîtres abusifs voient par eux-mêmes leur erreur et s’améliorent[4]. Compliqué, si l’erreur n’est pas vue, voire considérée comme l’expression d’un comportement éveillée antinomique, destinée à “faire s’éveiller” autrui, ou à dompter l’ego.

Le Dalaï-lama, et quelques autres (plutôt très rares), admettent qu’il s’agit bien d’erreurs et des fautes morales. Entre laisser faire les abuseurs se rendre compte d’eux-mêmes de leur “erreur” (y compris parfois des crimes), et inciter les survivants à rendre publiques ces fautes dans les médias, le grand quatorzième lui-même reste impassible (le changement ne viendra pas de Dharamsala). Impassible, tout en fréquentant depuis 1993 (tenue de la fameuse réunion), des maîtres abusifs et leurs communautés abusives, les cautionnant par des lettres de recommandation, s’affichant avec eux, les recommandant à leurs disciples “fortunés” de les avoir rencontrés, rédigeant les avant-propos de leurs livres, et recevant leurs dons pour les divers projets et les charités du Dalaï-lama. Ne pas cracher dans la soupe et ne pas faire des vagues semblent être les mots d’ordre général.

Ce n’est pas la coutume tibétaine (“Not the Tibetan way”, bod kyi lugs srol ma yin) de soutenir les survivants d’abus de pouvoir. Il y en a même qui prétendent que ce ne sont pas des abus de pouvoir, qu’il n’y a pas de survivants, et que les “survivants” devraient au contraire s’estimer heureux que le maître s’était occupé d’eux[5]. Ce n’est pas le cas du Dalaï-Lama, mais ce n’est pour autant qu’il réprimande les maîtres abusifs ou qu’il soutient les survivants.

En la personne du Dalaï-Lama, le peuple tibétain en exil avait signé la Charte des Tibétains en exil et la Déclaration universelle des droits de l’homme. Le Dalaï-Lama, à titre plus individuel, pense que le monde a plutôt besoin d’une éthique séculière que de davantage de religion. Il a dit qu’il pensait que l'institution des tulkous est un relief féodal, qui conduit souvent à “de la politique de lamas” (“lama politics”), et qu’il faudrait y mettre fin. Sans prendre aucune mesure dans ce sens. Ces engagements ne sont pas traditionnellement une “coutume tibétaine”, mais ils pourraient le devenir, et y souscrire y engage en théorie. Le Dalaï-lama a l’image d’un sage engagé, et il s’adresse régulièrement aux occidentaux dans ce sens. Réellement mettre en pratique ces engagements est nettement plus difficile, et pas seulement pour les Tibétains…

Pour nos deux auteurs, le Dalaï-lama est un “simple” prêtre[6], comme les prêtres experts en médias et en politique d’autres religions, avec les mêmes qualités et les mêmes défauts. Notamment la même tendance à ne pas gérer le problème des abus de pouvoir, à maîtriser les dégâts, et à ne pas intervenir en faveur des survivants.

En septembre 2018, suite à une pétition, le Dalaï-lama avait accepté de recevoir une petite délégation de survivants à Rotterdam (Pays-Bas). Rob Hogendoorn raconte la scène en plus de détails. Le Dalaï-lama passa les 15 premières minutes en mode “enseignement”, sans écouter ce que les survivants avaient à lui dire. L’un d’eux a dû lui couper la parole, pour que leur témoignage soit entendu. Le Dalaï-lama ne se rendait pas compte de la difficulté d’effectivement “rendre public” (“make public”) les abus, et du courage que cela demande aux survivants (notamment face aux fortes pressions de la communauté, voir le cas de Dagri Rinpoché). Quand le Dalaï-lama répliqua qu’il ne fallait pas mettre toute la responsabilité sur ses épaules à lui, une des femmes lui répondit qu’il en alla de même pour les survivants en voulant leur faire porter tout le poids pour rendre public les abus. Quand un autre membre de la délégation racontait au Dalaï-lama sa vie de jeune garçon dans un centre au Sud de la France, où il fut battu fréquemment par son éducateur sous les instructions de son lama, tandis que le lama abusait sexuellement des filles du centre, le Dalaï-lama eut du mal à faire preuve de sympathie. Une des femmes présentes demanda au Dalaï-lama s’il ne pouvait pas dire simplement qu’il regrettait ce qui s’était passé…

Suite à cette rencontre, le Dalaï-lama avait accepté de demander à l’institut Mind & Life d’organiser une rencontre autour du thème la sexualité humaine, l’abus sexuel par des enseignants religieux et laïcs, et les traumatismes sexuels. Il avait également accepté de mettre le sujet des abus à l’ordre du jour d’une grande rencontre entre chefs d’écoles tibétaines prévue à Dharmasala 2018. Pas de nouvelles depuis



Je vous recommande vivement la lecture de l’article ‘Not The Tibetan Way’: The Dalai Lama’s Realpolitik Concerning Abusive Teachers

***

[1] Voir le paragraphe “Symbolic Capital”, dans Not the Tibetan Way

[2] L’affaire Shougden, Michael Roach, ...

[3] « Ce n’est pas notre rôle d’œuvrer en justiciers », affirme Ricard. « Il existe maintenant des milliers de centres bouddhistes dans le monde, tous indépendants les uns des autres », rappelle-t-il, soulignant que «le bouddhisme n’est pas organisé de façon hiérarchique comme c'est le cas, par exemple, de l’Eglise Catholique ». Marianne, Scandale chez les bouddhistes : Matthieu Ricard recommande aux disciples plus de vigilance, Elodie Emery, 20/07/2017.

[4] “‘It is not the Tibetan way to confront errant behavior on the part of the lamas.
We prefer to let them learn about their mistakes on their own,’ the Dalai Lama told John Steinbeck IV and his wife Nancy
.” Not the Tibetan Way...

[5] Voir les propos de Gyatrul Rinpoche :

“N’ayez pas de pensée ordinaire à ce sujet, du type “Oh, il a couché avec moi, alors je suis son égal ; cela fait de moi quelqu’un de spécial, car il a couché avec moi”. Ce n’est pas la façon de penser qui convient à une sangyum. Il est de la responsabilité d’une sangyum de considérer qu’il voyait en vous une connexion karmique à cultiver. Et n’oubliez pas que c’était à cause de sa bonté qu’il avait reconnu votre karma de cultiver cette connexion et de l’actualiser. Si votre attitude en est une d’humilité et de dévotion, et que vous suivez ses instructions, cela pourra être très bénéfique pour vous à cause de la nature particulière de votre connexion avec lui. Si vous cultivez cette situation, vous pourrez progresser, et être très utile aux autres. Mais si vous ne reconnaissez pas le niveau de cette connexion et la percevez comme quelque chose d’ordinaire, en vous gonflant d’orgueil et d’ego, vous aurez réellement manqué cette opportunité. Ce serait plutôt comme coucher avec un roi, mais [votre maître] n’était pas un roi, mais un bodhisattva. C’est une grande différence” Gyatrul Rinpoche, Oral Commentary on the Natural Great Perfection by Dudjom Lingpa, given in Boulder, 1992, trans. Sangye Khandro, ed. Ian Villarreal, later published by (Ashland, Oregon: Mirror of Wisdom Publications, 2000), 58-59 Voir aussi mon blog Du féminisme éveillé, vraiment ?

[6] “We use the word ‘priest’ here in its neutral sense, derived from the ecclesiastical Latin presbyter or ‘elder,’ to denote a person who performs religious ceremonies and duties in a non-Christian religion.” Not the Tibetan Way

samedi 19 décembre 2020

Inaction par un excès de bouddhisme ?


Le cri, Edvard Munch

Adage ironique ma non troppo

Dans les sociétés bouddhistes on fait la distinction entre ce qui relève de l'individu et de ce qui relève de la société, mais avec beaucoup de confusions. Le bouddhisme met l’accent sur la responsabilité individuelle quasi totale d’un individu, à travers la loi du karma. Cela commence à la naissance, et même à la conception, voire au dernier soupir du corps précédent. Un bouddhiste est responsable d’être né, puisqu’il n’avait pas épuisé tout son karma dans son existence antérieure, ou s’identifie aux agrégats de son existence actuelle. Il naît dans un pays, dans une époque, dans une famille, dans un corps qui correspondent parfaitement à son mérite. C’est entièrement à lui d’améliorer sa situation, si tel était son voeu.

En même temps, il n’y a pas d’entité (anatta) qui puisse renaître ou être responsable, et toute identification ou appropriation serait une erreur, dont le bouddhiste est de nouveau entièrement responsable. Il ne tient qu’à lui de ne pas être ignorant, et à déposer le fardeau une fois pour toutes. Qu’attend-il ?

Un bouddhiste ne peut s’en prendre qu’à lui-même, et n’a donc pas à se plaindre :
“Il m’a insulté, il m’a frappé, il m’a volé ».
Qui nourrit ces rancunes ne verra pas sa haine se calmer
.”[1]
Sa haine, son avidité, son ignorance, c’est son problème. A la limite, une société injuste rend service au bouddhiste, en multipliant des occasions pour lui rappeler sans cesse son véritable problème. En plus, un vrai bouddhiste qui se respecte n’a qu’une idée en tête : se sauver d’ici ! Si on rencontre un bouddhiste ici-bas, on sait rien que par sa présence qu’on a à faire à un loser. C’est dangereux un loser qui sait qu’il est un loser, mais qui ne veut pas l’admettre à soi, ou ne pas perdre la face. Un loser qui n’a plus rien à perdre, peut vouloir vous le faire payer cher, s’il sait que vous savez qu’il est au fond un loser. Un loser avec du pouvoir peut être particulièrement dangereux.

L’attitude d’un bouddhiste face aux injustices et les inégalités peut être diverse. Il peut se dire que ceux qui en souffrent en sont eux-mêmes responsables, à cause de leur manque de mérite, et les laisser épuiser leur mauvais karma. Il peut être charitable envers eux, pour accumuler du mérite, et augmenter son solde de karma positif, investir dans son propre avenir. S’il est un roi bodhisattva, il peut même donner un coup de main aux pauvres et défavorisés délinquants, en accélérant l’épuisement de leur mauvais karma par d’atroces souffrances, à l’instar du roi Anala. Un remboursement anticipé pour éviter une naissance en enfer. Le bouddhisme propose diverses manières pour être un bon camarade.

Les élites dans une communauté bouddhiste sont à cette place à cause de leur mérite. Dans la culture bouddhiste, les rois sont souvent des bodhisattvas, surtout s’ils suivent les principes bouddhistes. Les hiérarques du clergé bouddhiste sont forcément des bodhisattvas, la loi de karma ne fait pas d’erreurs, elle est infaillible, sinon ce serait trop injuste. Les tulkus tibétains ont prouvé par leur retour, leur re-naissance, qu’ils maîtrisent les lois de la vie et de la mort. Quels meilleurs guides un bouddhiste pourrait-il avoir ?

Cette vision bouddhiste se reflète évidemment dans les organisations bouddhistes partout dans le monde, y compris en France. Dans un centre bouddhiste tibétain, le maître spirituel est une sorte de théocrate, à la fois chef spirituel et administrateur, de fait, du centre. Sa place dans la méritocratie est le résultat du karma et de son progrès spirituel. Il sait gérer sa haine, son avidité, et son ignorance mieux que ceux à qui il sert de modèle. Triomphant dans ses propres batailles contre l’égo, il sait accompagner ses disciples dans leur propres batailles contre l’égo, en les aidant à lui donner les coups sur la tête, comme il le mérite, leur égo.

La première pratique donnée à un disciple, sont ce qui s'appellent les pratiques préliminaires (tib. sngon ‘gro). Le disciple les achète généralement avec un livre qui explique comment les faire et comment bien se préparer pour la suite. Un de ces livres est Le Flambeau de la certitude, composé par Jamgon Kongtrul Lodrö Thayé (1813-1899). Oui, c’est un livre qui date du XIXème siècle, donc pas très “Françoise Dolto”.
“Toutes les actions de ce précieux et parfait Lama,
Quelles qu’elles soient, sont bonnes.
Tout ce qu’il fait est excellent.
Entre ses mains le travail, maléfique d’un boucher
Est bon, et apporte des bienfaits aux bêtes,
Inspiré par la compassion pour toutes.
Quand il s’unit sexuellement de façon impropre,
Ses qualités s’accroissent, et s’élèvent comme renouvelées,
Montrant que les moyens et la sagesse ont été réunis.
Ses mensonges qui nous dupent,
Ne sont que les signes habiles par lesquels il nous
Guide sur le chemin de la liberté.
Lorsqu’il vole, les biens volés se changent en denrées nécessaires pour soulager la pauvreté de tous.
Quand un tel Lama réprimande
Ses paroles sont de puissants mantras
Pour faire disparaître la détresse et les obstacles.
Ses coups sont des bénédictions
Qui accordent les deux siddhis et réjouissent tous les hommes fervents et respectueux.
Ainsi qu’il est dit ci-dessus, apprécions les aspects bienfaisants de toutes ses actions
.”
Pour davantage illustrer ce que devrait être “idéalement” la relation entre maître et disciple, la lecture de la vie de Nāropa, et notamment son “apprentissage” auprès de Tailopa est conseillé. Après les pratiques préliminaires, le disciple est prêt pour entrer proprement dans la relation maître et disciple. Quand ça dérape, le disciple sait quoi faire, et ses condisciples l’y aideront sur ce que Trungpa appelait “la voie dure”.

Le Flambeau de la Certitude, l’avait prévenu, ce qui peut sembler comme des abus, de la violence, de l’inconduite sexuelle sont en fait “les signes habiles par lesquels [le maître] nous guide sur le chemin de la liberté”. Si le coup est trop difficile à accuser, les condisciples peuvent d’abord tenter de recadrer le disciple dans “la voie dure”. Si cela ne fonctionne pas et que le disciple s’ouvre à d’autres sur l’incident, y compris à l’extérieur de la communauté bouddhiste, alerte les médias ou porte plainte, il convient de protéger le maître et son “bouddhisme”, et de faire front, en appliquant l’approche “DARVO”[2], et en maîtrisant les dégâts.

La protection du maître et la maîtrise des dégâts peuvent être volontaire et involontaire, consciente et inconsciente. Il s’agit avant tout d’éviter que la victime porte plainte, et de régler l’affaire en interne.
” Un élément clé de la maîtrise des dégâts est de garder le contrôle du récit officiel et de l’agenda. Par exemple en organisant en interne l’accompagnement psychologique des victimes par des professionnels membres de la congrégation ou de l’association, en communiquant sur les abus sexuels (p.e. en publiant des codes de conduites), ou en commandant et en finançant des enquêtes indépendantes, où enquêteurs rencontrent les victimes et écoutent leurs propos. En agissant ainsi, les dégâts sont maîtrisés dans le sens que cela pourrait avoir l’effet souhaité (?) que les victimes ne portent pas plainte (ayant déjà été prises en charge en interne) ou que des enquêtes externes ne soient pas menées, sur lesquelles la congrégation n’aurait aucun contrôle.” (blog Maîtrise des dégâts, une nouvelle pratique bouddhiste ? du 29 février 2020).
Dans notre ère de réseaux sociaux, la maîtrise des dégâts peut aussi se faire en libérant la parole aux victimes dans des forums privés. Une fois que les victimes ont fait leur compte-rendu, ont éventuellement reçu des témoignages de sympathie (ou pas, voire le contraire), elles ne ressentent peut-être plus le besoin de porter plainte. A travers la modération etc., des (anciens) condisciples ou conbouddhistes, peuvent orienter les discussions.

La législation sur la présomption d’innocence et la diffamation protège à juste titre ceux envers qui des allégations ont été portées. S’appuyer uniquement sur des condamnations en justice, une fois tous les recours épuisés, pour enfin “réagir”, et faire fi du principe de précaution, serait une grosse erreur, très préjudiciable au bouddhisme. Il vaut mieux prendre les devants. Les bouddhistes français sont peut-être encore trop bouddhistes pour cela, ou encore dans la phase du déni. Cela ne devrait pas être le combat de quelques individus.

"Soyez résolus de n'obéir point, et vous voilà libres" De la Boétie

***

[1] Dhammapada, La voie du Bouddha, Version française, introduction et notes établies par Le Dong

[2] Acronyme pour « Deny, Attack, and Reverse Victim and Offender » (ou NARVA en français : Nier, Attaquer, Renverser les rôles de la Victime et de l’Agresseur).

samedi 12 décembre 2020

En attendant de nouveaux orages ?


Le Dalaï-Lama (photo India Today)

Fin 2016, suite à la publication du livre Les dévots du bouddhisme de Marion Dapsance, qui reprenait les thèmes de sa thèse ('Ceci n'est pas une religion', L'apprentissage du dharma selon Rigpa) publié en 2013, il y eut des réactions vives de la part des bouddhistes dans les médias, sur Internet et sur les réseaux sociaux. Un des arguments qu’on lisait souvent était que si les allégations étaient avérées, il fallait les signaler à la justice et porter plainte, en attendant un non-lieu, un verdict etc. Que chacun s’occupe de sa pratique.

Il y avait néanmoins eu une réunion de leaders bouddhistes occidentaux en 1993 à Dharamsala sur le thème des abus dans le bouddhisme. Une plainte avait cependant été déposée contre Sogyal Lakar aux USA (Californie) en 1994, qui s’était terminée sur un arrangement extra-judiciaire et la signature d’un accord de non-divulgation[1]. En 1997, une instruction judiciaire était ouverte en Belgique, en France et au Portugal, “sur la base de soupçons d’enrichissement personnel de Robert Spatz et de relations présumées de ce dernier avec des membres mineurs de la communauté”.(wikipédia) Sans mentionner le simple endoctrinement d’enfants dès leur plus jeune âge, mais qui est légal...  Ce sera pour un autre blog. 

Des plaintes pour abus de faiblesse avaient déjà été déposées (2010) contre trois lamas bhoutanais de Dashang Kagyu Ling en Saône-et-Loire. Deux des lamas étaient relaxés par la suite, Karma Tshojay alias lama Tempa Dargyé fut condamné “le 18 décembre 2018 par la cour d’assises de Châlon-sur-Saône à douze ans de réclusion criminelle pour ces viols et agressions sexuelles, notamment sur mineurs”[2].

Il y eut les confidences médiatiques d’Olivier Rauch, l’ancien bras droit de Sogyal Lakar, qui avait alerté les médias en 2016 et quitté Rigpa. Depuis fin 2016, l’apparition de nouvelles allégations et la révélation de nouveaux cas se sont accélérées. Notamment, pendant l’été de 2017, quand huit disciples de Sogyal Lakar alias Sogyal Rinpoché le mettaient en cause dans une lettre ouverte. Les réactions sur Internet furent déjà plus mitigées, mais on lisait toujours l’argument que tant qu’il n’y avait pas de condamnation, il y avait présomption d’innocence, et aucune autre action n'était requise... Des arguments faisant appel au principe de précaution étaient plus rares. Une petite sortie du Dalaï-lama, qui n'est pas un pape, avait finalement poussé Sogyal Lakar à se mettre en retraite, la direction de Rigpa tentant au mieux de maîtriser les dégâts à l’aide de quelques hiérarques tibétains, qui mettaient la pression sur les huit ex-disciples, et les disciples déroutés de Rigpa.

Des forums de discussions (ouverts et fermés) d’anciens disciples et de survivants apparurent sur Internet, l’avocat Jean-Baptiste Cesbron commença à recueillir des témoignages par le biais de l’Adfi (Associations de défense des familles et de l’individu victimes de sectes) de l’Hérault. Dans une interview dans le Midi Libre, le journaliste laisse tomber le mot “secte” et une plainte de la part de Rigpa s’en suit aussitôt contre le journal, la journaliste et l’avocat (cela se terminera sur une relaxe). Une enquête avait été commandée et confiée à Karen Baxter de Lewis Silkin LLP. Karen Baxter. Les résultats de ce rapport avaient été rendu publics le 22 août 2018.

Matthieu Ricard publia un point de vue, suite aux allégations, où il déclare que le Dalaï-lama n’est pas un pape, n’a pas d’autorité sur les maîtres bouddhistes tibétains, que ce n’est pas “son rôle d’aller faire la police sur les cinq continents”, et que Matthieu Ricard lui-même n’est “en aucune façon le porte-parole du bouddhisme en France”, ni “un conseiller de Sa Sainteté le Dalaï-lama”. C’est d’ailleurs un point de vue partagé par la plupart des hiérarques qui se sont exprimés à ce sujet. Il n’y a donc pas d’autorité bouddhiste (tibétaine), ou un organe de discipline, un médiateur bouddhiste, etc. en France, pour traiter de ce problème récurrent, en dehors des tribunaux.

Quand le Dalaï-lama avait rencontré une délégation de survivants fin 2018 aux Pays-Bas, il les avait remerciés en disant “vous venez de me donner des munitions”, et leur avait promis d’en parler lors de la prochaine réunion de chefs d’écoles tibétaines à Dharamsala. La réunion avait été reporté sine die. D’autres réunions ont eu lieu depuis, mais le sujet des abus n’a jamais été abordé officiellement, en dehors de tentatives de maîtrise de dégâts, notamment suite au décès de Sogyal Lakar en 2019, et les nombreux hommages officiels, dont certains ont été annulés par la suite sous la pression de l’opinion bouddhiste occidentale.

En avril 2019, Patrick Gaffney était disqualifié pour une période de huit ans par la Charity Commission[2] for England and Wales, notamment pour avoir eu connaissance des “allégations d’actes impropres et abus sexuels et/ou physiques” contre des étudiants au sein de la charité. Comme il n’avait pas pris les mesures qui s'imposaient, il était considéré responsable de l’inconduite et/ou de la mauvaise gestion dans l’administration de la charité. (The Guardian). En novembre 2020, la Commission publia son rapport complet, en excluant deux administrateurs de la Rigpa Fellowship, pour avoir ignoré ou minimisé une série d'allégations d'abus. 

2019 était également l’année, où le fils de Chogyam Trungpa, le Sakyong Mipham Rinpoché de la lignée Shambala, fut officiellement accusé d’inconduite sexuelle. D’autres disciples éminents de Chogyam Trungpa et cadres de Shambala furent également mis en cause. La direction de la FPMT de lama Zöpa, vient de déclarer début décembre 2020 que Dagri Rinpoché de l’Office du Dalaï-Lama a été suspendu de sa liste d’enseignants. Tout récemment (le 7 décembre 2020), le “lama belge” Kunzang Dorjé, Robert Spatz, était condamné à cinq ans de prison avec sursis et à des dédommagements de victimes.

Les violences et les abus pénètrent toutes les strates de la société. On peut les trouver dans les entreprises, les associations, les institutions religieuses. Il n'y a pas d'exceptionnalisme bouddhiste. Le scandale n'est pas qu'il existe des abus et des violences dans les milieux bouddhistes, comme partout ailleurs, mais que les bouddhistes semblent préférer fermer les yeux, nier les faits, ne pas gérer la situation, voire mettre la pression sur les survivants et ceux qui les défendent, pensant ainsi sauver les apparences. L'église catholique avait eu la même attitude pendant longtemps, mais a sérieusement fait le ménage depuis, y compris en dédommageant un certain nombre de victimes. La leçon implicite aux bouddhistes est de ne pas attendre que l'orage passe de lui-même, car ce ne sera pas le cas, et de nouveaux orages arriveront sans aucun doute.  

En absence d’une autorité bouddhiste en France, d’une autorité bouddhiste responsable à Dharamsala, il ne reste dans la situation actuelle que les tribunaux français en dernier ressort pour régler ce problème en externe, car  les bouddhistes en sont incapables, n'en ont pas la volonté, ou n'en ressentent pas la nécessité. D'ailleurs, il y a des procès uniquement quand des survivants ont le courage de faire ce pas difficile et laborieux, en sachant que “moins de 2% des affaires de viols aboutissent à une condamnation en cour d’assises” ? Faut-il alors alerter les médias (puisque les chefs bouddhistes sont impuissants de régler leurs problèmes) comme le suggère le Dalaï-lama, qui a dit depuis que "les leaders religieux devraient être plus attentifs" à cette problématique, mais sans toutefois attirer l'attention de ses propres chefs religieux sur cette problématique dans une réunion promise aux survivants. Qu’attendent-ils, qu’attendent les bouddhistes français devant l'inertie de leurs maîtres, impuissants ou manquant d’autorité dans ce domaine ?

MàJ 16122020 Un pourvoi en cassation a été introduit dans le cadre du procès de la communauté OKC

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[1] Sex and Violence in Tibetan Buddhism, Mary Finnigan et Rob Hogendoorn, p. 86

[2] Wikipédia Paldenshangpa La Boulaye